L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS D'ART CONTEMPORAIN A PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE

10 Nov

KAWS: " Imaginary Friends "

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Street Art

 

 

 

Du 3 novembre au 22 décembre 2012

 

 

Kaws est né en 1974 dans la ville de Jersey aux USA, Il vit et travaille aujourd'hui à Brooklyn, New York.

 

Kaws incarne des choses différentes pour ses différents publics. Il est artiste, col­lectionneur, designer, une marque, une célébrité et un entrepreneur. Ces multiples identités, qui sont à la fois autonomes et interdépendantes, tendent vers une inter­connexion, dans la culture contemporaine, des mondes réels et virtuels, de l’intime et du public – l’art, la technologie, la vie et la relation transparente qui les lie au sein d’une ère de réseaux sociaux. Les frontières entre les personnes, les lieux et les choses sont fluides et poreuses permettant un nouveau langage visuel qui facilite un échange dynamique à la fois social et culturel.

 

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KAWS parle ce langage, utilisant des images familières dans son travail, qui dans leurs permutations fonctionnent comme une multiplicité de signes et de symboles qui communiquent tous à la fois quelque chose de nouveau et d’étrange.

 

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Son travail abonde en associations et allusions à l’histoire de l’art récent, façonné par une compréhension assidue du fonctionnement des images, émotionnellement et intellectuellement, guidé par une délectation passionnée, quasi existentielle pour la peinture.

 

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Par exemple, certaines oeuvres de KAWS rappellent les premières abstractions Hard-edge de Stella et de Noland, ou la répétition sérielle de Warhol, ou peut-être encore l’énergie frénétique des motifs Benday et des diagonales de Lichtenstein. On peut remarquer de multiples autres influences de KAWS - allant des conventions formelles sophistiquées des estampes japonaises à l’imagerie sensationnelle du graphisme d’après-guerre au Japon, à l’euphorie irrévérencieuse des Imagistes de Chicago et son pendant à San Francisco dans ce qu’elle a de grotesque et de sensuel.

 

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KAWS utilise la couleur de manière très spécifique, par des dessins schématiques qui délimitent des teintes non modulées, instaurant des rythmes et des relations formelles. Dans des oeuvres aussi élaborées que « HALF FULL » et « HALF EMPTY», ces formes monochromes forment des champs de couleurs qui ont la capacité associative des Shaped paintings de Ellsworth Kelly, tout en représentant les frag­ments d’un système complexe et multidimensionnel.

 

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Les images dans ces oeuvres émergent du choc de la couleur extrêmement saturée et semblent décrire avec justesse des figures engagées dans une lutte. La combinaison de leurs couleurs rappelle les sombres fantaisies architecturales du tardif Al Held et convoque le Nouveau Romantisme des années 1980, les jeux vidéo et la célébration de l’univers synthétique.

 

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Les années 1980 sont, en fait, une véritable source d’inspiration pour KAWS - ainsi «COMPANION » qui a des airs du « Rabbit » faussement gonflable de Jeff Koons ; à travers l’album et la couverture de Raymond Pettibon inspiré des comics ; et l’irrépressible « Radiant Baby » de Keith Haring.

 

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 Aussi, le travail sur le SIDA de General Idea dans les années 1980 est pertinent dans l’analyse des oeuvres telles « COMPANION » et « CHUM » : l’intérêt de GI pour le « word virus » de Burroughs leur a fait inventer leur propre « image virus » combinant le logo « Love » de Robert Indiana avec l’acronyme AIDS. De la même manière, en appropriant et en modifiant le bibendum Michelin mondialement connu, KAWS a inventé une image ambiguë qui s’est imprimé dans nos consciences comme une image rétinienne. Elle persiste dans notre imagination à travers sa répétition illimitée et sa posture agressive, se jetant vers nous comme un attaquant de première ligne. Tous les contours identiques des neuf peintures « CHUM » de l’exposition sont peints avec des combinaisons de couleurs uniques.

 

Aperçus en séquence rapide, ils semblent avoir l’effet palpitant des cercles concentriques des fameuses « target paintings » de Noland, évoquant également les mots de Kandinsky, personnifiant littéralement les « vibrations de l’âme » - des mots qui ont inspiré la théorie de l’équivalence de Alfred Stieglitz au début du 20ème siècle. Peut-être que « CHUM», « COMPANION » et leurs complices sont des équivalents de KAWS lui même, incarnant différentes choses pour différentes personnes, tout en correspond­ant à des états aléatoires de conscience et d’émotions, et l’interconnectivité distante qui conditionne qui nous sommes maintenant et comment nous sommes reliés à un monde continuellement en flux.

  

Texte de: Michael Rooks.

 

 

 

 

 

 

 

Galerie Perrotin

76 rue de Turenne

75003 Paris

Horaire d’ouverture : du mardi au samedi de 11h00 à 19H00.

 

http://www.perrotin.com/

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