L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS D'ART CONTEMPORAIN DE PARIS ET D' ÎLE-DE-FRANCE

20 Jan

Expo Solo Show: Ricardo BREY « All that is could be ortherwise »

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Exposition solo show

"Birdland", 2001 de Ricardo BREY - Courtesy Galerie Nathalie Obadia © Photo Éric Simon

"Birdland", 2001 de Ricardo BREY - Courtesy Galerie Nathalie Obadia © Photo Éric Simon

Du 7 janvier au 25 février 2017

 

La Galerie Nathalie Obadia est très heureuse de présenter l’exposition de Ricardo Brey All that is could be otherwise, après celle de la galerie de Bruxelles en 2014 avec Kicking the can down the road.

Ricardo Brey, né à la Havane (Cuba) en 1955, vit à Gand en Belgique depuis 1991. Il est un des artistes cubains les plus influents sur la scène internationale. Dans les années 1980, il fut l’un des membres actifs de Volumen I. Ce collectif composé par de jeunes artistes, né à l’occasion d’une exposition à la Havane en 1981, signa l’acte de naissance de l’art contemporain cubain d’avant garde après la Révolution de 1959. Les œuvres de ses membres se distinguèrent du courant officiel du réalisme socialiste cubain, en proposant une pratique artistique davantage conceptuelle et de nouvelles formes d’art. C’est lors de la troisième Biennale de la Havane, en 1989, que Jan Hoet découvre le travail de Ricardo Brey et qu’il l’invite à participer à la Documenta IX de Kassel en 1992. La présence de l’artiste dans cette exposition confère à sa carrière une dimension mondiale.

"Arbol cortado y escombros", 2013 - 2014 de Ricardo BREY - Courtesy Galerie Nathalie Obadia © Photo Éric Simon

"Arbol cortado y escombros", 2013 - 2014 de Ricardo BREY - Courtesy Galerie Nathalie Obadia © Photo Éric Simon

"Inferno", 2016 de Ricardo BREY - Courtesy Galerie Nathalie Obadia © Photo Éric Simon

"Inferno", 2016 de Ricardo BREY - Courtesy Galerie Nathalie Obadia © Photo Éric Simon

En 1985, Ricardo Brey voyage aux États-Unis. Pendant une période de quatre mois, il produit des œuvres qu’il présente à la Amelie Wallace Gallery (State University of New York) et rencontre des artistes New Yorkais. Il partagea aussi le quotidien précaire des Indiens du Dakota du Sud. Cette expérience au sein de leur vie difficile a marqué l’œuvre de l’artiste du sceau du vivant et de la nature, auxquels ces communautés sont particulièrement sensibles. Cela poussera aussi Ricardo Brey à une introspection personnelle quant à ses racines afro-cubaine. Son travail, des années 1980-1990, est ainsi pénétré de références à tous les éléments composant le monde et à un point de vue holistique qui le guide encore aujourd’hui.

Fort de ses racines nigériennes et espagnoles, proche du chamanisme et de ses pérégrinations aux quatre coins du monde, Ricardo Brey multiplie les évocations au sein de son œuvre. L’artiste propose une réflexion sur la relation entre l’homme et la nature, l’interaction entre les différentes cultures et religions ainsi que la culture identitaire dans nos sociétés contemporaines. Dans un univers confrontant poésie, science et mythe, son travail fait notamment écho à la théorie du structuralisme de Claude Levi-Strauss (1908 - 2009), à l’œuvre du réalisateur russe Andreï Tarkovski (1932 - 1986) ou encore au Hagakure, cette compilation de pensées et d’enseignements du samouraï Jôchô Yamamoto (Japon, XVIIIe siècle).

"Keep your lamp trimmed", 2016 de Ricardo BREY - Courtesy Galerie Nathalie Obadia © Photo Éric Simon

"Keep your lamp trimmed", 2016 de Ricardo BREY - Courtesy Galerie Nathalie Obadia © Photo Éric Simon

L’exposition à la galerie All that is could be otherwise mettra en avant plusieurs grands thèmes propres à l’œuvre de Ricardo Brey. Dans ses travaux les plus récents la figure de l’arbre est souvent interrogée, jonchée de fragments, entourée de parcelles d’objets ou encore partiellement recouverte.

L’artiste s’inspire directement de la place de la végétation à Cuba, où ont été pratiquées des déforestations massives. Ces clichés de souches, souvent imprimés sur toile, offrent des images puissantes intensifiées par l’ajout d’objets, comme dans les œuvres Sea Level (2016) ou Àrbol Cortado y escombros (2013-2014).

"I am not what happened to me", 2016 de Ricardo BREY - Courtesy Galerie Nathalie Obadia © Photo Éric Simon

"I am not what happened to me", 2016 de Ricardo BREY - Courtesy Galerie Nathalie Obadia © Photo Éric Simon

Birdland est une pièce centrale dans le travail de l’artiste, réunissant des sujets récurrents et des pensées au sein d’une seule œuvre, en combinant des références à la musique et à la nature. L’installation, mais aussi l’œuvre de l’artiste en général, impliquent l’esprit libre d’association emprunté à l’univers du Jazz «(...)des pensées qui se croisent, qui vont et viennent dans différentes formes pendant des années». « Birdland est le nom d’un lieu mythique pour tous les musiciens de jazz.

 

Au milieu d’un nid fait de manteaux et de déchets urbains, entouré d’œufs d’autruche, se trouve un saxophone, dressé comme un cygne », explique Ricardo Brey à propos de cette installation. L’oiseau, ou ses œufs, sont aussi fréquemment présents comme une métaphore poétique de la liberté et d’une extension vers l’ailleurs (notamment avec l’œuvre The Tourist, 2016).

"Vénus", 2004 de Ricardo BREY - Courtesy Galerie Nathalie Obadia © Photo Éric Simon

"Vénus", 2004 de Ricardo BREY - Courtesy Galerie Nathalie Obadia © Photo Éric Simon

Les œuvres sur papier matérialisent une véritable réflexion liée aux « photographies-sculptures » et aux installations de l’artiste. Pour lui, la feuille est un support qui constitue un espace où le format est limité mais où la matière envahit la surface en lui donnant du poids, en rendant physi- ques des images, des idées et des pensées. Dans son œuvre Inferno (2016), il fait notamment référence au texte Dos lecciones infernales (XVIIème siècle) de Galileo Galilei (1564-1642) duquel il extrait des mots ou des passages afin de matérialiser des idées, des sons et des pensées qui l’inspirent.

La feuille devient un territoire où la main de l’artiste laisse une trace dans le monde. L’œuvre sur papier est un objet à part entière. Il est synonyme d’une liberté de temps, de lieu et d’espace.

"Domino Figure", 2016 de Ricardo BREY - Courtesy Galerie Nathalie Obadia © Photo Éric Simon

"Domino Figure", 2016 de Ricardo BREY - Courtesy Galerie Nathalie Obadia © Photo Éric Simon

Avec l’exposition All that is could be otherwise, Ricardo Brey retient le mot coréen « Hallyu » qui assimile la rapidité de diffusion de la culture au mouvement d’une vague. Dans leur ensemble, les œuvres de l’artiste nous intriguent, nous bouleversent autant qu’elles nous échappent. L’artiste produit des images globales et nous fait nous questionner sur nous-mêmes et notre relation à un monde tumultueux. Son travail est le reflet de ses interrogations à propos de grands thèmes tels que le langage, l’image, la rêverie, la culture, la connaissance, le temps et les liens entre l’ordre, le chaos, la raison et l’irrationnel. C’est dans un flot ininterrompu de pensées et de signes que Ricardo Brey construit et déconstruit une œuvre spirituelle et résolument poétique.

 

 

 

Ricardo Brey est né à la Havane (Cuba) en 1955. Il vit et travaille à Gand (Belgique) depuis 1991.

L’artiste a été diplômé de la Escuela Nacional de Bellas Artes San Alejandro de la Havane en 1974.

Galerie Nathalie Obadia

18, rue du Bourg-Tibourg

Fr - 75004 – Paris

 

https://www.nathalieobadia.com/exhibitions.php

 

Horaires d’ouverture : du mardi au samedi de 11h à 19h.

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