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L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS ET DES FOIRES INTERNATIONALES D'ART CONTEMPORAIN À PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE. EXHIBITION IN PARIS

13 Jun

Steve BANDOMA« Pomme de discorde »

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Expo Peinture Contemporaine

Détail "Résillience", 2026 de Steve BANDOMA - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ANGALIA © Photo Éric SIMON

Détail "Résillience", 2026 de Steve BANDOMA - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ANGALIA © Photo Éric SIMON

Du 15 mai au 20 juin 2026

 

 

 

 

Steve Bandoma est l'artiste de l’hybridation et des identités multiples. Nul hasard chez un artiste qui vit entre deux polarités et deux influences : l'art et la politique. Il a hérité de son père, ancien ministre et ambassadeur, aujourd’hui décédé, le goût de l’action publique.

Et par ailleurs dans sa famille l’art est partout : une mère peintre à ses heures, une sœur chanteuse et un frère cinéaste. Quand on demande à Bandoma laquelle de ses passions prendra le dessus, il répond invariablement qu’il entend bien les mener de front.

 

 "Dénaturée", 2016 de Steve BANDOMA - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ANGALIA © Photo Éric SIMON

"Dénaturée", 2016 de Steve BANDOMA - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ANGALIA © Photo Éric SIMON

Malgré son historique familial, Bandoma n'a pas suivi la voie tracée d'un "fils de". Diplômé de l'Académie des Beaux-Arts (ABA) de Kinshasa en 2004, il choisit de s'installer en Afrique du Sud. Il s'établit au Cap, où il entame un programme de formation en arts multimédias. Il s'essaie à la photographie, à la vidéo, à la performance, crée des installations et touche à tout.

 

 

 

Le début de sa carrière en Afrique du Sud est difficile et anonyme. Mais il travaille, il construit progressivement son propre style, gagne en visibilité, commence à exposer régulièrement et finit par se faire un nom sur la scène artistique sud-africaine.

En 2009, il reprend la route, direction Zürich tout d'abord, et enfin Paris pour une résidence à la Cité Internationale des Arts.

 

"Résillience", 2026 de Steve BANDOMA - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ANGALIA © Photo Éric SIMON

"Résillience", 2026 de Steve BANDOMA - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ANGALIA © Photo Éric SIMON

Steve Bandoma se réinstalle à Kinshasa en 2012. Il a alors 31 ans. Il présente des œuvres jamais vues au Congo, un art de la déconstruction, de l’hybridité et du chaos. Militant de l’affirmation africaine, il dénonce dans ses tableaux une globalisation qui met à mal la culture du continent. Il ne cherche pas nécessairement à produire un art africain. Il se veut contemporain et universel.

 

 

 

Pourtant, les thèmes explorés et la vision développée dans ses œuvres sont le reflet de son identité africaine. Il produit des séries thématiques dont les titres donnent le ton : Lost tribes, Enculturation, Abolition, etc. En d'autres termes : le rapport à l'identité, le conflit entre tradition et modernité, et le choc des cultures.

 

 

Chez Bandoma, comme chez beaucoup d’artistes congolais, la gravité du message n'exclut jamais la légèreté. L'humour et la dérision sont omniprésents. Lorsqu'il aborde l'africanité, il critique sans équivoque la domination occidentale et le matérialisme qui l'accompagne, mais avec plus d'ironie que d'acrimonie. Même ton ironique et malicieux dans son interprétation du colonialisme.

 

 

"Little Trump", 2018 de Steve BANDOMA - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ANGALIA © Photo Éric SIMON

"Little Trump", 2018 de Steve BANDOMA - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ANGALIA © Photo Éric SIMON

Même le chaos et la singularité n'excluent pas une certaine harmonie. Il faut un talent particulier pour donner vie à des créations aussi soigneusement incohérentes. C’est peut-être une qualité kinoise que de rendre cohérent ce qui est désordonné. Au début de sa carrière, ayant testé tous les supports lors de sa formation en Afrique du Sud, Bandoma opte pour le papier (2008), lequel présente un avantage majeur : il permet de combiner le dessin, les projections d'encre, le collage et la gouache. C’est dans ce mélange de techniques que s'exprime le mieux sa créativité. C’est ainsi que fusionnent le mieux les visages, les membres, les fragments de corps, les statuettes et les fétiches.

 

 

 

Puis en 2014-2015, le collage disparaît. La raison ? « Parce que tout le monde se met à faire du collage ! » Bandoma décide alors de se concentrer sur le dessin, tout en augmentant la taille de ses œuvres car ce sont les grands formats qui lui permetten d'exprimer toute son énergie.

 

"Pomme de discorde", 2025 de Steve BANDOMA - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ANGALIA © Photo Éric SIMON

"Pomme de discorde", 2025 de Steve BANDOMA - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ANGALIA © Photo Éric SIMON

Enfin, dernière évolution en 2025, il passe au support toile sur lequel il applique non plus seulement de l’encre mais aussi de l’acrylique. La technique change, pas l’univers artistique. L’exposition présente des œuvres chaque période, les plus anciennes étant de 2012.

 

 

Et la politique dans tout cela ?

Voici un extrait d’une interview de Steve Bandoma au journal Le Monde, en marge de l’exposition Beauté Congo à la Fondation Cartier en 2015 : « un artiste est un politique d'une manière ou d'une autre. Les artistes ont un message à transmettre, une idéologie à défendre. » Quel est en effet l'intérêt d'un travail sur l'identité ou la disparition des cultures ancestrales, si ce n'est une invitation à réfléchir sur l’avenir, à un modèle de développement pour le Congo ?

 

 

Bandoma est fasciné par ce basculement de l'histoire de l'Afrique, lorsque le colonisateur a piétiné les cultures tribales tout en s'en appropriant les plus beaux symboles : l'art indigène. Non seulement il croit en une voie africaine pour le développement de l'Afrique, mais il pense que la culture doit y jouer un rôle pivot. Il est donc naturel qu’il souhaite jouer un rôle actif tant sur le plan artistique que politique, et dans le lien entre les deux.

 

"Colonized", 2012 de Steve BANDOMA - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ANGALIA © Photo Éric SIMON

"Colonized", 2012 de Steve BANDOMA - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ANGALIA © Photo Éric SIMON

"Mutant 2", 2025 de Steve BANDOMA - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ANGALIA © Photo Éric SIMON

"Mutant 2", 2025 de Steve BANDOMA - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ANGALIA © Photo Éric SIMON

Le titre de l’exposition est emprunté à l’un des tableaux exposés. C’est une scène de chaos où un Christ - mais peut-être est-ce un diable tient dans une main un drapeau israélien tandis que l’autre est armée d’un gant de boxe. C’est un instantané du monde de notre temps. De l’éternelle discorde des hommes naît une furia dans laquelle, tandis que les uns luttent pour leur survie, d’autres pensent accaparement. C’est en vérité un sujet éminemment congolais.

 

 

 

 

L’exposition montre les trois univers du travail de Steve Bandoma : le pouvoir, avec ses incarnations grotesques, dont un portrait caricaturé de Donald Trump qui nous apparaît terriblement familier ; l’hybridité, avec des personnages acculturés parce qu’irrésistiblement attirés par la culture dominante, ou dénaturés parce que frappés d’indigestion culturelle ; et le diptyque colonialisme – décolonisation. Sur ce dernier sujet s’ouvre le 20 mai au Mémorial de Caen une grande exposition intitulée (Dé)colonisations : des artistes africains interrogent l'Histoire. Il était tout naturel que Bandoma y participe. Son œuvre Emprise (2023) y sera exposée.

 

 

 

Galerie ANGALIA

10-12 rue des Coutures Saint Gervais

75003 Paris

 

 

 

https://galerie-angalia.com/fr/

 

 

 

 

Jours et horaires d’ouverture : du mardi au samedi de 11h à 19h.

 

 

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