L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS D'ART CONTEMPORAIN A PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE

04 Feb

Expo Collective Contemporaine: BEYOND

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Expo groupée Contemporaine

 

Du 30 janvier au 22 mars 2014

 

Lionel Sabatté, Nicolas Daubanes, Maxime Chanson, Yann Kersalé, Nøne Futbol Club, Gal Weinstein, Payram, Shahar Marcus, Adrien Couvrat 

 

 

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Yann Kersalé, Banc (2010)


  Shahar Marcus

Vidéaste, né en 1971, vit et travaille à Tel Aviv. 

 Shahar Marcus est un artiste israélien, principalement performer et vidéaste. Ses premiers travaux s’intéressent à l’exploration du corps, son propre corps et ses limites, et utilisent des matériaux périssables tels pâtes, jus, glaces… Son corps devient un instrument, une plateforme d’expérimentations : on le retrouve allongé sur une table d’opération, embrasé, vêtu d’une enveloppe de pain… 

La nourriture est un thème récurrent du travaille de Marcus. Par exemple, l’utilisation régulière du pain comme métaphore de l’essentiel et de la survie est mise en parallèle de symboles militaires. En utilisant la nour­riture, un élément périssable, muable, et en le transfor­mant en un vêtement, un décors, l’artiste se rapproche des fondamentaux de l’art et de son histoire : transformer des objets arbitraires, des matériaux, en quelque chose d’immortel et éternel. 

 

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 Nøne Futbol Club 

Plasticiens, vivent et travaillent à Paris

« Mélange plein de leurres », ce nom surprenant allie une image de culture populaire (le football au Brésil) et une absence - qui veut rappeler le mouvement des Anonymous ou la figure d’Ulysse se présentant comme « personne » devant le Cyclope avant de lui crever un oeil. Le ø de Nøne n’a d’autre signification que d’introduire un ensemble vide dans cet enchevêtrement d’anglais, de portugais et d’apparence de danois. Le duo pratique la sculpture, l’installation et la vidéo à travers des gestes simples et radicaux, pour capter la fugacité du moment précis où l’on saisit la complexité des choses. Les oeuvres de Nøne Futbol Club font image et sont d’une efficacité redoutable. Plusieurs d’entre elles sont consacrées à la sacralisation du corps, et à la recherche d’une beauté artificielle qui tourne souvent à la torture. Activiste et provocant, leur travail s’attaque à notre société contemporaine. Work n°63 Get High est une cage dans laquelle sont enfermés des pigeons capturés à Barbès. Sur des perchoirs en forme de lettres, ils dévorent des graines dont les miettes tombent sur le sol, et « écrivent » le slogan Get High - la pièce était destinée au Prix Sciences-Po pour l’art contemporain. « C’est comme dans le management, les employés ne se rendent pas compte de la stratégie des dirigeants », estime le duo. Le travail de Nøne Futbol Club oscille en permanence entre la dénonciation et l’humour, avec une violence qui se neutralise au moment même où elle s’avance.

Anaël Pigeat

 

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 Adrien Couvrat

Peintre, né en 1981, vit et travaille à Paris. 

Adrien Couvrat expérimente la couleur entre optique et métamorphoses lumineuses avec des couleurs vaporeuses qui jouent sur la limite sensible des vibrations de ses teintes d’une saturation toujours égale. Son travail interpelle les aspects physiques du médium, néanmoins sa peinture ouvre sur des espaces qui proposent une expérience sensible transcendante. 

Leurre Couleurs 

Le travail d’Adrien Couvrat se déploie à travers la peinture, le dessin, le son, la vidéo... Quel que soit le medium, il expérimente les mouvements optiques, les métamorphoses lumineuses et la vibration sensible des couleurs. Les oeuvres de la série Leurre Couleurs constituent une passerelle entre art cinétique et abstraction lyrique.Les toiles trouvent leur ordonnancement dans le ressenti émotionnel de l’artiste et sont autant de retranscriptions d’observations quotidiennes transposées de manière instinctive sur la toile.

 

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Nicolas Daubanes

Plasticien, né en 1983, vit et travaille à Perpignan 

La vie. La mort. La condition humaine et les formes sociales qui les façonnent. J’investis des questions essentielles.  

Dans mes derniers travaux : la vitesse, la fragilité, la porosité, l’aspect fantomal des images et des matières… Ce qui transmet la pression du passé au croisement de ce qui va advenir. 

Mon travail s’inscrit dans la durée, il dessine un chemin. De mes premières réalisations à celles d’aujourd’hui, une évolution certaine s’est formée, une trajectoire qui tend vers la recherche de la liberté, du dégagement de la contrainte. L’évasion. Tout en expérimentant l’intensité et la rigueur, je joue avec le danger, mental, visuel, physique, pour renforcer l’énergie créatrice et en transmettre la force. 

Je suis conduit par mon histoire, mes propres questions existentielles et par le choix d’une adéquation permanente et subtile entre forme et contenu. 

 

 

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Dessin limaille de fer sur papier

 

Premier exemple : le silicone, celui-là même qui habituellement est utilisé pour restaurer les bâtiments patrimoniaux, transposé, permet de créer un nouvel espace qui induit visuellement la disparition du mur d’origine et suggère une possible échappatoire (Série des Membranes). De cette façon, mue et peau s’introduisent dans son propos.

Deuxième exemple : la limaille de fer, utilisée dans les dessins, renvoie aux barreaux des prisons, mais aussi aux limes qui permettent l’évasion. Cette matière fine et dangereuse pour l’oeil se dépose par aimantation tandis que le moindre souffle peut faire disparaitre le dessin. Minérale, ancestrale et pourtant éphémère. Ce qui apparaît est fragile, il faut en prendre soin et savoir que tout est sursis.

 


Lionel Sabatté

Plasticien, né en 1975, vit et travaille à Paris. 

 

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Pour réaliser ses sculptures, Sabatté procède selon un double processus : une structure précise est à l’origine de la forme, mais cette prise de décision est mise à mal par l’intervention d’un élément incontrôlable, le matériau choisi. Ainsi, si l’on a de la chance on pourra croiser Lionel Sabatté dans la station du métro Châtelet, à Paris, dans un couloir sale, un sac à la main, en train de balayer la matière première de sa prochaine oeuvre : de la poussière grise, formée par les milliers de personnes qui passent par là tous les jours, se heurtent sans se regarder, laissent une partie d’eux-mêmes sans le vouloir, courant vers leur vie quotidienne. Cette poussière — amas de cheveux et de substances incertaines — l’artiste prendra soin de la désinfecter selon un processus complexe, avant de l’utiliser pour créer une splendide meute de loups, grandeur nature, qui surprennent par leur présence : ils semblent avoir traversé les époques, comme des vestiges, des ombres molletonnées faisant étrangement penser au crépuscule de l’Histoire, à Pompéi ou à Hiroshima.

 

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L’oeuvre de Lionel Sabatté chuchote à nos oreilles : elle nous dit que la vie prolifère partout sans qu’on en ait conscience, y compris dans sa dimension morbide. Penchons nous alors sur la préciosité feinte de papillons abîmés, récupérés dans les boutiques d’entomologistes que l’artiste se plaît à « réparer » en leur redonnant un corps fait de peaux mortes et de rognures d’ongles. La mort et la vie communiquent. La beauté et l’informe s’accouplent.»

Léa Bismuth

 

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Maxime Chanson, Déjà vendu (2014)

 

 

 Galerie Maubert

20, rue Saint-Gilles
75003 Paris


http://galeriemaubert.com

Heures d'ouverture: Du mardi au samedi de 13h00 à 19h00.


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