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L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS ET DES FOIRES INTERNATIONALES D'ART CONTEMPORAIN À PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE. EXHIBITION IN PARIS

01 Oct

Johan CRETEN « Les Chiens de PAVLOV »

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Expo Sculpture Contemporaine

Détail "Miami Eagle / Le Con-dort", 2002 - 2026 de Johan CRETEN  - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

Détail "Miami Eagle / Le Con-dort", 2002 - 2026 de Johan CRETEN - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

Du 5 septembre au 10 octobre 2026

 

 

 

 

Perrotin a le plaisir de présenter Les Chiens de Pavlov, la onzième exposition personnelle de l’artiste belge Johan Creten avec la galerie et sa sixième à Perrotin Paris.

À la fois profondément personnelle et remarquablement ,universelle, l’exposition se déploie comme un voyage immersif à travers l’archéologie technologique, l’allégorie politique et l’imagination mythologique — révélant comment les rêves d’hier continuent de façonner les réalités d’aujourd’hui.

 

"Installation pour l'exposition "Les Chiens de Pavlov"  2026 de Johan CRETEN  - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Installation pour l'exposition "Les Chiens de Pavlov" 2026 de Johan CRETEN - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Bolders - Seven Virtues (English version)", 2025 - 2026 de Johan CRETEN  - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Bolders - Seven Virtues (English version)", 2025 - 2026 de Johan CRETEN - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

Le père de Johan Creten avait une obsession bien particulière. Fasciné par les technologies émergentes des années 1980, il a amassé pendant plus de quarante ans une immense collection d’anciens ordinateurs, qui, se souvient l’artiste, « n’occupaient pas seulement les espaces de stockage qui leur étaient dédiés, mais tous les endroits disponibles : juchés sur des meubles, cachés derrière des rideaux, empilés les uns sur les autres avec une densité presque archéologique ».

 

 

 

Après le décès de son père il y a trois ans, la famille de Johan Creten a hérité de ces machines et en a fait un grand mur, présenté au centre de cette exposition. Il s’agit là d’un geste très intime, un acte de deuil montré au public – mais l’héritage n’est pas constitué des ordinateurs eux- mêmes, bien plutôt de cette pulsion de questionnement des choses.

Cette notion d’obsession est au cœur de l’exposition, comme de tout le travail artistique de Johan Creten.

 

 

"Pavilion for Fame and Fortune",  2025 - 2026 de Johan CRETEN  - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Pavilion for Fame and Fortune", 2025 - 2026 de Johan CRETEN - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Dessin 23", 1988 et "Les Ondes",  2026 de Johan CRETEN  - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Dessin 23", 1988 et "Les Ondes", 2026 de Johan CRETEN - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

À peu près au moment où son père a commencé sa collection personnelle, Johan Creten a construit son propre vocabulaire artistique, qu’il a sans cesse continué d’enrichir, de revisiter et de transformer depuis.

 

 

Les fleurs prennent la forme de corps féminins, d’anciens mythes se font commentaires du présent, les mots jouent ensemble, tandis que des œuvres familières comme Miami Eagle / Le Con-dort (2002-2026), une sculpture en bronze d’abord conçue en grès émaillé en Floride il y a 24 ans, réapparaissent dans d’autres contextes.

 

 

"Petite Flamme – La Force du destin",  2026 et "À l’origine des choses",  2026 de Johan CRETEN  - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Petite Flamme – La Force du destin", 2026 et "À l’origine des choses", 2026 de Johan CRETEN - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"The Red Cross",  2026 de Johan CRETEN  - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"The Red Cross", 2026 de Johan CRETEN - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

Umberto Eco observait dans L’œuvre ouverte (1962) : « ce que nous trouvons dans l’art est moins l’expression de nouveaux concepts scientifiques que la négation d’anciennes suppositions ». Johan Creten fait écho à cette idée, en questionnant sans cesse sa propre pratique, et refuse la facilité avec une constance remarquable. Tout en produisant de nouvelles œuvres, revenir à des œuvres plus anciennes peut sembler moins exigeant. Cela signifie pourtant les exposer encore et encore à la réévaluation, au risque de se répéter, d’être redondant, ou même de se dévaluer.

 

 

Le conditionnement pavlovien dépend de réflexes automatiques et non réfléchis à des stimuli familiers, qui viennent renforcer des schémas de comportement répétitifs et prédéterminés. Ce mécanisme a été identifié à la fin du XIXe siècle au cours d’une expérience très simple : Ivan Petrovich Pavlov, médecin russe, sonnait toujours une cloche avant de nourrir ses chiens. Les chiens ont fini par saliver au simple son de la cloche, qu’on leur serve à manger ou non.

 

 

Au contraire, chacune des reconfigurations des œuvres de Johan Creten agit comme un nouveau stimulus, fait évoluer la dynamique entre elles, ce qui génère une multitude d’interprétations toujours renouvelées. Comme nous le rappelle encore une fois Umberto Eco, « une œuvre d’art est un champ de possibilités ouvertes »

 

"Odore di Femmina - Russian Yolk",  2025 de Johan CRETEN  - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Odore di Femmina - Russian Yolk", 2025 de Johan CRETEN - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Odore di Femmina - Golden Rain",  2025 de Johan CRETEN  - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Odore di Femmina - Golden Rain", 2025 de Johan CRETEN - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

En se mettant lui-même au défi, Johan Creten donne un enjeu au spectateur. Comme dans nombre de ses expositions, des assises – dédiées ici aux sept vertus – apparaissent dans les pièces. L’artiste crée les conditions de la contemplation, ce qui constitue en soi un geste d’une grande générosité. Cette invitation à ralentir va pourtant bien au-delà de la simple adoption d’une nouvelle perspective ou de la création d’un moment d’échange avec l’autre.

 

 

 

Prendre position, ce n’est pas seulement occuper une place dans la galerie délimitée par les rochers en céramique : les vertus ne s’acquièrent pas simplement en s’asseyant sur un siège qui leur est dédié. Il ne suffit pas non plus d’observer des œuvres évoquant l’avidité, la corruption, le pouvoir, le destin ou la malchance depuis la sécurité (présumée) offerte par la distance esthétique, en s’en croyant préservé. L’artiste nous demande de reconnaître le pouvoir de l’autre, mais nous pousse aussi à admettre notre propre vulnérabilité.

 

"Odore di Femmina - The turning of the tide",  2025 de Johan CRETEN  - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Odore di Femmina - The turning of the tide", 2025 de Johan CRETEN - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"5 little Seahorses (brown version)"  2026 de Johan CRETEN  - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"5 little Seahorses (brown version)" 2026 de Johan CRETEN - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

La dernière pièce présente un groupe d’œuvres abstraites, qui créent une atmosphère très éloignée des souvenirs personnels et de la turbulence du monde contemporain. Le divin et le spirituel peuvent sembler nous offrir un peu de répit, mais même lorsqu’ils s’accompagnent de l’espoir d’un avenir meilleur, ce n’est pas sans interrogation.

 

 

La leçon la plus importante que nous transmet le sculpteur est de nous méfier des réactions automatiques. Et heureusement, car l’obéissance aveugle, quelles que soient la noblesse ou la gloire de l’autorité à laquelle elle se rapporte, reste l’un des plus grands dangers de notre monde.

 

"New Glory - Time and time again - Le Sablier",  2024 - 2025; "What is but cannot be beheld - Red over blue et Red over gold"  2025 - 2026 de Johan CRETEN  - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"New Glory - Time and time again - Le Sablier", 2024 - 2025; "What is but cannot be beheld - Red over blue et Red over gold" 2025 - 2026 de Johan CRETEN - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"New Glory - Time is a Spiral Snail ", 2024 - 2025 de Johan CRETEN  - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"New Glory - Time is a Spiral Snail ", 2024 - 2025 de Johan CRETEN - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

Des références directes au monde politique, comme le titre de l’œuvre précédemment mentionnée, Miami Eagle / Le Con-dort (2002-2026), dans laquelle le symbole de la force et de l’indépendance des États-Unis prend un deuxième sens beaucoup moins flatteur en français, ont toujours fait partie de la pratique de Johan Creten. C’est cependant grâce à son indéfectible résistance aux idées préconçues, à l’acceptation passive, mais plus généralement aux modes d’existence jamais remis en question, que son œuvre prend sa véritable dimension politique.

 

 

L’artiste refuse les discours partiaux et les réponses catégoriques. En introduisant des doubles sens, il offre cette possibilité de résistance au spectateur : une fois que l’on remarque ces différents niveaux, on apprend à vérifier les idées reçues que l’on porte en soi. Nous ne sommes plus comme les chiens de Pavlov.

 

 

En déconstruisant des notions linéaires du temps et en mélangeant œuvres anciennes et nouvelles, Johan Creten présente un processus continuel de retour et de transformation plutôt que de marche en avant. L’histoire a peut-être tendance à se répéter, mais l’avenir nous reste pour toujours inconnu : il n’existe pas de fin définitive. S’il n’y a pas de fin, il n’y a pas de mort. Même dans le dessin-collage intitulé Dessin 23 (1988), où apparaît un crâne, symbole suprême de la mortalité, celui-ci semble animé d’une énergie vitale et créatrice. Tant que nous sommes en vie, nous avons la possibilité de réessayer, différemment.

 

 

Marzena Jarczak, critique d'art

 

Galerie PERROTIN

76 rue de Turenne

75003 Paris

France

 

 

 

 

https://www.perrotin.com/

 

 

 

 

 

Jours et horaires d’ouverture : du mardi au samedi de 11h à 19h.

 

 

 

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