Chaz GUEST « The Sugars at the Bottom »
"The Sugars at the Bottom", 2026 de Chaz GUEST - Courtesy de l'artiste et de la Galerie RX & SLAG © Photo Éric SIMON
Du 23 octobre au 21 novembre 2026
RX&SLAG a le plaisir de présenter The Sugars at the Bottom, la première exposition personnelle de l’artsite américain Chaz Guest, dans notre espace parisien.
The Sugars at the Bottom se déploie comme un journal visuel. À travers ce nouvel ensemble de peintures, Chaz Guest revient aux souvenirs qui l’ont façonné : son enfance à Niagara Falls, dans l’État de New York et ses années de formation dans les quartiers défavorisés de Philadelphie au cours des années 1970. Les églises résonnant de gospel, les rues du quartier, les réunions familiales, les moments intimes de tendresse et les rythmes de la vie quotidienne deviennent le socle d’un récit profondément personnel, qui dépasse largement le cadre de l’autobiographie.
"It Took Time", 2026 de Chaz GUEST - Courtesy de l'artiste et de la Galerie RX & SLAG © Photo Éric SIMON
Les peintures font revivre une génération que Chaz Guest estime essentiel de maintenir profondément ancrée dans notre mémoire collective. Elles rendent hommage à une communauté qui, malgré le racisme systémique, la ségrégation résidentielle et l’exclusion, a puisé sa force dans la foi, le gospel, la famille et un amour indéfectible.
Il ne s’agit pas de peintures sur l’oppression, mais sur ce qui lui a survécu. Elles célèbrent la résilience, la générosité, la dignité et la joie, s’érigeant ainsi en étendards de fierté, de survie et d’espoir.
L’exposition tire son titre d’une expression familière : « The sugars at the bottom ». À l’image du sucre qui se dépose, invisible, au fond d’une tasse, la douceur demeure présente même lorsqu’elle n’est pas immédiatement perceptible ; il suffit de la remuer pour la faire apparaître.
Pour Chaz Guest, cette expression devient une métaphore de l’optimisme, de la générosité et de la joie persistants qui ont permis aux familles et aux communautés de traverser les épreuves. Sous les difficultés subsistait une douceur irrépressible, que rien ne pouvait éteindre. Les peintures de Chaz Guest possèdent une autorité formelle silencieuse. Ses portraits relèvent d’un geste de réparation historique.
La gravité de la composition et la discipline picturale, associées à la tradition occidentale du portrait, orientent ce langage vers la subjectivité noire. Les figures ne jouent pas leur identité ; elles l’habitent simplement, avec assurance. Plutôt que de citer le passé, Chaz Guest en absorbe la grammaire de l’histoire de l’art et lui permet de s’exprimer dans une voix contemporaine, donnant naissance à des peintures à la fois intemporelles et profondément ancrées dans le présent.
"Sunday Seafood Boil", 2026 de Chaz GUEST - Courtesy de l'artiste et de la Galerie RX & SLAG © Photo Éric SIMON
La peinture elle-même devient un acte de mémoire. Chaz Guest construit chaque composition par couches successives d’huile et d’encre de Chine, laissant affleurer les lavis, les reprises et les traces de gestes antérieurs dans l’œuvre achevée. De larges coups de pinceau fluides côtoient des passages d’une grande précision, tandis que des palettes sobres aux tons terreux sont ponctuées de blancs lumineux, de rouges profonds et de subtiles touches d’or. Ses figures semblent émerger progressivement de la toile, suspendues entre mémoire et présence.
Plus que tout, ce sont les yeux qui ancrent chaque portrait. Silencieux, inébranlables et chargés d’une forte intensité psychologique, ils instaurent une rencontre immédiate avec le spectateur. Le récit cède la place à la présence ; le spectaculaire s’efface au profit de la dignité et de l’intériorité. Bien qu’ancrée dans la mémoire personnelle, The Sugars at the Bottom s’adresse à une expérience humaine universelle.
"Church Choir", 2026 de Chaz GUEST - Courtesy de l'artiste et de la Galerie RX & SLAG © Photo Éric SIMON
Tout au long de sa carrière, Chaz Guest a décrit la peinture comme une recherche « de la teinte de l’humanité ». Il souhaite que chaque spectateur, quelle que soit son origine, puisse reconnaître une part de sa propre histoire dans ses peintures, exprimant ainsi sa profonde conviction que nous appartenons, en définitive, à une seule et même race : la race humaine.
L’exposition entre également en dialogue, de manière subtile, avec l’histoire de l’art. L’une des premières peintures présentées, It Took Time, fait écho au Portrait de Madeleine de Marie-Guillemine Benoist, découvert par Chaz Guest au Louvre. Pendant plus de deux siècles, la femme représentée dans ce tableau fut simplement désignée sous le titre Portrait d’une femme noire, avant que des recherches récentes ne permettent de restituer son identité : Madeleine. Chaz Guest prolonge ce geste de réappropriation.
Plutôt que de revisiter le tableau sous la forme d’une citation ou d’un hommage, il imagine la vie que l’histoire n’a jamais consignée. Madeleine n’est plus simplement l’objet du regard d’un autre ; elle devient la protagoniste de sa propre histoire.
"Lace Cloth and Bubbles", 2026 de Chaz GUEST - Courtesy de l'artiste et de la Galerie RX & SLAG © Photo Éric SIMON
Dans le tableau qui lui fait pendant, A Loving Pause, Chaz Guest imagine l’homme qui écrit la lettre que Madeleine tient entre ses mains, transformant ainsi une figure historique anonyme en une femme aimée, attendue, gardée en mémoire et destinataire d’une lettre. Par ce geste discret mais radical, Chaz Guest ne restitue pas seulement une identité : il redonne également une intimité, un récit et une capacité d’agir sur le plan émotionnel à des vies longtemps absentes des archives historiques.
À travers ces deux peintures, l’histoire cède la place à l’imagination. Non pas comme une fiction, mais comme un acte de reconnaissance humaine. Chaz Guest nous rappelle que derrière chaque image célébrée se trouve une vie qui n’a pas été écrite, riche d’affection, de désir, de mémoire et d’espoir. La peinture devient alors plus qu’une représentation : elle devient un acte de réparation historique, affirmant que la dignité ne réside pas seulement dans le fait d’être vu, mais aussi dans celui d’être imaginé comme pleinement humain.
"Chinney town girl", 2026 de Chaz GUEST - Courtesy de l'artiste et de la Galerie RX & SLAG © Photo Éric SIMON
Après la présentation de Chaz Guest à l’Armory Show de New York et parallèlement à une présentation muséale au Musée Eric Jacquet, The Sugars at the Bottom marque une nouvelle étape importante dans la carrière de l’artiste. Réunissant des œuvres réalisées lors de sa résidence à la Cité internationale des arts à Paris, des peintures présentées pour la première fois à la Fondation Florence, ainsi qu’un nouveau cycle ambitieux créé spécialement pour cette exposition, le projet propose une réflexion profonde sur la mémoire, l’histoire et la capacité durable de la peinture à relier l’expérience individuelle à une histoire humaine plus vaste.
À une époque de plus en plus dominée par la vitesse et le spectaculaire, les peintures de Chaz Guest demandent au spectateur quelque chose de plus rare : ralentir, regarder et entrer en relation avec une autre présence humaine, avec patience, empathie et ouverture.
Galerie RX & SLAG
16 rue des Quatre Fils
75003 Paris
https://galerierx.com
Jours et Horaires d’ouverture: du mardi au vendredi de 10h à 13h et de 14h à 18h, et le samedi de 10h à 18h.
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