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L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS ET DES FOIRES INTERNATIONALES D'ART CONTEMPORAIN À PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE. EXHIBITION IN PARIS

11 May

Rose WYLIE « Henri, Egypt...Bette, Bear »

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Expo Peinture Contemporaine, #Expo Dessin Contemporain

Détail "Black Skeleton", 2025 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

Détail "Black Skeleton", 2025 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

Du 2 avril au 23 mai 2026

 

 

 

 

David Zwirner a le plaisir d’accueillir dans sa galerie parisienne Henri, Egypt…Bette, Bear, une sélection d’œuvres inédites ou récentes – tableaux, polyptyques et œuvres sur papier – de Rose Wylie. Huitième collaboration de l’artiste britannique avec David Zwirner, Henri, Egypt…Bette, Bear est sa première exposition personnelle à Paris. Elle s’inaugure alors que Londres accueille la plus grande rétrospective de son travail à ce jour, présentée jusqu’au 19 avril 2026 à la Royal Academy of Arts.

 

"Ballet Backdrop", 2024 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

"Ballet Backdrop", 2024 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

"Hullo Hullo, Black Ink", 2017 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

"Hullo Hullo, Black Ink", 2017 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

Le style immédiatement reconnaissable de Rose Wylie a fait sa renommée au fil de compositions foisonnantes et hautes en couleur qui, de prime abord, semblent relever d’une esthétique naïve, déconnectée de tout courant ou mouvement précisément identifiable. Pourtant, à y regarder de plus près, c’est une profonde réflexion sur la nature même de la représentation graphique qui s’y joue, nourrie de traits d’esprit et d’observations subtiles.

 

 

 

Passionnée de longue date par les notions de perspective et de composition, l’artiste explore des approches émulant ou renouvelant les traditions héritées de la Renaissance, par exemple lorsqu’elle soumet un motif spécifique à de nombreuses itérations – stratégie qu’elle utilise souvent pour faire progresser cette recherche formelle.

 

 

 

Qu’elle choisisse un format polyptyque ou non, Wylie juxtapose fréquemment des éléments visuels disparates, créant des rimes et des résonances visuelles qui finissent par former une composition harmonieuse. Comme le note avec justesse la curatrice Tanja Boon, « les tableaux de l’artiste illustrent sa capacité à s’imprégner de son environnement, à saisir la puissance de ce qui l’entoure. Ils reflètent aussi l’étendue de ses connaissances en matière de cultures et de styles, en lien à des cultures populaires et pleines de clichés ou à des cultures visuelles non-occidentales souvent méconnues.(1) ».

 

"Black Skeleton", 2025 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

"Black Skeleton", 2025 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

"Umber Dots", 2025 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

"Umber Dots", 2025 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

"Homage to Henri, Bette and bear", 2026 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

"Homage to Henri, Bette and bear", 2026 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

Henri, Egypt…Bette, Bear est la toute première exposition personnelle de Rose Wylie à Paris, ville où elle se rend régulièrement depuis sa jeunesse. C’est aussi l’occasion pour l’artiste de se pencher sur l’intérêt qu’elle porte depuis longtemps à Henri Rousseau, dit le Douanier (1844-1910), peintre français visionnaire rattaché au postimpressionnisme, dont les compositions oniriques et singulières conjuguent les domaines de l’intime, du public et du fantastique – à l’image de celles de Wylie.

 

 

Le titre de l’exposition, original et tout en cadence, est issu d’un tableau de l’artiste britannique intitulé Homage to Henri, Bette and Bear (2026), qui fait écho au tableau Mauvaise surprise (conservé à la Fondation Barnes à Philadelphie), exécuté en 1899-1901 par Le Douanier Rousseau, où figurent un nu féminin à la chevelure en cascade, un mystérieux tireur embusqué et un ours à la gueule ouverte et aux griffes acérées.

 

 

 

Dans son Homage, Wylie joue sur l’homonymie entre les mots anglais pour « ours » ( bear) et « dénudé » (bare) : elle rhabille d’une robe-tablier pudique la femme nue du tableau original et lui donne les traits de l’actrice états-unienne Bette Davis, tout en exagérant la taille des griffes de l’animal, inspirée par une image d’ours en captivité vue à la télévision.

 

"A White Pedestal Dish", 2025 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

"A White Pedestal Dish", 2025 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

"Nebuchadnezzar's dream", 2023 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

"Nebuchadnezzar's dream", 2023 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

Les œuvres inédites présentées dans l’exposition montrent que Rose Wylie continue à se réapproprier toute une iconographie populaire, diffusée auprès du plus grand nombre, entre médiation et assimilation. Mais l’on y trouve aussi la trace d’incursions dans l’histoire de l’art, ou celles d’impressions fugaces liées à sa vie domestique.

 

 

 

Plusieurs œuvres reprennent un principe de composition inspiré par une mosaïque antique, dont la découverte en Turquie en 2016 avait été relayée par les médias. Wylie y fait figurer des personnages – des squelettes, un homme tendant la main vers la lune… – aux côtés de motifs tels qu’un fauteuil de style égyptien ou un fragment triangulaire de la mosaïque. La palette fait la part belle à l’ocre, la terre d’ombre, le rouge couleur rouille, rappelant les teintes des fresques de Fra Angelico, « ni écrasantes, ni stridentes », pour reprendre les mots de Wylie elle-même.

 

 

 

Avec le diptyque The House Next Door, Or, Jumbo Meat Cleaver (2025), l’artiste aborde un domaine plus familier : le tableau de droite représente la maison voisine de la sienne, qu’elle ne voyait pas avant que son voisin ne coupe les buissons et taillis séparant leurs jardins respectifs pour réparer leur clôture mitoyenne. Prises ensemble de façon dynamique, les deux toiles créent une peinture-objet représentant la feuille de boucher mentionnée par le titre (meat cleaver), le manche du hachoir étant figuré par la palissade.

 

"Blue Skeleton 1 (woman)" et "Blue Skeleton 2 (man)", 2025 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

"Blue Skeleton 1 (woman)" et "Blue Skeleton 2 (man)", 2025 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

"The House Next Door, Or, Jumbo Meat Cleaver", 2025 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

"The House Next Door, Or, Jumbo Meat Cleaver", 2025 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

Une sélection d’œuvres sur papier et de tableaux plus anciens est également présentée, documentant l’évolution du style de Rose Wylie et la récurrence de certaines images. Le tableau Manor (2004) prend ainsi pour point de départ une image de personnages de jeu vidéo en maillot de bain publiée dans la presse nationale : la peintre applique à toute la scène une teinte bleu-vert pâle évoquant l’eau d’une piscine et étend l’espace réservé aux baigneurs en s’affranchissant du cadrage de l’image originale.

 

 

 

 

Black Berlin Bear (2008) explore le motif de l’artiste-animal avec un double portrait : Wylie elle-même et Mark Wallinger, représenté tel qu’il apparaît dans son film Sleeper, qui retrace la performance nocturne que l’artiste réalisa en 2004 à la Neue Nationalgalerie de Berlin. Wylie figure Wallinger en gros plan sur le tableau de droite, vêtu d’un déguisement couvert de fourrure – image que les médias avaient abondamment reprise à l’époque – et peint sur le tableau de gauche une vue en coupe de son propre corps, comme vu de dos, utilisant la même couleur bleu-noir que pour la tête de Wallinger incarnant un ours.

 

 

"Pina Bausch", 2016 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

"Pina Bausch", 2016 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

"Bette (Face)", 2026 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

"Bette (Face)", 2026 de Rose WYLIE - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER - Paris © Photo Éric SIMON

L’artiste britannique Rose Wylie (née en 1934) a fait ses études à la Folkestone and Dover School of Art, dans le Kent, en Angleterre, puis au Royal College of Art de Londres, dont elle sort diplômée en 1981. En 1985, elle présente sa toute première exposition personnelle au Trinity Arts Centre, dans le Kent.

 

 

Parmi les institutions qui ont récemment accueilli des présentations monographiques figurent notamment la Rosenwald-Wolf Gallery de l’University of the Arts de Philadelphie (2012), la Jerwood Gallery à Hastings en Angleterre (2012), la Tate Britain à Londres (2013), le Haugar kunstmuseum à Tønsberg en Norvège (2013), la Städtische Galerie de Wolfsburg en Allemagne (2014), la Douglas Hyde Gallery à Dublin (2015), le Space K à Séoul (2016), le Chapter Arts Centre à Cardiff au Pays de Galles (2016), la Turner Contemporary à Margate en Angleterre (2016), les Serpentine Galleries à Londres (2017), le Plymouth Arts Centre et The Gallery at Plymouth College of Art en Angleterre (l’exposition ayant ensuite été reprise à la Newlyn Art Gallery & The Exchange dans le Cornwall en Angleterre), le Centro de Arte Contemporáneo de Málaga en Espagne (2018) et The Gallery at Windsor à Vero Beach en Floride (2020).

 

 

 

(1) Tanja Boon, “To paint without a duster,” in Rose Wylie: picky people notice…. Exh. cat. (Ghent, Belgium: Stedelijk Museum voor Actuele Kunst, 2022), p. 55

 

 

 

Galerie David ZWIRNER

108, rue Vieille du Temple

75003 Paris

 

 

 

https://images.davidzwirner.com

 

 

 

 

Jours et horaires d’ouverture : du mardi au samedi de 11h à 19h.

 

 

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