Daniel SPOERRI « les choses de la vie »
Détail "Good Year for the Mechanical Bride", 1976 de Daniel SPOERRI - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Georges-Philippe et Nathalie VALLOIS © Photo Éric SIMON
Du 30 mars au 16 mai 2026
Daniel Spoerri, les choses de la vie est la première exposition rétrospective consacrée par la galerie à cet artiste, membre fondateur du Nouveau Réalisme.
Né Daniel Issac Feinstein en Roumanie en 1930, devenu Suisse par adoption, tour à tour poète, danseur, metteur en scène, créateur des éditions MAT, commissaire d’exposition, plasticien, restaurateur, se considérant comme apatride ayant vécu dans toute l’Europe, homme aux amitiés solides, multiples et artistiques, Spoerri est l’un des artistes majeurs du XXème siècle.
"Good Year for the Mechanical Bride", 1976 de Daniel SPOERRI - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Georges-Philippe et Nathalie VALLOIS © Photo Éric SIMON
"Tableaupiège (le diner de Jacques Villeglé)", 1990 de Daniel SPOERRI - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Georges-Philippe et Nathalie VALLOIS © Photo Éric SIMON
Pour lui rendre hommage, la galerie a réuni une vingtaine d’œuvres majeures des années 60 aux années 90 et publie un livre aux presses du réel avec des textes signés de Catherine Francblin, Samuel Gross et Pavel Schmidt, richement illustré.
« Ce que je fais ? J’essaie de coller des situations préparées par le hasard de manière à ce qu’elles restent vraiment collées et j’espère qu’elles provoquent un malaise à ceux qui les regardent. Je dirai encore pourquoi. Je dois préciser que je ne tiens pas beaucoup à la création individuelle.
Peut-être que c’est une forme de snobisme, de toute manière cette conviction existait en moi longtemps avant que j’aie fait des tableaux-pièges. Les tableaux-pièges sont pour moi seulement une nouvelle manière de prouver cette conviction. Je n’ai rien contre une production créatrice individuelle ou tout au moins pas contre toutes.
"Les amoureux", 1962 de Daniel SPOERRI - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Georges-Philippe et Nathalie VALLOIS © Photo Éric SIMON
Daniel SPOERRI - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Georges-Philippe et Nathalie VALLOIS © Photo Éric SIMON
Mais l’art m’intéresse seulement dans la mesure où il représente une leçon optique. Que ce soit création individuelle ou pas, je m’en fous. De toute façon, la frontière entre les deux est difficile à tirer. Plutôt que l’artiste je trouve que c’est le spectateur qui a le droit de réaction individuelle. Dans mon cas, la leçon d’optique devrait consister dans le fait d’attirer l’attention sur des situations ou régions de notre vie quotidienne qui ne sont jamais ou presque jamais remarquées.
Autrement dit la précision dans la forme, du hasard à tout moment. Et je peux me permettre d’être fier du hasard car je suis seulement son vaniteux et humble serviteur. Vaniteux parce que je signe ses propositions, dont je ne suis même pas responsable, de mon nom ; humble parce que je me contente d’être seulement son manœuvre.
L’humilité.
"Der geile Biber (Le castor excité)", 1988 de Daniel SPOERRI - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Georges-Philippe et Nathalie VALLOIS © Photo Éric SIMON
"Das letzte Hemd hat keine Taschen (On n'emporte rien dans la tombe)", 1989 de Daniel SPOERRI - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Georges-Philippe et Nathalie VALLOIS © Photo Éric SIMON
"Teste fumanti - Mir raucht der kopf (Têtes fumantes - J'ai la tête qui tourne)", 1995-2000"Good Year for the Mechanical Bride", 1976 de Daniel SPOERRI - Courtesy de l'artiste et de la Galerie Georges-Philippe et Nathalie VALLOIS © Photo Éric SIMON
Manœuvre du hasard, ça pourrait être la dénomination de mon activité, et encore j’ai dû me rendre compte que je ne suis, de loin, pas le premier qu’il emploie – ce qui me plaît dans la mesure où j’estime que même l’originalité n’est absolument pas nécessaires.
Pourquoi mes tableaux-pièges doivent-ils provoquer un malaise ?
Parce que je déteste l’immobilité, je déteste tout ce qui est fixé.
La contradiction qui consiste dans le fait que je fixe des objets, que je les arrache à leurs possibilités de mouvement continuel et de transformation, alors que j’aime le mouvement et le changement me plaît. J’aime les contradictions parce qu’elles provoquent une tension. Seulement les extrêmes donnent un tout. Mouvement presque immobilité. Immobilité, Fixation, Mort devrait provoquer du mouvement, du changement et de la vie. C’est au moins ma réaction devant les tableaux- pièges.
Pour finir encore ceci : Ne prenez pas mes tableaux-pièges pour des œuvres d’art. C’est une information, une provocation, une indication pour l’œil de regarder des choses qu’il n’a pas l’habitude de remarquer. Rien d’autre….
Et d’ailleurs l’art qu’est-ce que c’est ?
*Daniel Spoerri, texte publié pour la première fois dans Zero, Vol.3 Edité par Heinz Mack et Otto Piene, Düsseldorf, 1961.
Galerie Georges-Philippe et Nathalie VALLOIS
36, rue de Seine
75006 Paris
http://www.galerie-vallois.com/
Jours et horaires d'ouverture du lundi au samedi de 10h30 à 13h et de 14h à 19h.
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Du 2 mars au 4 juillet 2016 Carambolage (Le Littré) : (ka-ran-bo-la-j') s. m. : terme du jeu de billard. Coup dans lequel la bille du joueur va toucher deux autres billes. fig. : coup double ...
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