Wolfgang GÄFGEN « Ombre »
"Schatten", 1995-1998 de Wolfgang GÄFGEN - Courtesy des ayants droit et de la Galerie Éric DUPONT © Photo Éric SIMON
Du 26 mars au 16 mai 2026
« Le regard, le dessin et le sentiment d’avoir passé une frontière »
Voilà un peu plus de deux ans que Wolfgang Gäfgen nous a quittés. Un des dessinateurs les plus remarquables, à la charnière du siècle. Il fut aussi l’auteur d’une passionnante œuvre photographique. Amoureux fou de Paris, il y vécut de longues années. Dans la deuxième partie de sa vie, il s’installa à Esslingen, près de Stuttgart, où il fut titulaire de la chaire de dessin à la Kunstakademie.
"Schatten", 1995-1998 de Wolfgang GÄFGEN - Courtesy des ayants droit et de la Galerie Éric DUPONT © Photo Éric SIMON
"Schatten", 1995-1998 de Wolfgang GÄFGEN - Courtesy des ayants droit et de la Galerie Éric DUPONT © Photo Éric SIMON
"Schatten", 1995-1998 de Wolfgang GÄFGEN - Courtesy des ayants droit et de la Galerie Éric DUPONT © Photo Éric SIMON
Son travaille fut accueillie avec succès à Paris dès la fin des années 60 par des amateurs d’art comme Jacques Kerchache, il fut l’objet de nombreuses expositions, notamment dans l’une des galeries majeures de l’époque, « Karl Flinker ».
Ses œuvres sont présentent, entre autres, au MoMA (New York), au MNAM – Centre Pompidou, au NMWA (Tokyo), à la Hamburger Kunsthalle, à la Straatsgalerie (Stuttgart), au Kunstmuseum Staatsgalerie (Reutlingen), à la BnF (Paris), à la Fondation Maeght, ainsi qu’en France dans divers musées, FRAC et artothèques.
"Schatten", 1995-1998 de Wolfgang GÄFGEN - Courtesy des ayants droit et de la Galerie Éric DUPONT © Photo Éric SIMON
"Schatten", 1995-1998 de Wolfgang GÄFGEN - Courtesy des ayants droit et de la Galerie Éric DUPONT © Photo Éric SIMON
À son sujet, André Fermigier, essayiste, chroniqueur au journal « Le Monde », figure marquante de la critique des années 1960-1970, propose une analyse éclairante de la poétique de l’œuvre en comparant deux expositions de Francis Bacon et Wolfgang Gäfgen.
En substance, il met en lumière, chez les deux créateurs, une vision interrogative, intense et inquiète du réel. Pour lui, chez Francis Bacon, la matière et le corps nous font face à travers distorsions et souffrances ; chez Wolfgang Gäfgen, au contraire, le corps est bien là mais n’est jamais montré en son entier, « absent-présent ». Il n’y a aucune évidence, tout est inatteignable, dissimulé par les draps, la terre remuée ou les tissus. André Fermigier écrit qu’il y a, chez les deux, une énigme habitée de violence et de mort. Si la signification est « claire » pour le peintre anglais, il y a chez l’Allemand un dessin révélateur « parce qu’il recouvre on ne sait quoi d’affreux ».
Au cours des années, l’œuvre de Gäfgen a beaucoup évolué, mais a toujours maintenu l’artiste dans cette question, présente aussi chez des artistes qu’il aimait, Gasiorowski, Aillaud ou Pommereulle : « Comment se manifeste le réel ?
Comment se tenir en son cœur signifiant... celui du corps… et du mouvement des choses ?
De quoi s’agit-il et que peut l’art pour nous permettre de l’entrevoir ? » Cette quête est l’histoire, le verbatim graphique de la création de Wolfgang Gäfgen.
"Schatten", 1995-1998 de Wolfgang GÄFGEN - Courtesy des ayants droit et de la Galerie Éric DUPONT © Photo Éric SIMON
"Sans titre" et "Sans titre", 2004-2005 de Wolfgang GÄFGEN - Courtesy des ayants droit et de la Galerie Éric DUPONT © Photo Éric SIMON
Elle fut exposée notamment à la Documenta 6, à la Kunsthalle de Nuremberg, au MAM de Paris, au Boijmans Van Beuningen (Rotterdam), etc. Il fut le « compagnon » de textes de poètes comme Olivier Kaeppelin (« Si je brûle la maison ») et Alain Veinstein (« Répétition sur les amas »). Il a collaboré avec des écrivains et des critiques d’art : Pierre Léonard, Amette Michelson, Jacques Henric, Philippe Cyrulnik, Clemens Ottnad, Christian Gager, Michel Poivert… avec des collectionneurs comme Daniel Cordier, Mr et Mme Paul Destribats, Bernard Massini. Proche des galeries Karl Flinker, Baudoin Lebon, il a également été exposé, entre autres, par Meyer-Ellinger, Heike Kurtz, Richard Di Marco, ainsi que Loewe and Co…
Eric Dupont expose aujourd’hui un choix de dessins, principalement les travaux de papiers découpés, «Schatten » (ombre), où Wolfgang Gäfgen met en jeu ses « couleurs » préférées, le blanc et le noir, et les théâtres de lumière entre elles.
Galerie Éric DUPONT
138, rue du Temple
75003 Paris
Horaires et jours d'ouverture du mardi au samedi de 11h à 19h.
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