RÉALISMES AMÉRICAINS 70-80
"An occurrence on West 89th Street" de Robert BIRMELIN - Courtesy de l'artiste et de la Galerie CLAUDE BERNARD © Photo Éric SIMON
Du 26 mars au 31 mai 2026
REGARDS SUR UNE AUTRE AMÉRIQUE
La Galerie Claude Bernard présente une exposition collective consacrée à une génération de peintres réalistes américains actifs dans les années 1970 et 1980. Réunissant une trentaine d’œuvres — peintures et dessins — de William Bailey, Jack Beal, Robert Birmelin, Bruno Civitico, Mary Ann Currier, Rackstraw Downes, John Gordon, Michael Mazur, ainsi que d’autres artistes de la même mouvance, cette exposition est l’une des premières dédiées à cette constellation d’artistes encore rarement montrés en Europe.
À rebours de la peinture abstraite et des courants conceptuels, minimalistes, queer, graffiti ou encore Pop qui marquaient la scène artistique new-yorkaise à cette époque, ces artistes ont choisi la peinture figurative réaliste. Leur travail apparaît aujourd’hui sous un jour nouveau, à l’heure du retour de la figuration et de l’attention portée au réel.
"The Stadium - Blue city", 1980-1981 de Robert BIRMELIN - Courtesy de l'artiste et de la Galerie CLAUDE BERNARD © Photo Éric SIMON
"Still life with Lobster pitcher", 1981 de Jack BEAL - Courtesy des ayants droit et de la Galerie CLAUDE BERNARD © Photo Éric SIMON
"Students, Broadway at 110th street", 1977-1979 de Robert BIRMELIN - Courtesy de l'artiste et de la Galerie CLAUDE BERNARD © Photo Éric SIMON
Ils explorent le visible, décrivent autant les villes et leurs marges que le quotidien et l’intime, et s’inscrivent dans la continuité de la tradition réaliste américaine — de Winslow Homer à George Bellows et Edward Hopper — tout en s’éloignant de l’approche photographique de l’hyperréalisme. L’exposition propose ainsi une lecture nuancée des réalismes américains des années 1970–80, souvent réduits à quelques figures isolées, et présente une « autre Amérique », observée à hauteur d’homme.
"Drawing", 1971 de Jack BEAL - Courtesy des ayants droit et de la Galerie CLAUDE BERNARD © Photo Éric SIMON
"Approcah to the Holland Tunnel with 75 Varick (Sketch)", 1988 de Rackstraw DOWNES - Courtesy de l'artiste et de la Galerie CLAUDE BERNARD © Photo Éric SIMON
"Liz reading in front of a window", 1978 de Bruno CIVITICO - Courtesy des ayants droit et de la Galerie CLAUDE BERNARD © Photo Éric SIMON
William Bailey (1930—2020) poursuit un réalisme silencieux et méditatif autour de la figure et de la nature morte ; Jack Beal (1931—2013) incarne un réalisme narratif peuplé de figures ordinaires ; Robert Birmelin (1933) saisit la densité des foules et l’énergie des carrefours new-yorkais par des compositions fragmentées et dynamiques ; Mary Ann Currier (1927—2017) introduit une tonalité intimiste à travers ses peintures et pastels d’objets familiers ; Rackstraw Downes (1939) travaille sur le motif et déploie de vastes panoramas urbains et industriels, de New York au Texas, d’une précision presque topographique ; John Gordon (1921—2003) observe de grands paysages américains où la tension atmosphérique s’allie à une observation minutieuse ; Michael Mazur (1935—2009) développe un registre plus introspectif, où le paysage peut devenir projection mentale.
"Greenhouse II", 1977 de Michael MAZUR - Courtesy des ayants droit et de la Galerie CLAUDE BERNARD © Photo Éric SIMON
"Girl in Grey room", 1978 de William BAILEY - Courtesy des ayants droit et de la Galerie CLAUDE BERNARD © Photo Éric SIMON
"Court street in winter", 1980 de John GORDON - Courtesy des ayants droit et de la Galerie CLAUDE BERNARD © Photo Éric SIMON
Pour plusieurs de ces artistes, la Yale School of Art joue un rôle décisif. Dans les années 1960 et 1970, le département de peinture de Yale constitue l’un des foyers les plus actifs de réflexion sur la continuité de la figuration. Cet arrière-plan académique — au sens noble du terme — contribue à expliquer la cohérence et la profondeur de ces œuvres : loin d’un simple retour nostalgique à la tradition, il s’agit d’une relecture critique du réalisme, nourrie de culture visuelle européenne et d’une conscience aigüe des débats esthétiques de leur temps.
Représentés dans d’importants musées américains — The Metropolitan Museum of Art, Museum of Modern Art et Whitney Museum of American Art à New York, National Gallery of Art à Washington, Museum of Fine Arts de Boston, Yale University Art Gallery ou encore Art Institute of Chicago — ils demeurent largement méconnus en Europe. Absents du récit dominant sur l’art de l’après-guerre aux États-Unis, l’exposition souligne l’intérêt de leur redécouverte et l’émergence d’une autre vision de la scène américaine de cette époque.
GALERIE CLAUDE BERNARD
5-7, rue des Beaux Arts
75006, Paris, France
http://www.claude-bernard.com/
Jours et horaires d’ouverture : du mardi au vendredi de 9h30 à 12h30 et de 14h30 à 18h30. Et le samedi de 10 h à 12h30 et de 14h30 à 18h30.
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