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L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS ET DES FOIRES INTERNATIONALES D'ART CONTEMPORAIN À PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE. EXHIBITION IN PARIS

21 Apr

Michel JOURNIAC "Le Corps Transfiguré "

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Expo Solo Show, #Expo Peinture Contemporaine, #Expo Photographie Contemporaine, #Expo Installation Contemporaine

"Rituel du sang - Stigmates", 1976 de Michel JOURNIAC - Courtesy des ayants droits et la Galerie Christophe GAILLARD © Photo Éric SIMON

"Rituel du sang - Stigmates", 1976 de Michel JOURNIAC - Courtesy des ayants droits et la Galerie Christophe GAILLARD © Photo Éric SIMON

Du 21 mars au 2 mai 2026

 

 

 

L’exposition « Michel Journiac, Le corps transfiguré » a été conçue à l’occasion de la parution du deuxième volume monographique édité par la Galerie Christophe Gaillard sur l’œuvre du pionnier de l’art corporel français : Michel Journiac, Le corps transfiguré (à paraître en avril 2026).

 

 

Ce nouvel ouvrage propose un éclairage inédit et international sur le rapport de l’œuvre de Journiac au sacré, en questionnant notamment son usage du sang comme matériau, de ses tout premiers tableaux (1957-1958) à Messe pour un corps (1969-1975), jusqu’aux dernières œuvres du Rituel de transmutation, du corps souffrant au corps transfiguré (1993-1995), qu’il dédie aux victimes du VIH/sida.

 

Emprunté à Journiac, ce titre signifie tout le cheminement de l’artiste pour transfigurer le réel, pour réinventer l’alliance du corps et du sacré, et relier les êtres dans une communauté fondée sur une véritable politique de l’amitié.

 

"Signe du Sang", 1966 de Michel JOURNIAC - Courtesy des ayants droits et la Galerie Christophe GAILLARD © Photo Éric SIMON

"Signe du Sang", 1966 de Michel JOURNIAC - Courtesy des ayants droits et la Galerie Christophe GAILLARD © Photo Éric SIMON

"Autel portatif (autel dédié au sexe)", 1969 et "Prie-Dieu", 1969 de Michel JOURNIAC - Courtesy des ayants droits et la Galerie Christophe GAILLARD © Photo Éric SIMON

"Autel portatif (autel dédié au sexe)", 1969 et "Prie-Dieu", 1969 de Michel JOURNIAC - Courtesy des ayants droits et la Galerie Christophe GAILLARD © Photo Éric SIMON

Dans ses premières peintures, qui se réfèrent dès le début des années 1950 à une iconographie religieuse, le corps, le corps souffrant, est le sujet principal qui l’intéresse. Il opte pour une manière expressive et torturée, celle des écorchés, qui donne à voir les organes, les viscères, la chair, les veines et le sang. La couleur rouge domine dans ces tableaux où la représentation de l’intérieur du corps est liée à celle de l’intériorité, de l’âme. Alphabet du corps (1965) et la série des Signes du sang (1966) signalent une volonté d’élaborer un nouveau langage pictural où le corps est d’emblée associé au sacré.

 

 

 

    En 1969, Michel Journiac présente Messe pour un corps à la galerie Daniel Templon à Paris (il donne l’action une seconde fois en 1975, à la galerie Stadler à Paris). Vêtu d’une veste Pierre Cardin qui lui donne des allures de prêtre, il célèbre l’office en latin entre les murs de la galerie et invite le public à communier en consommant des morceaux de boudin fabriqué à partir de son propre sang. Il s’agit de sa première action publique, qui le distingue comme l’un des représentants majeurs du body art français.

 

 

 

"Untitled", 1967 de Michel JOURNIAC - Courtesy des ayants droits et la Galerie Christophe GAILLARD © Photo Éric SIMON

"Untitled", 1967 de Michel JOURNIAC - Courtesy des ayants droits et la Galerie Christophe GAILLARD © Photo Éric SIMON

"Rituel du sang", 1976 de Michel JOURNIAC - Courtesy des ayants droits et la Galerie Christophe GAILLARD © Photo Éric SIMON

"Rituel du sang", 1976 de Michel JOURNIAC - Courtesy des ayants droits et la Galerie Christophe GAILLARD © Photo Éric SIMON

Ayant rompu avec l’Église, Journiac poursuit sa quête spirituelle et métaphysique, celle de cet « incertain sacré » dont le sang, toujours extrait de son propre corps, qu’il associe souvent à l’usage de la feuille d’or, devient progressivement le symbole et le support.

 

 

 

Dans ses séries de Rituels entre 1976 (Rituel du sang, Rituel pour un mort, Rituel d’identité aléatoire,…) et 1983 (Le Vierge-Mère, 1982-1983), puis dans ses Icônes du temps présent (1988), Journiac décline et multiplie le motif, au point de faire du sang le premier matériau de son œuvre.

 

"Travesti de sang", 1974 de Michel JOURNIAC - Courtesy des ayants droits et la Galerie Christophe GAILLARD © Photo Éric SIMON

"Travesti de sang", 1974 de Michel JOURNIAC - Courtesy des ayants droits et la Galerie Christophe GAILLARD © Photo Éric SIMON

"Icône du temps présent", 1988 de Michel JOURNIAC - Courtesy des ayants droits et la Galerie Christophe GAILLARD © Photo Éric SIMON

"Icône du temps présent", 1988 de Michel JOURNIAC - Courtesy des ayants droits et la Galerie Christophe GAILLARD © Photo Éric SIMON

Du corps vivant à l’évocation de la blessure et de la mort, du mystère de l’intangible à la corporéité la plus crue, l’ambivalence du sang prend toute sa mesure dans l’œuvre de Journiac avec l’apparition de l’épidémie du VIH/sida.

 

 

En janvier 1993, Michel Journiac initie le dernier cycle de son œuvre par l’envoi postal de La Monnaie du sang, des reproductions plastifiées d’un billet de cent francs qu’il imbibe de son propre sang pour dénoncer le scandale sanitaire, politique et financier du sang contaminé au début des années 1990. Par un renversement complet, le liquide vital et sacré devient le symbole de la maladie et d’une économie mortifère.

 

 

Entre 1993 et 1995, le Rituel de transmutation, du corps soufrant au corps transfiguré, que Journiac dédie à ses amis et à ses amants morts du VIH/sida, révèle la fonction essentielle de l’art : assurer la « permanence de la révolte 4 ; et restaurer le lien social – celui de l’amitié, de la maladie et du deuil.

 

 

 

"Icône du temps présent", 1988 de Michel JOURNIAC - Courtesy des ayants droits et la Galerie Christophe GAILLARD © Photo Éric SIMON

"Icône du temps présent", 1988 de Michel JOURNIAC - Courtesy des ayants droits et la Galerie Christophe GAILLARD © Photo Éric SIMON

"Sans titre (Poupon)", 1980 de Michel JOURNIAC - Courtesy des ayants droits et la Galerie Christophe GAILLARD © Photo Éric SIMON

"Sans titre (Poupon)", 1980 de Michel JOURNIAC - Courtesy des ayants droits et la Galerie Christophe GAILLARD © Photo Éric SIMON

 Du corps souffrant au corps transfiguré, l’art serait ce qui change le plomb en or et fait de la maladie et de la mort une œuvre, nous donnant les outils nécessaires pour approcher ce qui a disparu de nos sociétés contemporaines occidentales. Pour Michel Journiac, l’art est agissant, ici et maintenant. Il possède des vertus transformatrices et spirituelles, un pouvoir de transmutation réparateur. Il permettrait ainsi d’opérer, dans un champ proprement humain, un déplacement, une alliance nouvelle, de l’intime à l’universel – à cet « incertain sacré, qui n’est peut-être que l’altérité 5 » –, pour relier les êtres dans une communauté fondée sur une véritable politique de l’amitié.

 

Armance Léger

 

  1. Michel Journiac, « Dix questions sur l’art corporel et sociologique », arTitudes international, n°6/8, décembre 1973 – mars 1974, in Écrits, Paris, Beaux-Arts éditions, 2013, p. 162.
  2. Michel Journiac in Dominique Pilliart, « Entretien avec Michel Journiac », arTitudes, n°8/9, juillet-septembre 1972, in Écrits, p. 152.
  3. Lettre de Damas, Écrits, p. 21. 
  4. Michel Journiac, Écrits, p. 154.
  5. Michel Journiac, Écrits, ibid.

 

"Sans titre", 1975 - 1989 de Michel JOURNIAC - Courtesy des ayants droits et la Galerie Christophe GAILLARD © Photo Éric SIMON

"Sans titre", 1975 - 1989 de Michel JOURNIAC - Courtesy des ayants droits et la Galerie Christophe GAILLARD © Photo Éric SIMON

Michel Journiac (1935-1995) apparaît dès 1969 comme l'un des artistes français majeurs de sa génération, figure incontournable du body art aux côtés des actionnistes viennois (Hermann Nitsch, Rudolf Schwarzkogler), de Gina Pane, Vito Acconci, Bruce Nauman, ou Chris Burden.

 

 

L'art de Michel Journiac est un art de la révolte, militant et subversif. Peintures, actions, vidéos, photographies, sculptures, envois postaux, contrats, dispositifs scéniques prennent le corps comme matériau et interrogent la société qui le conditionne. Son œuvre protéiforme traverse l'ensemble des pratiques artistiques de son époque. Elle a fait l'objet de nombreuses expositions personnelles et collectives et est aujourd'hui conservée dans les collections des plus grands musées.

 

Galerie Christophe GAILLARD

5 rue Chapon

75003 Paris

 

 

https://galeriegaillard.com

 

 

 

 

Jours et Horaires d’ouverture du mardi au samedi de 10h30 à 12h30 et de 14h à 19h
et le samedi de 12h à 19h.

 

 

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