L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS D'ART CONTEMPORAIN A PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE

21 Sep

Expo Solo Show: Tim PLAMPER « Zone »

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Exposition solo show, #Expo Dessin Contemporain

"Dissociation 005 (Volatile virtues)", 2017 de Tim PLAMPER - Courtesy Galerie SUZANNE TARASIEVE  © Photo Éric Simon

"Dissociation 005 (Volatile virtues)", 2017 de Tim PLAMPER - Courtesy Galerie SUZANNE TARASIEVE © Photo Éric Simon

Du 9 septembre au 7 octobre 2017

 

Le titre de la seconde exposition personnelle à la Galerie Suzanne Tarasieve de l'artiste allemand Tim Plamper évoque la zone interdite qui apparaît dans le film Stalker (1979) d'Andrej Tarkovsky. Il s'agit d'un lieu mi-physique, mi mental, où le temps n'est pas linéaire et où le réel et le rêve se pénètrent, un lieu de rencontres surréelles qui sont aussi belles et fortuites que celle, sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie.

Mais la zone est aussi celle des dessins de Plamper lui-même, des œuvres faites d'association improbables, à la manière des surréalistes. Opérant des superpositions et rapprochements inattendus, l'artiste crée des espaces de rencontre entre formes, objets, êtres et lieux. Suivant des règles d'organisation visuelle précises, chaque pièce matérialise une image mentale et réunit des êtres d'origines diverses et dispersés dans le temps et l'espace.

Plamper réussit à combiner des éléments aussi épars qu'un escalier en colimaçon renversé, deux femmes nues, quatre pélicans, un tronc d'arbre, quelques paysages et beaucoup de galets de façon à créer des ensembles structurés et probants, sans que l'on sache bien dire pourquoi. Affinités électives, logique de l'inconscient, relations secrètes entre les objets qu'il dépeint ou virtuosité formelle de l'assemblage?

"Dissociation 004 (Your skin is my skin)", 2017 de Tim PLAMPER - Courtesy Galerie SUZANNE TARASIEVE  © Photo Éric Simon

"Dissociation 004 (Your skin is my skin)", 2017 de Tim PLAMPER - Courtesy Galerie SUZANNE TARASIEVE © Photo Éric Simon

"Melancholia", 2017 de Tim PLAMPER - Courtesy Galerie SUZANNE TARASIEVE  © Photo Éric Simon

"Melancholia", 2017 de Tim PLAMPER - Courtesy Galerie SUZANNE TARASIEVE © Photo Éric Simon

Plamper crée des transpositions dessinées d'une façon de voir comme on rêve, c'est-à-dire par associations.

Numériques, les collages de l'artiste peuvent réunir plus de 15 sources visuelles différentes.

 

L'œuvre finale est alors le résultat d'un processus en deux étapes: agencement digital d'élé-ments à partir d'une archive très personnelle en constante évolution, puis travail de dessin. Avant de se décider à prendre le crayon pour mettre une composition sur le papier, l'artiste passe parfois plusieurs années à l'affiner.

Et même si le degré de réalisme qu'il atteint lorsqu'il transforme un collage numérique en œuvre sur papier force le respect, la mise en dessin n'a rien d'une copie servile ou d'un simple exploit technique. Chaque œuvre manifeste des envies de dessin particulières.

"Dissociation 003 (Hearts shadow)", 2017 de Tim PLAMPER - Courtesy Galerie SUZANNE TARASIEVE  © Photo Éric Simon

"Dissociation 003 (Hearts shadow)", 2017 de Tim PLAMPER - Courtesy Galerie SUZANNE TARASIEVE © Photo Éric Simon

"Fragments of a scene 011", 2017 de Tim PLAMPER - Courtesy Galerie SUZANNE TARASIEVE  © Photo Éric Simon

"Fragments of a scene 011", 2017 de Tim PLAMPER - Courtesy Galerie SUZANNE TARASIEVE © Photo Éric Simon

"Fragments of scene 006 et 004", 2017 de Tim PLAMPER - Courtesy Galerie SUZANNE TARASIEVE  © Photo Éric Simon

"Fragments of scene 006 et 004", 2017 de Tim PLAMPER - Courtesy Galerie SUZANNE TARASIEVE © Photo Éric Simon

"The Setting 005", 2010 de Tim PLAMPER - Courtesy Galerie SUZANNE TARASIEVE  © Photo Éric Simon

"The Setting 005", 2010 de Tim PLAMPER - Courtesy Galerie SUZANNE TARASIEVE © Photo Éric Simon

"Fragments of scene 009 et 002", 2017 de Tim PLAMPER - Courtesy Galerie SUZANNE TARASIEVE  © Photo Éric Simon

"Fragments of scene 009 et 002", 2017 de Tim PLAMPER - Courtesy Galerie SUZANNE TARASIEVE © Photo Éric Simon

Par conséquent, les zones ne sont jamais traitées à l'identique et ce que l'on voit de près diffère fondamentalement de ce que l'on aperçoit de loin.

Travaillant tantôt la hachure au crayon dur, tantôt l'estompage au pinceau et même le griffonnage et le grattage, Plamper s'éloigne sciemment du photo-réalisme.

Par endroits, Plamper sculpte véritablement la matière sur le papier et de subtiles différences de profondeur se font jour. Implicitement, il remet ainsi en question l'idée que, physiquement, un dessin n'est pas moins plat qu'une photographie et souligne son rapport émancipé au médium photographique.

Au-delà de la contemplation esthétique, l'œuvre de Plamper invite ainsi le spectateur à une réflexion sur les rapports inouïs entre les choses, les spécificités des médiums, et le pouvoir qu'a encore le devenir physique de l'image mentale à l'ère du numérique.

Klaus Speidel, critique d'art et philosophe

Galerie SUZANNE TARASIEVE

7, rue Pastourelle
F-75003 PARIS

 

http://suzanne-tarasieve.com

 

Horaires d’ouverture : du mardi au samedi de 10h à 19h.

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