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L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS ET DES FOIRES INTERNATIONALES D'ART CONTEMPORAIN À PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE. EXHIBITION IN PARIS

07 Jul

OTANI WORKSHOP - The Shape of our Butts, The Shape of our Souls "

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Expo Céramique Contemporaine, #Expo Peinture Contemporaine, #Expo Sculpture Contemporaine

OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

Du 11 juin au 25 juillet 2026

 

 

 

 

 

Perrotin a le plaisir de présenter la huitième exposition personnelle d’Otani Workshop avec la galerie, ainsi que la deuxième à Paris. Représentant majeur de la céramique japonaise, Otani Workshop conçoit des formes élémentaires qui, peintes ou sculptées, sondent le royaume énigmatique de l’enfance et dessinent une inquiétante étrangeté.

 

"Tanilla Emitting Rays", 2026 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Tanilla Emitting Rays", 2026 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Standing Bear Figure", 2026 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Standing Bear Figure", 2026 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"A Girl with a hairpin", 2026 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"A Girl with a hairpin", 2026 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

La fausse innocence des visages indemnes

 

Depuis la nuit des temps, les hommes manœuvrent la terre pour former des figures. De leurs mains agiles, parfois épaisses, ils transforment la boue, la glaise ou la fange pour modeler des têtes, des corps et des bras. La cuisson vient ensuite, la fusion aussi. Le feu solidifie, pétrifie.

 

 

 

 

Empire des métamorphoses. A Volterra ou à Delphes, tous les hommes font cela. Ces hommes ont pour nom Prométhée et Vulcain, Auguste Rodin ou Lucio Fontana, Alberto Giacometti que le jeune Shigeru Otani découvre à l’âge de dix-sept ans.

 

 

 

"Sleeping Children Tower", 2022 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Sleeping Children Tower", 2022 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Dog Sculpture and the Artist",  2026 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Dog Sculpture and the Artist", 2026 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Boy ", 2024 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Boy ", 2024 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans, comme dit Arthur Rimbaud, car le cœur fou robinsonne et le regard pur, presque neuf, est disponible à l’infini. On peut tout voir à dix-sept, tout comprendre. L’artiste japonais comprend, lui, que Giacometti aura passé sa vie à fixer l’essence éphémère du visible à saisir l’irréductibilité des êtres et des choses au-delà de laquelle tout s’abîme, et tout se ruine.

 

 

 

Visitant les musées, les temples et les sanctuaires, dormant dans une vieille camionnette, Otani Workshop approche sans répit ces gestes immémoriaux, génésiaques, comprend qu’il n’y a rien d’autre à faire que d’élaborer de splendides figures élémentaires, vieilles comme le monde, et en ceci pareilles aux idoles cycladiques ou au moaï de l’île de Pâques.

 

 

"Boy",  2023 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Boy", 2023 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Tanilla",  2026 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Tanilla", 2026 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Delinquent Boy Sitting on a Chair",  2026 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Delinquent Boy Sitting on a Chair", 2026 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

Les têtes rondes et silencieuses d’Otani Workshop, littéralement exorbitées, appartiennent au royaume de l’enfance, mais d’une enfance inquiète, menacée, faite de larmes, de bouches mutiques, d’yeux absents, de gestes ankylosés et de sourires tempérés.

 

 

 

Ces silent partners relèvent d’une inquiétante étrangeté : nous les connaissons et nous les redoutons. Impénétrables quoique familières, ces figures faussement innocentes tiennent de la poupée de porcelaine et du manga, de Pinocchio et d’Hello Kitty, du doudou et du fétiche.

 

 

 

Ces substituts poignants évoquent des morts et convoquent des disparus dans un archipel où, depuis les nuits abattues sur Hiroshima et Nagasaki, tout un chacun sait que la vie peut disparaître en un éclair et en un éclat, dans un gros nuage.

 

"Rabbit", 2026 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Rabbit", 2026 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Magical Boy", 2024 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Magical Boy", 2024 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Sleeping Girl", 2023 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Sleeping Girl", 2023 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

Avec la terre de Shigaraki, cette capitale de la poterie, universellement réputée pour la qualité de son argile, extraite localement depuis le Moyen-Âge, Otani Workshop n’en finit donc pas de dresser des statuettes votives, de décliner des formes rudimentaires et versicolores, de répéter des gestes expiatoires, de s’essayer à des tentatives d’exorcisation, ainsi que le font également Takashi Murakamai et Yayoi Kusama. Créer, pour conjurer. Toujours.

 

 

 

 

 

Tandis que les bronzes trahissent une virtuosité technique, avec leur ciselure fine et leur patine délicate, les céramiques d’Otani Workshop constituent un univers proprement merveilleux, ce même merveilleux qui irrigue les contes et les fables, serre la gorge et imprime les rêves obscurs. Ses peintures, quant à elles, procèdent d’un même désir et de la même songerie, essaient de faire revenir à la surface les mêmes visages qu’exhument les terres cuites et les bronzes.

 

"Seated Bear", 2022 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Seated Bear", 2022 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Boy",  2025 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Boy", 2025 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Sitting Tanilla",  2026 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

"Sitting Tanilla", 2026 de OTANI WORKSHOP - Courtesy de l'artiste et de la Galerie PERROTIN - Paris © Photo Éric SIMON

La couleur n’y est jamais versicolore, elle est éteinte et chaste, presque assourdie, comme l’on dirait d’un clavier de piano qui enfanterait un son contenu et retenu, étouffé. Par le ciseau ou le pinceau, par ce bémol souverain, Otani Workshop contemple la grâce de ces têtes rudimentaires et, ce faisant, offre de « voir surgir quelque chose d’inconnu, chaque jour dans le même visage », pour reprendre la formule programmatique de Giacometti.

 

 

 

Que reste-t-il quand disparaissent les traces qui froissent la peau, ridulent les yeux et balafrent les joues, quand les marques physiologiques et les atteintes physionomiques s’estompent ? Il reste l’enfance nue d’un visage indemne. Avant le grand drame, le gros nuage et la petite mort.

 

 

- Colin Lemoine

 

 

Galerie PERROTIN

8 avenue Matignon

75008 Paris

 

 

 

https://www.perrotin.com

 

 

 

 

Jours et horaires d’ouverture : du mardi au samedi de 10h à 18h.

 

 

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