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L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS ET DES FOIRES INTERNATIONALES D'ART CONTEMPORAIN À PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE. EXHIBITION IN PARIS

25 Sep

LEE KANG SO « Dwelling in Mist and Glow »

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Expo Solo Show, #Expo Peinture Contemporaine, #Expo Photographie Contemporaine

"Untitled-88011", 1988 de LEE KANG SO - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Untitled-88011", 1988 de LEE KANG SO - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

 

Du 12 septembre au 11 octobre 2025

 

 

 

 

"Je suis prêt à chercher ma voie dans des situations qui puisent leur origine dans les sentiments."

- Lee Kang So

 

 

 

À l’occasion du 50e anniversaire de la performance qui a propulsé l’artiste coréen Lee Kang So vers une renommée internationale lors de la 9e Biennale de Paris en 1975, l’œuvre est de retour dans la capitale française pour la première fois dans une exposition à Thaddaeus Ropac Paris Marais.

 

 

 La performance d’avant-garde dans laquelle Lee Kang So présente un poulet vivant comme artiste, sera accompagnée d’œuvres en toile de chanvre réalisées la même année, ainsi que des œuvres photographiques, vidéo et sculpturales qui retracent l’ensemble de sa pratique au cours des années 1970. Une sélection de peintures témoignant de l’évolution de l’art de Lee Kang So dans les décennies qui ont suivi cette période décisive sera également exposée.

 

"Untitled-75031", 1975 (reproduced in 2016 de LEE KANG SO - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Untitled-75031", 1975 (reproduced in 2016 de LEE KANG SO - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

Dans les années 1970, à travers des performances et des installations avant-gardistes, Lee Kang So a développé une pratique expérimentale qui a profondément marqué l’évolution de l’art contemporain en Corée. Sa réputation internationale a été cimentée à la Biennale de Paris de 1975 avec la présentation de Untitled-75031 au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris – une œuvre qu’il a co-réalisée avec un poulet emprunté qui, attaché à une mangeoire en bois entourée de craie en poudre, a exploré la zone autorisée par son attache en laissant des empreintes crayeuses sur le sol. En l’honneur du 50e anniversaire de l’œuvre, celle-ci sera exécutée à nouveau dans la galerie de Paris Marais, le poulet laissant ses traces poudreuses le 12 septembre 2025 lors du vernissage de l’exposition.

 

 

 

L’œuvre finale, qui sera présentée jusqu’à la fin de l’exposition, comprend ces traces concentriques poussiéreuses de la présence du poulet sans l’animal lui-même. Figure de proue du mouvement de l’art processuel qui est apparu en Corée dans les années 1970, Lee Kang So transcende sa propre autonomie artistique pour exprimer l’immatériel – la présence et l’absence, le temps et l’éphémère – une exploration qui est également mise en évidence par l’exposition de photographies historiques de Untitled-75031, qui accompagnent chaque réinstallation de l’œuvre. Lorsque les visiteurs découvrent l’œuvre, seules les traces matérielles et photographiques de sa création demeurent, formant ainsi une invitation à imaginer comment elle a vu le jour.

 

 

Comme le dit l’artiste : « Je pense que le monde est ainsi, façonné davantage par ce qui est absent que par ce qui est visible. »

 

La recontextualisation de la documentation de performances passées en tant qu’œuvres d’art à part entière est au cœur de la méditation de Lee Kang So sur l’éphémérité et la transformation. L’exposition présente plusieurs autres exemples d’installations et de performances expérimentales de l’artiste datant des années 1970 à travers des documents et des objets sculpturaux qui deviennent des reliques des événements originaux.

 

 

 

Parmi ceux-ci, un groupe de photographies en noir et blanc témoigne du déroulement de la performance Painting (Event 77-2) de 1977, au cours de laquelle Lee Kang So peint son propre corps nu avant de s’essuyer avec une toile : un geste que l’artiste rapproche des Anthropométries d’Yves Klein. Le tissu original devient un objet sculptural statique sur le sol de la galerie, formant une réflexion sur l’incarnation de l’expérience et de l’existence : « un portrait tactile », selon les termes de l’artiste.

 

 

Painting 78-1 (1977), la première incursion de Lee Kang So dans l’art vidéo, examine également l’acte de peindre.

 

"Serenity-16181", 2016 de LEE KANG SO - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Serenity-16181", 2016 de LEE KANG SO - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

L’artiste a placé une plaque de verre devant une caméra et s’est filmé en train de la peindre, inversant la relation typique entre le spectateur et l’œuvre d’art en nous permettant d’observer l’acte de peindre depuis l’arrière d’une toile imaginaire, le corps de l’artiste disparaissant progressivement derrière les coups de pinceau. La notion de la disparition est explorée dans plusieurs œuvres présentées dans l’exposition, notamment dans la photographie de son installation Disappearance de 1973.

 

 

 

Lee Kang So a acheté le mobilier d’un bar local et l’a transplanté dans son intégralité dans la Myongdong Gallery à Séoul, où il a invité les visiteurs à habiter ses volumes déracinés qui, portant les tâches et les cicatrices d’une existence passée, soulèvent des questions sur la manière dont nous nous rapportons aux objets et sur la façon dont ceux-ci peuvent être porteurs de sens.

 

 

 

 

Au cours des années 1970, Lee Kang So a non seulement développé une pratique novatrice en dehors de la toile, mais a également interrogé les pratiques mêmes de la peinture en explorant sa composante fondamentale, son tissu même, comme en attestent les deux œuvres en chanvre de 1975 présentées dans l’exposition, qui ont été créées à Paris alors que l’artiste se préparait pour la Biennale. Influencé par le mouvement Supports/Surfaces dont il a été témoin pendant son séjour en France et qui se caractérisait par une réflexion sur les éléments formels de la peinture, ses expériences picturales étaient ancrées dans sa dissection matérielle de la toile elle-même. « Si j’allais poursuivre un nouveau format de peinture plate », explique l’artiste, « je devais d’abord examiner la structure de la surface plate ».

 

"Disappearance", 1973 (printed in 2018) de LEE KANG SO - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Disappearance", 1973 (printed in 2018) de LEE KANG SO - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

Ainsi, ces œuvres innovantes sont réalisées en tirant des fils du chanvre tissé – un support traditionnel utilisé dans l’art coréen traditionnel – pour créer des zones de tension et d’ouverture, de froncement et de cavité. Comme l’explique Lee Kang So : « J’ai réalisé que la toile elle-même avait un potentiel en tant qu’œuvre d’art »

 

 

 

À partir des années 1980, Lee Kang So s’est tourné vers la peinture au sens plus conventionnel du terme, commençant à explorer le paysage à travers des leitmotivs tels que les cerfs et les bateaux, articulés par des coups de pinceau épars. Ces peintures, inspirées par les observations de l’artiste du monde naturel qui l’entoure, incarnent son désir de travailler avec des gestes ancrés dans la mémoire et l’expérience. Au cours des années 1990 et au début du xxie siècle, ces motifs se sont progressivement dissolus – leur impulsivité stylistique et leur réduction formelle, qui rappellent de plus en plus les traits calligraphiques de la peinture lettrée, trahissant la sensibilité croissante de l’artiste aux forces ineffables de la nature. Le titre de l’exposition est tiré d’un poème coréen classique écrit par Yi Hwang, un célèbre érudit confucéen du XVIe siècle. Composé lors d’une retraite à la montagne de Andong, le poème reflète l’engagement profond de Yi Hwang avec la nature : « Habiter dans la brume et la lueur / Se lier d’amitié avec le vent et la lune ».

 

 

 

Lee Kang So résonne particulièrement avec le sentiment d’unité du poète avec la nature, qui fait écho à sa propre conception de l’art comme un acte d’accord avec l’environnement et ses rythmes fluctuants, plutôt que comme l’expression de la subjectivité de l’artiste.

 

 

 

 

"Painting (Event 77-2)", 1977 de LEE KANG SO - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Painting (Event 77-2)", 1977 de LEE KANG SO - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

L’unité des œuvres présentées réside dans leur incarnation des « interrogations essentielles et fondamentales sur l’orientation de l’homme dans l’univers », comme l’a exprimé Lóránd Hegyi, commissaire de l’exposition de Lee Kang So au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne Métropole en 2016. Décrivant son travail à la Biennale de Paris de 1975, l’artiste lui-même a écrit : « Plutôt que de représenter des images selon notre méthode conventionnelle, qui échappe à la relation sujet-objet, je cherche à présenter une structure ouverte qui révèle l’ordre et les relations normalement invisibles au sein de l’univers, en rendant ces états invisibles naturellement visibles ». Que ce soit par le retrait de la main du créateur dans ses performances ou par le sentiment que ses peintures sont progressivement récupérées par l’intangible, Lee Kang So remet en question l’autorité artistique et même l’idée d’une réalité objective, faisant de l’art un espace de résonance pour les possibilités perceptives des spectateurs. « En s’effaçant lui-même dans ses œuvres, » écrit Lee Soo

 

 

Yon, conservateur au Musée national d’art moderne et contemporain de Corée (MMCA), « il invite le public à compléter l’œuvre. »

 

 

L’exposition à Thaddaeus Ropac Paris Marais coïncide avec la seconde partie de la rétrospective majeure de l’artiste, qui sera inaugurée au Daegu Art Museum le 22 ,septembre 2025. La première partie de la rétrospective a eu lieu au Musée national d’art moderne et contemporain de Corée à Séoul en 2024.

"Untitled-90207", 1991 de LEE KANG SO - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Untitled-90207", 1991 de LEE KANG SO - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

Lee Kang So vit et travaille à Anseong (dans la province de Gyeonggi, en Corée). Diplômé du département de peinture de l’université nationale de Séoul en 1965, il a participé à un certain nombre d’initiatives artistiques d’avant-garde au cours des décennies suivantes. En 1970, il devient l’un des membres fondateurs du collectif d’artistes Shincheje (Le nouveau système), qui s’oppose de manière provocante au cercle artistique dominant à Séoul.

 

 

En 1974, il joue un rôle clé dans la création du festival d’art contemporain de Daegu et encourage les pratiques artistiques régionales en dehors des centres urbains du pays. De 1985 à 1986, il est artiste invité à l’université d’État de New York à Albany, tout en travaillant comme professeur à l’université nationale de Gyeongsang, à Jinju. Il participe ensuite au MoMA PS1 Studio Artists Program de 1991 à 1992.

 

 

Ces rencontres internationales témoignent de la grande portée de l’œuvre de Lee Kang So dès les premières décennies de sa carrière, alors qu’il formulait une pratique idiosyncrasique qui s’est développée parallèlement à l’héritage d’autres mouvements d’avant-garde, notamment le Mono-ha au Japon, l’art expérimental coréen, le minimalisme aux États-Unis et l’Arte Povera en Italie.

 

 

 

Galerie Thaddaeus ROPAC

7 rue Debelleyme

 75003 Paris

 

 

 

https://ropac.net

 

 

 

Jours et horaires d’ouverture : du mardi au samedi de 10h à 19h.

 

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