L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS D'ART CONTEMPORAIN A PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE

13 Mar

Expo Peinture Contemporaine: Irena JUREK

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Expo Peinture Contemporaine

Du 21 Février au  4 Avril 2015

 

Pour la première exposition en France de l’américaine Irena Jurek, la galerie Zürcher présente des peintures sur toile et un ensemble caractéristique d’œuvres sur papier : les Cat Women.

S’il est une production caractéristique de la culture pop américaine c’est bien celle des comics ou bandes dessinées dont la création remonte aux années 1930. Il y a celles qui racontent les aventures des super-héros et d’autres dont l’inspiration «  animalière  » met en scène des animaux anamorphisés. Durant les années de guerre ce sont les genres les plus populaires. L’enfance d’Irena Jurek, émigrée de Cracovie à Chicago avec ses parents dans les années 1980, est marquée par cet environnement. Plus tard, jeune étudiante à la School of the Art Institute, elle découvre le mouvement des « imagistes » de Chicago avec les groupes des Monster Roster (Léon Golub, Nancy Spero…), les Hairy Who (Jim Nutt, Karl Wirsum…) ou les peintres du Hyde Park Center (Ed Paschke…) dont certains y enseignent (Ray Yoshida).

"Falling in love againe", 2014 d'Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

"Falling in love againe", 2014 d'Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

"Untitled", 2014 d'Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

"Untitled", 2014 d'Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

Le monde des comics fonctionne par « univers » à l’intérieur duquel se meuvent des personnages (characters) bien identifiés. Il y a en général peu de place pour les détails, le tracé va à l’essentiel, car c’est un monde angulaire où l’action est le maître mot. Irena Jurek, héritière d’une double culture s’est inventée un univers hybride où le style américain des comics se combine aux styles de l’ancienne Europe.

 

Ses personnages tiennent des jeux de rôle dans des décors sophistiqués dont les détails évoquent le monde merveilleux des fables et autres fantaisies du théâtre baroque. Irena affectionne les décors tapissants de mille-fleurs qu’on rencontre en Europe depuis la Renaissance comme les motifs floraux où prédomine la courbe. Elle y ajoute un usage personnel de la matière, tantôt visqueuse, tantôt sirupeuse et sucrée pour étendre sa palette à d’autres sens. Ses peintures sont traitées en épaisseur souvent jusqu’au relief.

Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

"Untitled", 2010 d'Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

"Untitled", 2010 d'Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

"Buzz Buzz", 2010 d'Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

"Buzz Buzz", 2010 d'Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

Après avoir lu une biographie de Martin Kippenberger elle décide d’y incorporer divers objets trouvés dans les dollar stores, sortes de bazars. Les dessins constituent une part essentielle de son œuvre. La précision du trait et le souci du détail qu’on y trouve viennent de son étude passionnée des gravures d’Albrecht Dürer à l’Art Institute. Irena rappelle aussi volontiers un souvenir marquant de ces années là :

Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

"Ambiguity and the beast", 2014 d'Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

"Ambiguity and the beast", 2014 d'Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

« A l’Art Institute je découvris un petit tableau de Picasso de 1901, La folle aux chats, que je retournais voir régulièrement pendant la pause déjeuner. Il représentait une femme nue accroupie en position fœtale surveillant anxieusement deux chats noirs à l’allure démoniaque. Bien que cela ne soit pas un tableau important il s’en dégageait une énergie quasi frénétique qui me fascinait. Le personnage de la folle avait elle-même plus l’allure d’un chat que d’un être humain. »

"Let's play doctor", 2013 d'Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

"Let's play doctor", 2013 d'Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

Irena Jurek Courtesy galerie Zürcher © Photo Éric Simon

Depuis plusieurs années, Irena Jurek met en scène son propre personnage de la cat woman « indépendante, sauvage et imprévisible » qui tient le rôle principal dans des représentations dessinées et peintes, évoquant le thème de la féminité ou du rapport masculin/féminin et de la sexualité en général dont le travestissement animal autorise un rendu souvent explicite. Ainsi dans les rencontres entre la chatte et le loup, ce dernier est tantôt représenté comme un faune prédateur et tantôt comme un mâle suppliant devant une maîtresse dominatrice. Autant d’illustrations de la réalité animale de l’homme : « Nous sommes tous animaux et je suis plus intéressée par les émotions, les actions et les désirs qui influencent notre comportement. »

Bernard Zürcher

Galerie Zürcher

56, rue Chapon
75003 Paris

 

www.galeriezurcher.com

 

Horaires d’ouverture : Du mardi au samedi de midi à 19h

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