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L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS ET DES FOIRES INTERNATIONALES D'ART CONTEMPORAIN À PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE. EXHIBITION IN PARIS

15 May

Adrian GHENIE « ROMAN CAMPAGNA - New Paintings and Drawings »

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Expo Peinture Contemporaine

Détail "Italian Landscape with Ruin", 2026 de Adrian GHENIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

Détail "Italian Landscape with Ruin", 2026 de Adrian GHENIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

Du 18 avril au 30 mai 2026

 

 

 

D’une part, je travaille sur une image dans une veine presque classique : composition, figuration, utilisation de la lumière. D’autre part, je n’hésite pas à recourir à toutes sortes d’idiomes, tels que le principe surréaliste de l’association ou les expériences abstraites qui mettent en avant la texture et la surface.

— Adrian Ghenie

 

 

 

Thaddaeus Ropac Paris Marais présente ROMAN CAMPAGNA, une exposition de nouvelles peintures et de dessins au fusain d’Adrian Ghenie. Créées dans son atelier à Rome suite à son installation récente en Italie, ces œuvres marquent un tournant décisif dans la pratique de l’artiste, qui puise dans la tradition de la peinture de paysage tant comme sujet que comme forme.

 

Ghenie réinvente ce genre de l’intérieur, intégrant des références de l’histoire de l’art dans son langage pictural distinctif pour créer des œuvres oscillant entre idéalisme pastoral et malaise contemporain.

 

"Octopus Fighting a Lobster (After a Roman MOSSIC)", 2026 de Adrian GHENIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Octopus Fighting a Lobster (After a Roman MOSSIC)", 2026 de Adrian GHENIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Italian Landscape with Ruin", 2026 de Adrian GHENIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Italian Landscape with Ruin", 2026 de Adrian GHENIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

Dans ses nouvelles peintures à l’huile, Ghenie dépeint des figures tourbillonnantes sur les pavés d’un tronçon bien préservé de la Voie Appienne, où il habite désormais. Comptant parmi les plus anciennes et les plus importantes routes romaines, la Voie Appienne traverse un paysage intégral au développement de la peinture européenne.

 

 

 

Ghenie cite Nicolas Poussin et Claude Lorrain, dont les représentations atmosphériques de la région ont contribué à établir la peinture de paysage comme un genre autonome. En retraçant cette lignée, Ghenie explore l’idée du « paysage inventé » et la tradition du capriccio, dans laquelle des éléments réels et imaginaires sont réunis pour créer des scènes à la fois composées et mnémoniques.

 

 

"The Sunrise", 2026 de Adrian GHENIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"The Sunrise", 2026 de Adrian GHENIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Self-Portrait with Paintbrush", 2026 de Adrian GHENIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Self-Portrait with Paintbrush", 2026 de Adrian GHENIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

À l’aide de procédés familiers – vastes panoramas, re- poussoirs – il construit des paysages qui sont, selon ses propres termes, « reconnaissables, mais non descriptifs » : des images qui évoquent une mémoire visuelle collective, façonnée par l’histoire de l’art, et pourtant subtilement décomposée par son langage pictural déconstruit. « Travaillant », comme l’observe l’historien de l’art James Hall, « dans cette tradition de la peinture sublime européenne visionnaire », Ghenie reconfigure des fragments du monde visible en œuvres qui sont à la fois riches d’histoire de l’art et chargées d’intensité psychologique.

 

 

 

Dans les œuvres exposées, une tension déterminante émerge de la rencontre entre des arrière-plans ponctués de ruines antiques et des figures contemporaines équipées de baskets, de sacs à dos, de parapluies ou de bâtons de randonnée. Ces détails lucides et rendus avec précision servent d’« ancrages », explique Ghenie, qui relient les scènes turbulentes et abstraites au présent. Comme le dit l’artiste : « Il faut voir la réalité, la traiter, et trouver un ensemble de symboles qui évoquent cette réalité pour vous. »

 

 

 

Dans The Shepherds of Arcadia (2026), il ré- imagine l’œuvre éponyme de Poussin, Les bergers d’Arcadie (1637–8). Dans la version de Ghenie, au lieu de contempler une tombe, le passant – dont les jambes de bouffon rappellent celles de L’acteur de Picasso (1904–5) – s’arrête pour uriner à côté des ruines. Pour l’artiste, l’humour est un moyen d’explorer la friction entre l’Antiquité et la vie moderne.

Cette approche, à la fois irrévérencieuse et troublante, s’inspire de la série Roma de Philip Guston, peinte dans la même région en 1970–1 : une référence-clé dont la palette rose singulière est reflétée dans l’œuvre Roman Campagna 2 (2026) de Ghenie.

 

"The Shepherds of Arcadia", 2026 de Adrian GHENIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"The Shepherds of Arcadia", 2026 de Adrian GHENIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Roman Campagna 2", 2026 de Adrian GHENIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Roman Campagna 2", 2026 de Adrian GHENIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

Tout en s’inscrivant dans la tradition du paysage, plusieurs de ces peintures incorporent des éléments d’ateliers encombrés qui rappellent les architectures illogiques de Giorgio de Chirico. Dans Studio Scene with the Tomb of Seneca (2026), les pavés se heurtent au plancher à un seuil ambigu, perturbant les distinctions entre paysage extérieur et reflet intérieur. Le paysage et l’atelier deviennent indissociables, liant l’acte de peindre à son sujet. Au premier étage de la galerie, un ensemble de dessins au fusain de grand format offre un aperçu du processus de Ghenie.

 

 

 

Il assemble des fragments de magazines et de photographies en collages, qu’il transpose au fusain puis finalement en peinture. Privilégiant le fusain pour sa réactivité, il construit ses dessins par des effacements et des retouches incessants, tandis que la structure en blocs des collages reste visible dans les plans de couleur qui caractérisent ses peintures.

 

 

 

Certaines œuvres représentent l’artiste lui-même tenant un pinceau, soulignant davantage la nature réflexive de ce corpus. Bien qu’il ne s’agisse pas toujours d’autoportraits, toutes les figures sont dérivées de la silhouette de l’artiste, qu’il décompose et recompose. Comme il l’explique : « Une fois que l’on s’affranchit des contraintes traditionnelles de l’anatomie, la manière dont on déforme peut devenir un portrait du caractère ou de la psyché intérieure. »

 

 

"Study for "The Roman Road", 2026 de Adrian GHENIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Study for "The Roman Road", 2026 de Adrian GHENIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

L’engagement de Ghenie envers l’histoire de l’art se déploie comme un dialogue imaginaire, marqué par l’admiration, la rivalité et « une envie de répondre ». Dans ses représentations de corps – à la fois agités et maîtrisés –, on retrouve les visages masqués de James Ensor ainsi que les coups de pinceau fibreux et le traitement charnel des carcasses de Chaïm Soutine. Son rapport au paysage lui-même est empreint à la fois d’attirance et de résistance.

 

 

La lumière particulière de la campagne romaine imprègne cet ensemble d’œuvres, introduisant une nouvelle palette de verts d’olive et de bleus atmosphériques argentés, tout comme les pins parasol sculpturaux et les nuages boursouflés, alors même que l’artiste oppose une résistance picturale à cette beauté « insupportable ».

 

 

 

Des formes distordues, des couleurs meurtries et des ombres tourmentées viennent perturber l’harmonie classique des œuvres, suggérant un passé enfoui sous le tumulte du présent. Selon les propres termes de l’artiste, ces œuvres ne se contentent pas de dialoguer avec l’histoire de la peinture, mais s’attachent à « peindre la texture de l’histoire » : « C’est le rôle de la peinture – peindre non pas une image, mais la texture d’une époque. »

Study for "Roman Campagna 1", 2026 de Adrian GHENIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

Study for "Roman Campagna 1", 2026 de Adrian GHENIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Studio Scene with Roman Statue", 2026 de Adrian GHENIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Studio Scene with Roman Statue", 2026 de Adrian GHENIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Thaddaeus ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

Né en 1977 à Baia Mare, en Roumanie, Ghenie vit et travaille à Rome et à Berlin. Il a été choisi pour représenter la Roumanie à la 56e Biennale de Venise en 2015. En 2022, deux peintures in situ de l’artiste ont été installées de manière permanente dans le cadre historique de la Chiesa della Madonna della Mazza, à Palerme, dans le cadre d’un projet indépendant organisé sous le commissariat d’Alessandra Borghese.

 

 

Parallèlement à sa pratique picturale, l’artiste a créé plusieurs installations conçues comme une « pièce dans une pièce » : The Dada Room (2010), qui fait désormais partie de la collection permanente du S.M.A.K. à Gand, et The Darwin Room (2013–14), qui appartient à la collection du Centre Pompidou à Paris. Des expositions personnelles de son œuvre ont eu lieu au Musée Albertina, à Vienne (2024) ; au Kupferstich-Kabinett, à Dresde (2024) ; au Musée de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg (2019) ; au Palazzo Cini, à Venise (2019) ; à la Villa Médicis, à Rome (2017) ; au CAC de Malaga, en Espagne (2014) ; au Museum of Contemporary Art de Denver (2012) ; au Stedelijk Museum voor Actuele Kunst de Gand (2010) ; et au Musée national d’art contemporain de Bucarest (2009).

 

 

Galerie Thaddaeus ROPAC

7 rue Debelleyme

 75003 Paris

 

 

 

 

https://ropac.net

 

 

 

Jours et horaires d’ouverture : du mardi au samedi de 10h à 19h.

 

 

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