Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS ET DES FOIRES INTERNATIONALES D'ART CONTEMPORAIN À PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE. EXHIBITION IN PARIS

23 Mar

Ariana PAPADEMETROPOULOS « Glass Slipper »

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Expo Installation Contemporaine, #Expo Peinture Contemporaine

"Water Based Treatment", 2026 de Ariana PAPADEMETROPOULOS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Water Based Treatment", 2026 de Ariana PAPADEMETROPOULOS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

Du 7 mars au 11 avril 2026

 

 

 

 

Thaddaeus Ropac Paris Marais présente Glass Slipper, la première exposition personnelle d’Ariana Papademetropoulos en France. Allant de la peinture à la sculpture en passant par l’installation, et centrée autour d’un aquarium rempli de poissons, l’exposition plonge les spectateurs dans un univers où des paysages naturels instables et resplendissants se heurtent à des scènes domestiques chargées psychologiquement.

 

 

Des cabines téléphoniques vintage sculpturales invitent les visiteurs à écouter les conversations entre l’artiste et son médium et, si les nouvelles peintures grand format de Papademetropoulos sont dépourvues de présence humaine, elles vibrent de forces invisibles, situées quelque part entre le réalisme et la rêverie.

"The Wife", 2026

"The Wife", 2026

Au début de l’exposition, deux œuvres installées dans l’antichambre présentent l’approche à la fois méticuleuse et fantastique de l’artiste basée à Los Angeles envers l’hyperréalisme. Elles représentent des sacs de nettoyage à sec transparents, rendus avec une attention extrême portée à leurs plis délicats et à la façon dont la lumière se reflète sur leur surface. Les robes suspendues à l’intérieur sont vides, mais semblent s’accrocher à des formes humaines imaginaires, mettant en scène une méditation sur la présence et l’absence. Exposées à l’entrée de la galerie, ces œuvres sont conçues comme transitoires, évoquant des environnements contrôlés de lavage, de soin et de renouveau qui résonnent tout au long de l’exposition.

 

 

Au-delà, au cœur de la galerie, les visiteurs sont invités à entrer dans un espace immersif, aménagé dans l’aquarium, qui rappelle les chambres de thérapie ésotérique. L’installation habitable, intitulée Water Based Treatment, est accompagnée d’une bande sonore, audible uniquement pour le visiteur allongé à l’intérieur, composée par Nicolas Godin, du duo musical français Air, à partir des bandes de thérapie sonore ambiante des années 1970.

 

"The Mistress", 2026

"The Mistress", 2026

Exposées autour de l’aquarium, les nouvelles peintures de Papademetropoulos brouillent les frontières entre intérieur et extérieur, explorant l’espace intime comme lieu de tension et de rupture. Des meubles familiers – des chaises de salle à manger recouvertes de tissu vichy ou rayé, des fauteuils de style Louis XV – émergent de nuages de gaz volcaniques au-dessus de bassins de lave bouillonnante ou chutent à travers l’œil d’une tornade crépusculaire dans une scène qui rappelle le début du Magicien d’Oz (1939) : une référence clé pour l’artiste.

 

 

Ici, le sentiment de sécurité que nous associons à l’idée de foyer est dominé à la fois par le paysage onirique et les forces de la nature. Les scènes sont inoccupées, les chaises vides : la figure humaine ne se manifeste dans ces œuvres que par son absence flagrante. L’artiste décrit ses peintures comme des « portails », oscillant « entre l’état solide et l’état liquide, se comportant comme des membranes ou des seuils où un régime perceptif cède la place à un autre ».

"Gravity's Raimbow", 2026 de Ariana PAPADEMETROPOULOS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Gravity's Raimbow", 2026 de Ariana PAPADEMETROPOULOS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Water Based Treatment", 2026 de Ariana PAPADEMETROPOULOS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Water Based Treatment", 2026 de Ariana PAPADEMETROPOULOS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

L’aquarium fourmille du mouvement des espèces d’eau douce scintillantes connues sous le nom de kissing fish (« poissons embrasseurs »), conditionnant la perception qu’ont les visiteurs des peintures environnantes. Cet effet renforce l’aspect fluide et liminal des œuvres et place l’acte d’observation au centre de l’exposition.

 

 

 

En entrant et en s’allongeant dans l’enceinte de cet environnement sous-marin, la vision anthropocentrique du spectateur est déstabilisée, l’invitant à réfléchir sur le concept d’Umwelt et sur la possibilité de réalités sensorielles alternatives. Une atmosphère féérique imprègne l’ensemble de l’exposition, dont le titre fait référence à la pantoufle de verre de Cendrillon. L’aquarium rappelle le cercueil de verre de Blanche-Neige, plaçant le spectateur à la fois dans le rôle d’observateur et d’observé, actif et passif.

 

"Psychic specific (Intellectual property) 1, 2 et 3", 2026 de Ariana PAPADEMETROPOULOS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Psychic specific (Intellectual property) 1, 2 et 3", 2026 de Ariana PAPADEMETROPOULOS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

Au premier étage de la galerie, l’artiste présente trois cabines téléphoniques irisées en forme de coquillage, inspirées de celles qui se trouvaient autrefois à l’hôtel-casino Tropicana de Las Vegas. Lorsque les visiteurs décrochent le combiné, ils sont happés dans des échanges intimes entre Papademetropoulos et son médium, prolongeant ainsi la réflexion de l’exposition sur les thèmes de la thérapie, du rituel et de la transformation. Éclairées de l’intérieur par des néons, ces sculptures murales sont accompagnées de peintures représentant des fours à micro-ondes en feu à différents stades d’éruption.

 

 

Les téléphones réduisent les distances et les micro-ondes chauffent de manière invisible : leurs processus se déroulent au-delà de l’accès sensoriel direct, frôlant la magie. La forme en coquillage des cabines téléphoniques évoque les anciens appareils d’écoute – la résonance naturelle des coquillages est depuis longtemps associée au murmure des océans lointains – nous rappelant que la magie et le mystère que nous trouvons dans la technologie sont intrinsèques à la nature elle-même. La pression, la chaleur, le gonflement et la libération contenus dans le récipient quotidien qu’est le micro-ondes reflètent quant à eux les fissures volcaniques incandescentes des peintures du rez-de-chaussée.

"Spooky action at a distance", 2026 de Ariana PAPADEMETROPOULOS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Spooky action at a distance", 2026 de Ariana PAPADEMETROPOULOS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Psychic specific (Intellectual property) 1", 2026 de Ariana PAPADEMETROPOULOS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Psychic specific (Intellectual property) 1", 2026 de Ariana PAPADEMETROPOULOS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

Dans cette nouvelle série d’œuvres, Papademetropoulos s’inspire implicitement du monde étrange et contre-intuitif de la mécanique quantique. S’appuyant sur la description désobligeante d’Albert Einstein de la théorie quantique comme « action fantomatique à distance », l’artiste situe les concepts quantiques tels que l’intrication et l’incertitude dans des objets et des événements quotidiens : dans les formes de connexion et d’interdépendance à distance, dans les forces invisibles qui opèrent dans les appareils électroménagers courants, et dans la façon dont certaines choses semblent échapper à la compréhension à mesure qu’on les examine de plus près. Travaillant à l’huile sur toile à partir de photographies trouvées et personnelles, souvent à l’échelle réelle, Papademetropoulos conçoit ces peintures comme des extensions de la réalité vécue. À la fois intime et universelle, Glass Slipper explore l’étrangeté latente du quotidien, révélant au visiteur ce qu’elle appelle les « failles de l’imagination ».

"Oops", 2026 de Ariana PAPADEMETROPOULOS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Oops", 2026 de Ariana PAPADEMETROPOULOS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Jupiter and Io", 2026 de Ariana PAPADEMETROPOULOS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

"Jupiter and Io", 2026 de Ariana PAPADEMETROPOULOS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie ROPAC - Paris © Photo Éric SIMON

Ariana Papademetropoulos est née en Californie en 1990, où elle vit et travaille. Elle a étudié à CalArts ainsi qu’à l’Universität der Künste de Berlin. Elle a coorganisé l’exposition Veils à The Underground Museum à Los Angeles (2014), et ses œuvres ont été exposées aux États-Unis et à l’étranger, notamment à Manifesta 13, Marseille (2020), à la Villa Médicis, Rome (2024–25), et au Centre Pompidou-Metz dans Copistes, une exposition organisée en collaboration avec le musée du Louvre sous le commissariat de Donatien Grau et Chiara Parisi (2025–26). En 2023, le film de Papademetropoulos, Mon Seul Désir, a été présenté dans le cadre de Regards du Louvre au musée du Louvre, à Paris.

 

 

En 2024, son travail a été présenté pour la première fois par la galerie dans le cadre de l’exposition collective Re-enchantment à Thaddaeus Ropac Paris Pantin. Les œuvres de Papademetropoulos font partie des collections permanentes du Los Angeles County Museum of Art ; de la Marciano Art Foundation à Los Angeles ; et de l’Institute of Contemporary Art à Miami.

 

 

Galerie Thaddaeus ROPAC

7 rue Debelleyme

 75003 Paris

 

 

https://ropac.net

 

 

 

Jours et horaires d’ouverture : du mardi au samedi de 10h à 19h.

 

 

Archives

À propos

L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS ET DES FOIRES INTERNATIONALES D'ART CONTEMPORAIN À PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE. EXHIBITION IN PARIS