L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS D'ART CONTEMPORAIN A PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE

31 Oct

Excpo Solo Show: JAKE & DINOS CHAPMAN « Back to the End of the Beginning of the End Again »

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Exposition solo show

Excpo Solo Show: JAKE & DINOS CHAPMAN  « Back to the  End of the  Beginning of  the End Again »

Du 14 octobre au 26 novembre 2016

 

 

Après dix-sept ans d’absence, les Britanniques Jake & Dinos Chapman sont de retour à Paris. Pour leur première exposition chez Kamel Mennour, ils investissent la galerie de la rue Saint- André des Arts, mais aussi le nouvel espace de l’avenue Matignon, présentant un ensemble d’œuvres particulièrement détonantes, où les destinées de l’art et de l’humanité apparaissent inextricablement liées.

"Back to the End of the Beginning of the end again", 2016 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

"Back to the End of the Beginning of the end again", 2016 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

Détail "Back to the End of the Beginning of the end again", 2016 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

Détail "Back to the End of the Beginning of the end again", 2016 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

Le 24 mai 2004, Hell (1999-2000), sculpture des frères Jake et Dinos Chapman, partait en fumée dans l’incendie d’un entrepôt londonien.

Cette œuvre pharaonique, composée de neuf vitrines disposées de façon à former une swastika, avait nécessité le remodelage de près de 10 000 figurines,  principalement des soldats et officiers nazis endurant les tourments éternels  de l’Enfer, dans la plus pure tradition punitive des représentations médiévales.

 

« Nous avons juste ri. Deux ans pour réaliser Hell, deux minutes pour la brûler», commentent avec détachement et fatalisme les artistes, lorsqu’ils évoquent le moment précis où ils apprirent la destruction de leur œuvre.

 

Back to the End of the Beginning of the End Again (2015) [Retour à la fin du début  de la fin à nouveau] s’inscrit dans la suite directe de Hell. Une grande roue de fête foraine est prise d’assaut par une horde de zombies nazis s’entredévorant.

Détail "Back to the End of the Beginning of the end again", 2016 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

Détail "Back to the End of the Beginning of the end again", 2016 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

Cette roue d’infortune, on sent bien qu’elle est destinée à tourner jusqu’à la fin des temps à un rythme infernal. On trouve ici l’idée d’une cyclicité de l’histoire chère aux Chapman, à laquelle répond la stratégie d’un recyclage permanent, en particulier de leurs propres œuvres. Au pied de la roue, des dinosaures à la facture enfantine font écho aux sculptures monumentales exposées dans la cour de la Royal Academy en 2007.

On distingue également quatre membres du Ku Klux Klan qui achètent leurs billets d’entrée. Ces personnages cagoulés, nous les retrouvons grandeur nature dans la sculpture Peephole (2013).

Détail "Back to the End of the Beginning of the end again", 2016 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

Détail "Back to the End of the Beginning of the end again", 2016 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

Détail "Back to the End of the Beginning of the end again", 2016 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

Détail "Back to the End of the Beginning of the end again", 2016 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

Toutefois, les Chapman étendent le recyclage aux travaux d’autres créateurs, qu’ils « canniba- lisent » en quelque sorte. De nombreuses œuvres ont brûlé ce funeste jour de 2004, notam- ment le célèbre Everyone I Have Ever Slept With (1963-95) [Tous ceux avec qui j’ai couché] de Tracey Emin, que les deux frères reconstituent, non sans humour, dans une œuvre intitulée The Same  Thing Only Better  (2010) [La Même chose, mais en mieux].

Jeff Koons est aussi  légèrement égratigné dans  Death II  (2004), grand bronze réalisé à partir de deux poupées gonflables, allongées sur un matelas pneumatique et adoptant  la position sexuelle dite du « 69 ».

"DEATH II", 2004 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

"DEATH II", 2004 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

"Disasted of War IV", 2001 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

"Disasted of War IV", 2001 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

Les Chapman ont aussi «remasterisé»  Los Desastres de la Guerra [Les Désastres de la guerre], série de gravures  emblématiques de Goya sur lesquelles ils se sont employés à redessiner.

Enfin, ils incrustent (dans tous les sens du terme) leurs propres œuvres aux côtés  de celles de Philip Guston, Jean-Michel Basquiat ou Pablo Picasso dans des images d’appartements de grands collectionneurs (série Living with Dead Art, 2014). Le spectre du recyclage est large : il court de l’hommage au pastiche.

"The prints of human Kidness", 2016 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

"The prints of human Kidness", 2016 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

"The prints of human Kidness", 2016 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

"The prints of human Kidness", 2016 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

"The Same Things Only Better", 2010 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

"The Same Things Only Better", 2010 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

Jake et Dinos Chapman ne croient sans doute pas à l’idée de progrès.

Ce « retour à la fin du début de la fin » évoque avec une certaine irrévérence les forces obscures dont l’humanité est le jouet plutôt consentant.

D’Abel et Caïn aux actuelles guerres proche-orientales, il pointe une permanence (voire une aggravation) du mal. Les générations s’enchainent et l’être humain ne s’améliore fondamen- talement pas (voilà sans doute pourquoi une tribu préhistorique anthropophage a installé son barbecue au pied de la roue de Back to the Beginning...).

Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

"Peephole", 2013 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

"Peephole", 2013 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

"KKK Mannequins", 2013 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

"KKK Mannequins", 2013 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

Près de vingt ans après leurs débuts au sein de ce qu’on a appelé les « Young British Artists » (consacrés par l’exposition «Sensation»  en 1997), les Chapman ne se sont décidément pas assagis, et le monde est devenu plus horrible encore.

La même chose, mais en pire, aurait-on envie de dire... Au pouvoir de mort, carburant de l’éternel retour des massacres, ils  opposent une jubilatoire et inépuisable énergie créatrice. Une manière de tourbillon, de mouvement perpétuel transmuant la noirceur de notre temps en un grand rire salvateur, sans doute la seule posture qui vaille aujourd’hui face à la marche du monde.

"KKK Mannequins", 2013 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

"KKK Mannequins", 2013 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

"New Victorian Portrait 3", 2016 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

"New Victorian Portrait 3", 2016 de Jake et Dinos CHAPMAN - Courtesy Galerie Kamel Mennour © Photo Éric Simon

Jake Chapman est né en 1966 à Cheltenham ; Dinos Chapman est né en 1962 à Londres. Leurs oeuvres ont été présentées à travers le monde, notamment lors d'expositions personnelles au Magasin III – Museum & Foundation for Contemporary Art, Stockholm (2016), Brandts Museum à Odense (2015)….

Galerie Kamel Mennour

 47, rue Saint-André des Arts,

75006 Paris

 

http://www.kamelmennour.com

 

Horaires d’ouverture : Du Mardi au Samedi de 11h à 19h.

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