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08 Mar

Expo Collective Contemporaine: "Faces cachées" Photographie chilienne 1980-2015

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Expo Collective Contemporaine, #Expo Photographie Contemporaine

Expo Collective Contemporaine: "Faces cachées" Photographie chilienne 1980-2015

Du 12 février au  30 avril 2016

 

L'exposition Faces cachées réunit trois générations de photographes chiliens, représentées par Zaida González, Alejandro Hoppe, Alvaro Hoppe, Luis Navarro, Claudio Pérez et Leonora Vicuña.

 

« la marge, c’est ce qui tient la page »  Jean-Luc Godard.

 

Ancrés dans une terre à la géographie tourmentée, et où le trauma de l’histoire récente reste palpable, les travaux de ces photographes possèdent une valeur artistique expressive et originale. Si l’œil de certains s’est forgé sous la dictature, dans la rue, au cœur de combats qui s’y sont déroulés, le regard des autres reflète un intérêt marqué pour les franges marginales de la société chilienne. Il se dégage de l’ensemble une vision poétique particulière, parfois insolite, née dans la transition d’un siècle à l’autre, du XXème au XXIème.

"Les mange bébés dans le Monticello", 2011 de Zaida Gonzàlez © Photo Éric Simon

"Les mange bébés dans le Monticello", 2011 de Zaida Gonzàlez © Photo Éric Simon

"Enfants se séparant de leur frère" de Zaida Gonzàlez © Photo Éric Simon

"Enfants se séparant de leur frère" de Zaida Gonzàlez © Photo Éric Simon

Chacun de ces photographes, puisant dans l’expérience intime de sa relation au pays, avec ses territoires humains, ses contrastes, son histoire, est allé à la recherche de ce que l’on ne veut pas voir, qui n’est plus ou a disparu. 

Comme si capter l’interdit, le lointain, l‘insaisissable demeurait toujours une quête. Tous incar- nent non seulement la résistance à l’ordre établi mais aussi un attachement profond à ces  communautés « invisibles »  qui peuplent leur pays. C’est dans cette recherche d’un « autre » Chili que se place l’exposition Faces cachées, et dans une tentative de lever le voile sur les coins d’ombres d’un Chili oublié, mais bien vivant.

Ainsi, Zaida González (1977), seule représentante de sa génération, met en lumière les images d’un Chili underground et transgressif. Elle intervient avec des encres aquarelles sur ses photographies noir et blanc, afin de leur donner une toute autre dimension temporelle et d’atténuer la portée de la charge critique qu’elles véhiculent.

Claudio Pérez (1957) revisite les mythes et rituels du Chili. Entre ethnologie et archéologie contemporaine, son regard scrute le réel et ses photographies telles des pièces à conviction, parfois énigmatiques, transcendent la surface des choses pour en délivrer une vision complexe et inspirée.

"Famille de militaires dans la manifestation pour l'indépendance du Chili", 1987 de Claudio Perez

"Famille de militaires dans la manifestation pour l'indépendance du Chili", 1987 de Claudio Perez

"Dernière manifestation pour Pinochet avant le plébiscite", 1988 Alejandro Hoppe © Photo Éric Simon

"Dernière manifestation pour Pinochet avant le plébiscite", 1988 Alejandro Hoppe © Photo Éric Simon

"Arrestation après une manifestation éclair pour la liberté des prisonniers politiques", 1986 d'Alvaro Hoppe

"Arrestation après une manifestation éclair pour la liberté des prisonniers politiques", 1986 d'Alvaro Hoppe

Luis Navarro (1938) partage la vie des gitans chiliens depuis des décennies. Se focalisant particulièrement sur les femmes, il dresse le portrait d’un groupe humain minoritaire vivant à des milliers de kilomètres des terres qui l’ont vu naître et qui parvient, malgré tout, à maintenir ses coutumes et sa culture.

Les frères Alvaro Hoppe (1956) et Alejandro Hoppe (1961), deux parmi les plus embléma- tiques photographes du livre et du projet «Chile desde adentro», dans la pure tradition du photoreportage militant, extraient de façon criante tout ce qui peut faire sens dans la rue, traduction visuelle de la période tendue et tragique des années 1980.

"Rewue (Totem) personnel", 2008 de Leonora Vicuña © Photo Éric Simon

"Rewue (Totem) personnel", 2008 de Leonora Vicuña © Photo Éric Simon

"We tri Pantu a Wapi Budi", 2006 de Leonora Vicuña © Photo Éric Simon

"We tri Pantu a Wapi Budi", 2006 de Leonora Vicuña © Photo Éric Simon

Enfin, Leonora Vicuña (1952) convoque à travers des supports complémentaires à la photo- graphie, par la vidéo et l’intervention plastique, les mondes souterrains et ancestraux du Chili.

Entre revendication et lutte pour la préservation de la mémoire et de l’identité du peuple Mapuche, construit à la façon d’une trouble affaire policière, dont le point de départ est une photographie où quelqu’un a volontairement effacé le visage de l’un des protagonistes, son travail oscille entre document et fantasmagorie chamanique.

"Armando Portillo, détenu puis disparu le 9/12/1976" et "Edelmiro Valdez, détenu et disparu le 25/10/1974" © Photo Éric Simon

"Armando Portillo, détenu puis disparu le 9/12/1976" et "Edelmiro Valdez, détenu et disparu le 25/10/1974" © Photo Éric Simon

Parabole d’un temps qui, s’il paraît avancer, renvoie dos à dos les époques, Faces cachées invite le visiteur à regarder la société chilienne en coin, par le biais de ses marges.

La mémoire est-elle une source pour l’avenir ?

La marge tient-elle la page ?

Une chose est sûre: comme dans toute œuvre d’art, l’implication et la recherche constituent un vecteur dynamique. L’engagement des photographes dans cette quête, qui a parfois failli leur coûter la vie, est leur premier moteur.

 

Chacun d’entre eux s’approprie des pans entiers de l’histoire contemporaine et passée, laissant percer les faisceaux d’une lumière rayonnante qui dévoile quelques-unes des Faces cachées de ce singulier et complexe pays du bout du monde.

 

Exposition organisée en partenariat avec la galerie NegPos, Nîmes, avec le soutien de l’ambas- sade du Chili en France, de la Direction des Affaires Culturelles du Chili (DIRAC) et du Conseil National de la Culture et des Arts du Chili.

 

Commissaire : Patrice Loubon

 

Maison de l’Amérique Latine

 

217, Bd Saint Germain  

Fr- 75007 PARIS

 

http://www.mal217.org

 

Horaires d'ouverture: du lundi au vendredi de 10h à 20h, et le samedi de 14h à 18h.

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