L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS D'ART CONTEMPORAIN A PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE

21 Sep

Folkert de Jong: "The Immortals"

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Sculpture Contemporaine

 

Du 1er septembre au 13 octobre 2012 

 

Folkert de Jong est né en 1972 à Egmond aan Zee aux Pays Bas. Il vit et travaille à Amsterdam.

 

Après avoir étudié à l’Académie d’Arts Visuels AHK (Académie voor Beeldende Vorming), Folkert de Jong entre en résidence à la Rijksakademie van beeldende kunsten de 1996 à 1998. Parmi les nombreux prix qu’il obtient, il reçoit notamment en 2003 le Prix de Rome pour la sculpture organisé par la Rijksakademie.

 

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La galerie dukan hourdequin est heureuse de présenter The Immortals, la première exposition personnelle en France de l’artiste hollandais Folkert de Jong.

 

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« L’ensemble des Immortels condense nombre des thèmes de Folkert de Jong. Invité par la Glasgow School of Art à exposer en avril 2012, il part des créations du célèbre architecte et designer Charles Rennie Mackintosh qui conçut le bâtiment. Son univers, associé au mouvement Arts & Crafts est marqué à la fois par la standardisation et la nostalgie du travail artisanal, associant techniques traditionnelles et technologie nouvelles de la fin du XIXème siècle. Il met en scène Mackintosh et sa femme l’artiste Margaret Mac Donald Mackintosh, couple à la fois très moderne, travaillant tous les deux dans un univers d’avant-garde et en même temps très conservateur, en pleine société victorienne. La postérité retiendra d’ailleurs surtout le nom de Monsieur. Le titre de l’œuvre est celui qu’ils donnèrent à leur groupe, appelé aussi the Four, incluant Herbert McNair et Frances, la sœur de Margaret. (…)


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Ces éléments sont ensuite présentés dans d’autres lieux, comme à la galerie dukan hourdequin à Paris : « baptisés » lors de leur première installation, ils développent leur vie ailleurs. Leur charge historique n’apparaît plus, du moins au premier abord, tant leur accoutrement semble ne rien devoir au passé.

 

Irritants sont les ensembles de Folkert de Jong : grimaçants, à la fois joyeux et repoussants, sans que l’on sache trop s’il s’agit d’un délire de sale gosse ou d’une mise à l’épreuve des règles de la statuaire. Ils sont d’emblée identifiables par son matériau de prédilection, le Styrofoam (et sa variante, la mousse polyuréthane). Son apparence industrielle, ses couleurs vives, sa fabrication purement chimique situent l’oeuvre dans le domaine de l’artificiel. Ce polystyrène extrudé utilisé dans le bâtiment pour l’isolation thermique et à Hollywood pour la construction de décors de cinéma réunit des qualités opposées. Très facilement taillable, sa fragilité n’est qu’apparente : en effet, sa composition chimique en fait un matériau imputrescible, avec une durée de vie bien supérieure à celle du bois par exemple.

 

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 Alors qu’une grande partie des sculptures en bronze sont fondues à partir de formes réalisées en polystyrène, de Jong a toujours évité cette étape sacralisante caractéristique de l’art officiel. Le Styrofoam est créé lors de la Seconde Guerre mondiale par la société américaine Dow Chemical, qui produira l’agent orange utilisé lors de la guerre du Vietnam ; le polystyrène est vendu en Europe par l’IG Farben, qui a la même époque produit le gaz létal Zyklon B. Cette mousse est ainsi liée de manière invisible à deux pages ignobles de l’Histoire. L’œuvre entière est sous-tendue par ce type de contradictions assumées, temporaire et joyeuse en apparence, éternelle et liée à la destruction en réalité.

 

Les ensembles de de Jong, pour éclatants qu’ils soient, dégagent toujours une mélancolie, difficile à définir. (…) L’énergie carnavalesque est souvent marquée par la déchéance, la dégradation. La mort rôde dans ces visages figés, goudronnés, et l’utilisation de matériaux contemporains contraste avec la nostalgie des sujets, puisés dans le passé. Les temps s’entrechoquent, de manière affirmée et totale avec l’emploi du moulage, technique ancienne anachronique. De Jong affirme récemment l’importance grandissante de la dimension métaphysique de son œuvre, comme si la forte matérialité de son œuvre lui permettait paradoxalement un regard très distant et silencieux sur ce monde de surconsommation hyper connecté.

Tous ces paradoxes font de l’œuvre de de Jong une source de réflexion permanente : irritante et séduisante, irrévérencieuse et cultivée, vulgaire et raffinée, entre le tintamarre des statues trash et angoisse silencieuse, entre mépris des matériaux et jouissance de leur emploi. »

 

 

 

 

 

Galerie dukan hourdequin
24, rue Pastourelle
75003 - Paris -
du mardi au samedi de 11h00 à 19h00.

 

http://www.dukanhourdequin.com

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