L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS D'ART CONTEMPORAIN A PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE

30 May

Expo Solo Show: Mel ZIEGLER “Sticks and Stones May Break My Bones”

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Exposition solo show

Du 18 Avril au 30 Mai 2015

 

La Galerie Perrotin, Paris a le plaisir de présenter «Sticks and Stones May Break My Bones*», la première exposition personnelle de Mel Ziegler en France, où figure une sélection d’œuvres récentes et nouvelles de l’artiste américain. Une partie de l'exposition sera également consacrée à sa collaboration avec Kate Ericson à travers quelques oeuvres historiques réalisées avant le décès prématuré d'Ericson en 1995.

"Siver trailer over Manhattan Bridge", 1982. "Golden Boy", 1984 et Pastellus", 1983 de Mel Ziegler et Kate Ericson - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

"Siver trailer over Manhattan Bridge", 1982. "Golden Boy", 1984 et Pastellus", 1983 de Mel Ziegler et Kate Ericson - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

"A change of Scenery", 1982 de Mel Ziegler et Kate Ericson - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

"A change of Scenery", 1982 de Mel Ziegler et Kate Ericson - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

Dès la fin des années 70, Kate Ericson et Mel Ziegler ont développé hors de la sphère new- yorkaise, une démarche artistique singulière proche de l'art conceptuel et du Land art.

 

Le couple d'artistes réalisait des interventions à travers les États-Unis impliquant directement les habitants et empruntant aux iconographies locales et nationales américaines. Leurs œuvres, souvent sculpturales, sont le fruit de ces interventions. Au cours de leur collaboration, elles ont été exposées dans de nombreux musées et galeries,faisant ensuite l’objet d’une rétrospective itinérante "America Starts Here" (2005-2008) ainsi que d’une grande exposition à la Galerie Perrotin, New York en 2014.

"Vinegar of the 48 weeds", 1992 de Mel Ziegler et Kate Ericson - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

"Vinegar of the 48 weeds", 1992 de Mel Ziegler et Kate Ericson - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

"Untitled (National Archives stones and Paris rain water)", 1992 de Mel Ziegler et Kate Ericson - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

"Untitled (National Archives stones and Paris rain water)", 1992 de Mel Ziegler et Kate Ericson - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

En 1992, dans sa première galerie, Emmanuel Perrotin leur avait déjà consacré une exposition personnelle, dont deux œuvres sont à nouveau ici exposées, « Vinegar of the 48 Weeds» et « Rock Jar» (1992).

 

Après le décès de Kate Ericson, Mel Ziegler poursuit une pratique artistique qui reste attachée aux préoccupations et aux stratégies établies lors de leur collaboration, mais dont le formalisme et la méthodologie se sont assouplis au fil du temps. Un certain côté artisanal, un nouveau degré d’humour et de découvertes apparaissent alors dans ses œuvres.

Dans la première salle de la galerie, l’origine de sa pratique artistique avec Kate Ericson et une sensibilité peut-être plus sereine ressortent comme une évidence avec «Rock Hard Individualism » (2010). On voit tout d’abord une carte des États-Unis composée de diverses pierres trouvées par l’artiste.

"Rock hard Individualism", 2010 de Mel Ziegler - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

"Rock hard Individualism", 2010 de Mel Ziegler - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

En regardant de plus près, on devine que chaque pierre peut évoquer un visage. Mel Ziegler, qui a un faible pour ces visages de pierre ramassées au hasard, s’accorde une pointe d’ironie et de malice dans sa maturité : individuellement, chaque pierre n’évoque pas forcément un visage, sauf pour Ziegler. Pourtant, ainsirassemblées, on ne peut résister à y discerner des expressions.

"Self portrait", 2013 de Mel Ziegler - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

"Self portrait", 2013 de Mel Ziegler - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

"Give and Take", 1986 de Mel Ziegler et Kate Ericson - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

"Give and Take", 1986 de Mel Ziegler et Kate Ericson - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

"Untitled", 2009-2013 de Mel Ziegler - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

"Untitled", 2009-2013 de Mel Ziegler - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

Plus loin, sur un autre mur, sont agencées des dizaines d'armes à feu aux couleurs vives, des jouets de fortune confectionnés par les enfants de l’artiste. Face au refus parental de leur acheter des armes factices pour desraisons morales, les enfants ont façonné leurs propres jouets encarton, scotch et papier, s’inspirant d’images trouvées sur Internet. Tout comme « Rock Hard Individualism», cette œuvre joue avec l’esprit des précédents projets collaboratifs du couple, autant qu’il ne le déjoue, remplaçant avec ironie les communautés locales ayant participé aux œuvres telles «Give and Take» (1986), « Loaded Text» (1988) ou « Camouflaged History » (1991) par les membres de sa propre famille.

"To carry a big stick", 2015 de Mel Ziegler - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

"To carry a big stick", 2015 de Mel Ziegler - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

La famille, sa relation à la société, à la nation et à la politique est un thème dont est imprégnée l’œuvre « Carry a Big Stick» (2015) — mais toujours avec une dose de légèreté. Le titre de l’œuvre fait référence à la citation du président Theodore Roosevelt à propos de sa politique étrangère : « Speak softly and carry a big stick » (Une main de fer dans un gant de velours).

 

Des caisses de munitions anciennes, dont l’intérieur a été doublé de velours pourpre, sont remplies de bâtons ramassés ces cinq dernières années par l’artiste pour jouer avec son chien. Ce Pitt Bull américain nommé Sister, avec qui Mel Ziegler joue parfois devant le Capitole à Washington, est un animal doux et affectueux, tout aussi inoffensif que les  morceaux de bois disposés dans ces caisses de munitions à la doublure luxueuse.

"Untitled", 2015 de Mel Ziegler - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

"Untitled", 2015 de Mel Ziegler - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

"Untitled", 2015 de Mel Ziegler - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

"Untitled", 2015 de Mel Ziegler - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

L’exposition présente également deux nouvelles variations de la série«Stuffed» (2003), un projet in situ installé à travers la ville de Vienne, en Autriche, lors de l’exposition personnelle de Mel Ziegler au Palais de la Sécession. « Stuffed » part du constat que les vitrines des musées, notamment à Vienne, sont des éléments constitutifs de la manière de présenter non seulement l’art,  mais aussi les biens de consommation de luxe, vendus dans le célèbre quartier commer- çant de la ville.

S’emparant d’une cinquantaine de vitrines dans les réserves de musées, Mel Ziegler les a réintroduites dans la ville, remplies de paille. Il détourne l'attention de l’observateur des objets normalement exposés à l'intérieur vers la vitrine elle-même, ainsi que le rôle qu’elle joue dans la création d’une sorte « d'aura de l'exposition ». Par l’inversion de l’objet exposant et de l’objet exposé, l’observateur est également encouragé à se pencher sur le rapport entre objets de luxe et objets d’art, présentation publique et consommation privée, ainsi que les mécanismes et les comportements sociaux, commerciaux et institutionnels contribuant à établir ces distinctions.

"Found object: Form a barn in Tennessee", 2009 "Untitled", 2015 de Mel Ziegler - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

"Found object: Form a barn in Tennessee", 2009 "Untitled", 2015 de Mel Ziegler - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

"Book of faces (Mount Rushmore), 2014 "Untitled", 2015 de Mel Ziegler - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

"Book of faces (Mount Rushmore), 2014 "Untitled", 2015 de Mel Ziegler - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

Enfin, l’exposition présente plusieurs photographies de la série « An American Conversation» (2013). Après la vague de sécheresse historique qui a frappé les campagnes du Midwest des États-Unis en 2012, Mel Ziegler voyage dans cette région équipé de projecteurs fixés sur une remorque. Il capture ainsi la beauté souvent singulière et changeante des champs pendant la nuit. Ces prises de vue nocturnes artificiellement illuminées attirent notre regard et focalisent notre attention sur le rythme des rangées de coton et des épis de maïs, vaste paysage agricole imposant et uniforme à la lumière du jour.

"Catch and release", 2008-2010 de Mel Ziegler - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

"Catch and release", 2008-2010 de Mel Ziegler - Courtesy Galerie Perrotin © Photo Éric Simon

Mel Ziegler est né en 1956 en Pennsylvanie, il vit à Nashville dans le Tennessee. Son notoire travail collaboratif avec Kate Ericson (de 1978 à 1995) a été montré à l'occasion de plus d'une centaine d'expositions, collectives, individuelles et rétrospectives. Plusieurs expositions person- nelles ont été consacrées à son oeuvre récente depuis le décès d'Ericson, y compris au Palais de la Sécession à Vienne n(2003), au Musée National d’Art d’Osaka (2001) et à la galerie Paula Cooper à New York (2000). En été 2015, l’Utah Museum of Contemporary Art lui consacrera une grande exposition personnelle avec une sélection d'oeuvres du duo.

Son travail personnel et collaboratif figure parmi les collections permanentes du Whitney Museum Of American Art, New York ; du San Francisco MOMA; du MOCA Los Angeles ; du MOCA San Diego ; de la Albright-Knox Art Gallery, Buffalo ; du Bronx Museum, New York ; du Des Moines Art Center, Iowa et du Osaka Museum of Contemporary Art, parmi d'autre.

Galerie Perrotin, Paris

76 rue de Turenne

 75003 Paris


https://www.perrotin.com

 

Horaires et jours d'ouverture: Du mardi au samedi de 11h00 à 19h00.

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