L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS D'ART CONTEMPORAIN A PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE

28 Jun

Expo Photographie Contemporaine: Ed VAN der ELSKEN "La vie folle"

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Expo Photographie Contemporaine, #Expo Rétrospective Contemporaine

Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

Du 13 juin au 24 septembre 2017

 

Cette rétrospective est la première d’Ed van der Elsken en France. C’est également la première exposition majeure de son oeuvre depuis vingt-cinq ans. Cette exposition a d’abord été présentée au Stedelijk Museum d’Amsterdam. Elle ira ensuite à Madrid en 2018 à la Fundación MAPFRE.

En quarante ans, de 1950 à 1990, le photographe et cinéaste Ed van der Elsken a produit une oeuvre foisonnante mêlant photos, livres, films et diaporamas. On retrouvera dans l’exposition ces formes diverses d’expression et de supports : plus de 150 tirages originaux, des tirages en couleur plus tardifs, des extraits de films et de diaporamas, des montages, des maquettes de livres, des planches contacts, des publications ainsi que des projections de certains de ses livres.

Ed van der Elsken est avant tout un photographe de rue. À Paris, Amsterdam ou Tokyo, il est à l’affût de celles et ceux qu’il appelle « les siens » : des hommes et des femmes, vieux ou jeunes, figures de la bohème à qui il reconnait une certaine authenticité et qu’il considère comme porteurs d’une forme de dignité équivalente, à ses yeux, à la beauté. Il a le talent d’entrer en contact avec les gens et de les convaincre de faire face à son appareil. Ed van der Elsken sait être photographe de l’intime en s’attachant au langage des corps. Il se préoccupe de l’humanité qui parcourt la rue.

 

"Corneille en Hennie Riemens, Paris", 1952 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

"Corneille en Hennie Riemens, Paris", 1952 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

"Ata Kando vérifie un tirage Photographique sous une lampe, Sévres", 1953 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

"Ata Kando vérifie un tirage Photographique sous une lampe, Sévres", 1953 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

"Ata, Madeleine, Thomas et Juliette, Sèvres", 1953  de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

"Ata, Madeleine, Thomas et Juliette, Sèvres", 1953 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

"Paris", 1959 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

"Paris", 1959 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

Ed van der Elsken est avant tout un photographe de rue. À Paris, Amsterdam ou Tokyo, il est à l’affût de celles et ceux qu’il appelle « les siens » : des hommes et des femmes, vieux ou jeunes, figures de la bohème à qui il reconnait une certaine authenticité et qu’il considère comme porteurs d’une forme de dignité équivalente, à ses yeux, à la beauté. Il a le talent d’entrer en contact avec les gens et de les convaincre de faire face à son appareil. Ed van der Elsken sait être photographe de l’intime en s’attachant au langage des corps. Il se préoccupe de l’humanité qui parcourt la rue.

 

Les photographies de Van der Elsken à Paris pendant les années 1950, celles de ses voyages en Afrique et de son tour du monde à la fin de ces mêmes années ainsi que celles prises au cours de sa vie à Amsterdam et au Japon forment le coeur de l’exposition. Des extraits de films, souvent autobiographiques, viennent faire écho à ses images poétiques et engagées.

"Ubangui-Shari, Afrique Centrale", 1957 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

"Ubangui-Shari, Afrique Centrale", 1957 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

"Membres de la tribu Charmula vénérant une croix, San Christobal de las Casas, Mexique", 1960 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Leiden University Librairies © Photo Éric Simon

"Membres de la tribu Charmula vénérant une croix, San Christobal de las Casas, Mexique", 1960 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Leiden University Librairies © Photo Éric Simon

"Riksja, Hongkong", 1960 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Leiden University Librairies © Photo Éric Simon

"Riksja, Hongkong", 1960 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Leiden University Librairies © Photo Éric Simon

"Pêcheurs, Freetown, Sierra Leone", 1959 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Leiden University Librairies © Photo Éric Simon

"Pêcheurs, Freetown, Sierra Leone", 1959 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Leiden University Librairies © Photo Éric Simon

C’est la publication de Love on the Left Bank [Une histoire d’amour à Saint-Germain-des-Prés] en 1956 qui fit connaître Ed van der Elsken. Cet ouvrage, fruit des quatre ans qu’il passa à Paris, est surtout le portrait émouvant, depuis devenu iconique, d’une génération en marge de la société. L’un des points centraux de l’exposition est constitué des photographies du livre, des planches-contacts, des maquettes, des publications antérieures et des mémoires filmées de sa principale protagoniste, Vali Myers, une artiste australienne proche de Cocteau et de Genet, qui sera plus tard une muse pour Patti Smith.

Ed van der Elsken a produit de nombreux livres. En plus de Love on the Left Bank [Une histoire d’amour à Saint-Germain-des-Prés], il publie Bagara, Jazz et Sweet Life [La Douceur de vivre] qui sont de magnifiques exemples de l’approche subjective propre à la technique dite du « flux de conscience » qui eut cours dans les années 1950 et 1960. Ce n’est pas seulement par leurs photographies mais aussi par l’inventivité de leurs maquettes et la qualité de leur impression que ces ouvrages sont remarquables.

Détail "Montage des pages maquetttées de la réédition de Jazz", 2007 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Jazzclub Mahogany Hall, Edam © Photo Éric Simon

Détail "Montage des pages maquetttées de la réédition de Jazz", 2007 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Jazzclub Mahogany Hall, Edam © Photo Éric Simon

Détail "Montage des pages maquetttées de la réédition de Jazz", 2007 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Jazzclub Mahogany Hall, Edam © Photo Éric Simon

Détail "Montage des pages maquetttées de la réédition de Jazz", 2007 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Jazzclub Mahogany Hall, Edam © Photo Éric Simon

Détail "Montage des pages maquetttées de la réédition de Jazz", 2007 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Jazzclub Mahogany Hall, Edam © Photo Éric Simon

Détail "Montage des pages maquetttées de la réédition de Jazz", 2007 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Jazzclub Mahogany Hall, Edam © Photo Éric Simon

Les films d’Ed van der Elsken se situent dans la lignée du cinéma vérité. Il choisissait son matériel de façon à travailler de manière aussi autonome que possible. La nature de ses films est documentaire, mais leur forme est expérimentale et se caractérise souvent par l’intrusion du réalisateur dans le champ.  Ses diaporamas représentent des tentatives de trouver une forme médiane entre photographie et cinéma.

L’exposition comporte deux de ces diaporamas, Eye Love You (1976) et Tokyo Symphony, ode posthume à une ville qu’il aimait et où il séjourna à maintes reprises.

Ed van der Elsken (1925-1990) était un enfant de son époque : sombre dans les années 1950, rebelle dans les années 1960, non conformiste dans les années 1970 et philosophe dans les années 1980. Il aimait provoquer les gens, les séduire quand ils regardaient son objectif photo ou sa caméra. Son approche était aussi celle d’un directeur artistique, mettant en scène son entourage dans la vie, une vie avec toutes ses incohérences, sa folie et sa beauté.

Ed van der Elsken bouleverse en Europe les perspectives de la photographie documentaire humaniste en interrogeant le processus photographique comme une expérience existentielle.

"Waterlooplein, Amsterdam", 1961 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

"Waterlooplein, Amsterdam", 1961 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

"Auto-portrait avec Anneke Hilhorst, Edam", 1973   de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Ed van der Elsken Estate  © Photo Éric Simon

"Auto-portrait avec Anneke Hilhorst, Edam", 1973 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Ed van der Elsken Estate © Photo Éric Simon

Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

"Pierre Feuilette (Jean Michel), Paris", 1953 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

"Pierre Feuilette (Jean Michel), Paris", 1953 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

Ed van der Elsken (1925-1990) se considérait comme un chasseur. Comme un photographe qui séduisait et provoquait ses proies, pour frapper au bon moment. Il était cependant bien plus que cela. Ed van der Elsken était un homme qui rêvait de se faire greffer une caméra dans la tête pour pouvoir saisir la réalité en permanence, un photographe qui réalisait et mettait en scène des photographies « de la vraie vie » en s’appuyant sur la technique et le montage.

D’après la commissaire de l’exposition, Hripsimé Visser, c’était [...] « une personnalité forte qui s’est jetée sans ménagement dans la bataille et a eu le cran d’emprunter de nouvelles voies jusqu’à son dernier souffle, avec son film Bye, un reportage émouvant sur la maladie qui le rongeait ».

Depuis son décès en 1990, plusieurs expositions ont été consacrées à l’oeuvre de Van der Elsken aussi bien aux Pays-Bas qu’à l’étranger et ses livres et films ont f ait l’objet de diverses études. Ainsi, des étudiants de l’université de Leyde ont analysé quatre de ses livres de photographies au cours de la décennie passée.

La réédition de certains de ses ouvrages a suscité un nouvel intérêt pour son travail, tandis que le projet de restauration de ses diapositives en cours au Nederlands Fotomuseum de Rotterdam a largement contribué à la (re)découverte de ses photographies en couleurs, moins connues.

"Vendeuse au Studio Alta, le magasin à la mode chez les jeunes près de la gare de Shinjuku à Tokyo", 1987 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

"Vendeuse au Studio Alta, le magasin à la mode chez les jeunes près de la gare de Shinjuku à Tokyo", 1987 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

"Fille dans le métro, Tokyo", 1984 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

"Fille dans le métro, Tokyo", 1984 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

"Statue en cire de personnes punies pour adultère, Osaka", 1960 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Leiden University Librairies © Photo Éric Simon

"Statue en cire de personnes punies pour adultère, Osaka", 1960 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Leiden University Librairies © Photo Éric Simon

"Yakusa dans le quartier de Kamagasaki, Osaka", 1960 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

"Yakusa dans le quartier de Kamagasaki, Osaka", 1960 de Ed VAN DER ELSKEN - Courtesy Collection Stedelijk Museum Amsterdam © Photo Éric Simon

L’oeuvre de Van der Elsken passionne indubitablement encore. La fascination qu’exercent aujourd’hui ses images s’explique peut-être par la relation nouvelle qui s’est instaurée entre l’homme et l’appareil photo durant la dernière décennie. Ed van der Elsken disait : « Montre qui tu es. » Comme l’explique avec pertinence Colin van Heezik dans ce catalogue, cette petite phrase est véritablement la clé de son travail : « Van der Elsken a montré qui il était et qui les autres étaient.

Le lien avec notre époque est établi. À l’ère du selfie, chacun veut montrer qui il est, pense être, espère être. Le regard sur l’oeuvre de Van der Elsken s’en trouve donc renouvelé. » Avec la présente exposition, le Stedelijk Museum d’Amsterdam, le Jeu de Paume à Paris et la Fundación MAPFRE de Madrid proposent la rétrospective la plus complète de ses travaux depuis vingt-cinq ans.

 

L’exposition met l’accent sur ses qualités exceptionnelles de photographe, d’auteur et de cinéaste, ainsi que sur ses recherches graphiques. Van der Elsken aimait expérimenter dans ses photographies, ses livres et ses films, mais aussi lors de ses expositions, remarquables, et dans les vidéos qu’il a réalisées à par tir des années 1960.

Jeu de Paume

1, place de la Concorde

Fr - 75008 Paris

 

www.jeudepaume.org

 

Jours et Horaires d'ouverture: du mardi au dimanche de 11h à 19h
Nocturne les mardis jusqu’à 21h

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