L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS D'ART CONTEMPORAIN A PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE

29 Feb

Expo Rétrospective Contemporaine: Gérard FROMANGER

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Expo Rétrospective Contemporaine, #Expo Peinture Contemporaine

"Le rouge et le noir dans le prince de Hombourg", 1965 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"Le rouge et le noir dans le prince de Hombourg", 1965 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

Du 17 février au 16 mai 2016

galeries du musée, niveau 4

 

"J'ai très vite choisi comme Alphabet le spectre des couleurs". Gérard Fromanger

 

le Centre pompidou consacre une exposition à l’œuvre de Gérard Fromanger.
 Entre 1964 et 2015, à travers un parcours thématique composé d’une cinquantaine de peintures, de deux sculptures, d’une dizaine de dessins et d’un film, dans les espaces réunis de la galerie du musée et de la galerie d’art graphique, cette rétrospective inédite invite le public à découvrir les diffé- rentes expressions d’une dualité au cœur de l’art de gérard Fromanger : la passion picturale et le souci du monde.

"Première ombre au tableau", 1964 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"Première ombre au tableau", 1964 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"Mon tableau part en fumée", 1966 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"Mon tableau part en fumée", 1966 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"Le rouge", 1968 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"Le rouge", 1968 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"Boulevard des Italiens", "Salon de thé" et "Le rouge", 1971 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"Boulevard des Italiens", "Salon de thé" et "Le rouge", 1971 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

Le nom de Gérard Fromanger, sitôt prononcé, convoque pêle-mêle des images et des références, des thèmes et des figures : mai 68, des silhouettes rouges, des scènes de rue, Prévert,
 Godard, Deleuze, Foucault, le photoréalisme, la Figuration narrative, la peinture et la politique.

Ces associations recomposent le décor et recréent l’atmosphère dans laquelle l’œu- vre de Gérard Fromanger gagne une large reconnaissance dans les années 1970. Elles ne suffisent pas à définir le projet qui, par-delà les mutations fréquentes que l’œuvre a connues, et tout au long d’un demi-siècle, affirme sa permanence : une peinture ouverte sur le monde et en même temps pleinement consciente d’elle-même.

"Violet de Bayeux", 1972 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"Violet de Bayeux", 1972 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"La France est-elle coupée en deux?", 1974 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"La France est-elle coupée en deux?", 1974 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"Au printemps ou la vie à l'endroit", 1972 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"Au printemps ou la vie à l'endroit", 1972 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

Propos recueillis par Michel Gauthier (Code Couleur 24, magazine programme du Centre Pompidou) Conservateur, Musée National d'Art Moderne, Commissaire de l'Exposition.

 

Michel Gauthier - Depuis vos débuts et votre entrée, en 1964, à la Galerie Maeght, alors la plus grande galerie du monde, jusqu’à aujourd’hui, y a-t-il une constante dans votre œuvre ?

Gérard Fromanger - Il y a plusieurs constantes dans mon œuvre, « depuis mes débuts et mon entrée dans la plus grande galerie du monde, la Galerie Maeght ». Entre le marché de l’art et l’histoire de l’art, j’ai toujours choisi l’histoire. De la « plus grande galerie du monde » à la plus modeste, la principale activité, la nécessité, pour elle, est de trouver une place dans le marché. Ma première constante

est ma fidélité au territoire de l’histoire et du risque. La fascination de l’image et de son questionnement est une autre constante. Sans doute par opposition à l’abstra- ction triomphante de la génération qui me précède, mais surtout par admiration pour la lignée qui va de Giotto à Picasso et Giacometti en passant par Cézanne, et de Marcel Duchamp à Bruce Nauman avec le désir d’ajouter un caillou blanc à cette recherche perpétuelle. La couleur est la troisième constante.

Après une courte pratique de l’infini des tons entre le blanc et le noir, j’ai très vite choisi comme alpha- bet le spectre des couleurs. L’arc-en-ciel est toujours venu à mon secours dans les périodes de doute comme dans les moments d’évidence.
Les claires et les foncées, les primaires, les complémentaires et leurs intensités font socle, code et gamme permanents.

"Comment dites-vous?", 1974 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"Comment dites-vous?", 1974 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"Quel est le fond de votre pensée?", 1973 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"Quel est le fond de votre pensée?", 1973 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"La vie d'artiste", 1975-1977 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"La vie d'artiste", 1975-1977 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"La mort de Pierre Overney", 1975 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"La mort de Pierre Overney", 1975 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

Détail "La mort de Pierre Overney", 1975 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

Détail "La mort de Pierre Overney", 1975 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

MG - Quel rôle ont joué les événements de Mai 68 ainsi que vos rencontres avec quelques-uns des grands intellectuels de l’époque dans le développement de votre travail ?

GF - Comment traduire en bonheurs de peinture les bonheurs d’une grande fête collective comme Mai 68, sinon par un langage-couleur capable de donner à l’image une fraîcheur, une nouveauté, un enchantement ? Mai 68 confirme, enrichit et stimule la nécessité de mon code couleur. Quand Mai 68 clamait
« l’énergie, c’est nous », j’y trouvais une force pour peindre l’énergie du monde. Quand les philosophes (Sartre, Deleuze, Foucault, Guattari ou Lyotard) ou les poètes (Jouffroy, Bulteau ou Bailly) me parlent de cette « énergie du monde », ils me donnent envie de leur parler en peinture, c’est ainsi à travers l’échange des langages que se crée l’amitié.

MG - Le motif qui traverse toute votre œuvre est celui du passant. Quel sens faut-il lui prêter ?

GF – Oui, le motif du passant traverse tout mon œuvre, encore une constante. Les passants dans les rues des villes. Je sors de chez moi, où je connais beaucoup de choses, pour entrer dans la rue où tout est mystérieux et mouvant. L’extrême banalité du passant est l’« horizon d’attente » le plus puissant. Ici l’image vide du spectacle peut se remplir de toutes les couleurs de la vie.

MG - Êtes-vous un peintre pop ?

GF - Si la question est « êtes-vous pop ? » comme on disait « êtes-vous cubiste, surréaliste ou dadaïste ? », ma réponse est négative. En France, seuls quelques artistes passés par Londres ou New York entre 1958 et 1965 peuvent revendiquer cette appartenance. Je n’en suis pas.
En revanche, je me situe volontiers dans cette mouvance culturelle mondialisée qui se sentit en rupture avec le monde esthétique et idéologique d’avant les années 1960.

"Existe", 1976 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"Existe", 1976 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"Bouge", 1976 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"Bouge", 1976 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"En Chine, à Hu-Xian", 1974 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"En Chine, à Hu-Xian", 1974 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

Gérard Fromanger naît en 1939 à Pontchartrain dans les Yvelines.

Entre 1957 et 1963, il étudie à l’académie de la Grande Chaumière et au cours du soir de la Ville de Paris avant d’entrer à l’École nationale supérieure des beaux-arts, qu’il quitte rapidement pour travailler dans l’atelier du sculpteur César.

En 1964, Fromanger remporte le premier prix de peinture du Festival d’Avignon et entre à la Galerie Aimé Maeght qu’il quittera en 1967.......................

 

En 2015, il participe à l’exposition « The World Goes Pop » à la Tate Modern de Londres.

"Corps à corps, bleu, Paris-Sienne", 2003-2006 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"Corps à corps, bleu, Paris-Sienne", 2003-2006 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"Peinture- Monde, Blanc de Titane", 2015 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

"Peinture- Monde, Blanc de Titane", 2015 de Gérard Fromanger © Photo Éric Simon

Centre Georges Pompidou

Place Georges Pompidou
FR -75004 Paris

 

www.centrepompidou.fr

 

Horaires d’ouverture : Tous les jours sauf le mardi de 11h à 21h
Nocturne les jeudis jusqu’à 23h

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