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L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS ET DES FOIRES INTERNATIONALES D'ART CONTEMPORAIN À PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE. EXHIBITION IN PARIS

02 Feb

Sophie TAEUBER-ARP «La Règle des Courbes»

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Expo Artiste du XXème Siècle, #Expo Peinture Contemporaine

"Coquilles et fleurs (Shells and Flowers)", 1938 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Coquilles et fleurs (Shells and Flowers)", 1938 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

Du 17 janvier au 7 mars 2026

 

 

 

 

« Sophie Taeuber-Arp. La règle des courbes », dont Briony Fer assure le commissariat, est la première exposition personnelle consacrée à l’œuvre de Taeuber-Arp dans cette galerie.

 

 

 

Historique et articulée autour d’un axe précis, elle réunit plus de 45 œuvres couvrant quatre décennies, de 1916 à 1942. Provenant de la Fondation allemande Arp (Stiftung Hans Arp und Sophie-Taeuber-Arp e.V.) ainsi que d’importantes collections privées et publiques, l’exposition rassemble peintures, dessins, gouaches, reliefs en bois et une tête dada emblématique. Briony Fer a choisi d’examiner le vocabulaire formel de la courbe, que l’artiste a utilisé de façon innovante pour étirer, plier et déformer le langage de l’abstraction géométrique.

 

"Coquillages (Shells)", 1938 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Coquillages (Shells)", 1938 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Quatre plans irréguliers à volutes", 1939 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Quatre plans irréguliers à volutes", 1939 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

Figure majeure de l’avant-garde du XXe siècle, Taeuber-Arp a bousculé les oppositions traditionnelles entre dadaïsme et abstraction géométrique, entre beaux-arts et objets utilitaires. « La règle des courbes » montre comment elle s’est engagée avec audace dans le contexte culturel du modernisme international.

 

 

 

L’exposition s’accompagne d’une publication bilingue, « Sophie Taeuber-Arp : La règle des courbes / The Rule of Curves », publiée par Hauser & Wirth Publishers, qui réunit de nouveaux essais critiques de Briony Fer et Jenny Nachtigall proposant un regard renouvelé sur le travail de l’artiste.

 

 

"Portrait H(ans) A(rp)", 1918 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Portrait H(ans) A(rp)", 1918 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Fond noir, formes blanches, bleues, rouges et grises", 1934 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Fond noir, formes blanches, bleues, rouges et grises", 1934 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

La formation de Taeuber-Arp dans le domaine des arts appliqués, privilégiant les textiles plutôt que la peinture et la sculpture, a permis à ses multiples intérêts de se rencontrer et de s’entremêler avec d’autres formes visuelles et culturelles prédominantes de son temps. Son travail oscille entre l’art et le design, le schématique et le décoratif, la destruction et la construction, les champs en positif et en négatif, les parties et le tout.

 

 

 

Elle a fusionné les langages de la décoration et de la technologie, ainsi que ceux du dadaïsme et du constructivisme, et a ignoré les protocoles plus rigides établis par d’autres qu’elle. Cette approche a donné naissance à un ensemble d’œuvres à la fois fantaisistes et spéculatives, où les courbes et les cercles offrent une mesure alternative pour calibrer l’espace qui existe entre l’œuvre et le monde.

 

 

 

Taeuber-Arp a opposé les courbes et les cercles à la structure de la grille moderniste, devenue le trope dominant de la peinture abstraite dans les premières décennies du XXe siècle. L’exposition révèle les perspectives radicales des premières expériences de l’artiste, telles que Composition à forme « U » (1918), jusqu’aux cercles brisés de ses « derniers » dessins, comme Construction géométrique (1942).

 

Sophie TAEUBER-ARP «La Règle des Courbes»
"Composition à cercles-à-bras angulaires en lignes et plans", 1930 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Composition à cercles-à-bras angulaires en lignes et plans", 1930 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Composition à rectangles et bras angulaires", 1928 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Composition à rectangles et bras angulaires", 1928 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

Au plus fort de l’intérêt pour le mouvement constructiviste, alors caractérisé par sa géométrie rigoureuse, elle réalise certaines de ses œuvres les plus curvilignes, transposant des volutes et des arabesques ornementales en formes simples.

 

 

 

 

Les méthodes singulières qu’elle développe s’inscrivent sans doute dans la continuité d’un mode d’abstraction dadaïste, en un projet jamais achevé, même si les éléments qui le composent semblent appartenir à une boîte à outils constructiviste. Cela tient beaucoup aux techniques qu’elle utilisait, issues de sa formation en arts appliqués et dominées par toute une palette d’instruments de dessin.

 

"Composition pathétique à rectangles et bras angulaires", 1928 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Composition pathétique à rectangles et bras angulaires", 1928 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Composition dans un cercle", 1938 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Composition dans un cercle", 1938 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

Le titre de l’exposition peut se référer à une règle en tant que principe d’organisation et à un instrument de mesure des longueurs et des distances, comme une règle graduée. Taeuber-Arp utilisait une large gamme d’instruments de dessin comme extension de sa main, notamment des règles courbes de traçage, souvent appelées perroquets ou pistolets, et d’autres gabarits, ainsi que des règles flexibles et droites. Les œuvres exposées des années 1930 montrent des compositions de plus en plus organiques, avec des formes courbes suggèrant, comme dans la série Coquille, un intérêt pour les formes et structures naturelles. C’est là un paradoxe majeur de son travail : plus il devient organique, plus l’artiste s’appuie sur des instruments de traçage pour réaliser ses dessins.

 

 

 

 

L’une des plus fascinantes séries qui illustre le langage de la courbure de Taeuber-Arp est le petit sous-ensemble des peintures curvilignes appelé « Échelonnements », initié en 1934. Ces œuvres adoptent à la fois des bords incurvés et des lignes droites, révélant les effets cumulatifs de l’empilement instable de formes irrégulières. Les « formes » de Échelonnement (1934) sont blanches, ce qui suggère qu’elles ont été découpées dans le fond bleu, tels des motifs figurés davantage en négatif qu’en positif.

 

"Plage", 1927 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Plage", 1927 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Lignes d'été", 1942 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Lignes d'été", 1942 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

L’exposition présente également les dernières œuvres de Taeuber-Arp réalisées en 1942, généralement qualifiées de « constructions géométriques ». Cette série de dessins est réalisée à l’encre noire sur papier, à l’aide d’une règle et d’un compas.

 

 

 

L’artiste peignait de petites sections à la peinture blanche, découpait et faisait pivoter certaines parties, les coupes jouant le rôle d’horizontales ou de diagonales, créant ainsi un mouvement circulaire à partir des différents fragments. Bien que les formes avec lesquelles Taeuber-Arp travaille soient toujours simples, ses méthodes singulières de superposition et d’amalgame les rendent variables à l’infini.

 

"Composition dans un cercle", 1937 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Composition dans un cercle", 1937 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Construction géométrique", 1942 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Construction géométrique", 1942 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

Sophie Taeuber-Arp (1889-1943) est l’une des figures majeures de l’avant-garde du XXe siècle et une pionnière de l’art constructiviste. Par sa pratique pluridisciplinaire, elle a remis en question les hiérarchies traditionnelles entre beaux-arts et arts appliqués, affirmant la place essentielle de l’art dans le quotidien. Tout au long de sa carrière, Taeuber-Arp a échappé à toute catégorisation, travaillant tour à tour la peinture, la sculpture, l’architecture, la performance, la chorégraphie, l’enseignement, l’écriture ainsi que la création textile, les décors de scène et l’aménagement d’intérieurs.

 

 

 

Née à Davos, en Suisse, Taeuber-Arp entame ses études à l’école des arts appliqués de Saint-Gall entre 1906 et 1910, où elle se forme à l’art textile et à la broderie. Elle rejoint ensuite les ateliers expérimentaux d’Hermann Obrist et de Wilhelm von Debschitz à Munich, avec lesquels elle s’initie à diverses techniques relevant des beaux-arts, des arts appliqués et de l’architecture, avant de passer une année à étudier le tissage à l’école des arts et métiers de Hambourg.

 

 

 

Le déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914 la contraint à rentrer en Suisse où, dès 1915, elle suit des cours d’Ausdruckstanz (danse expressionniste) auprès du chorégraphe Rudolf von Laban et de la danseuse révolutionnaire Mary Wigman. La même année, lors d’une visite à la Galerie Tanner à Zurich, elle rencontre son futur mari, Hans Arp, qu’elle épousera en 1922.

 

"Composition verticale-horizontale", 1916-1928 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Composition verticale-horizontale", 1916-1928 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Composition verticale-horizontale", 1916 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

"Composition verticale-horizontale", 1916 de Sophie TAEUBER-ARP - Courtesy de l'artiste et de la Gallery HAUSER & WIRTH - Paris © Photo Éric SIMON

Entre 1916 et 1919, Taeuber-Arp occupe une place centrale dans le mouvement Dada zurichois, performant des danses expressives modernes au Cabaret-Voltaire et à la Galerie Dada. De 1916 à 1929, elle enseigne l’art textile à l’école des arts appliqués de Zurich. Durant ces années, Taeuber-Arp réalise collages, aquarelles, œuvres textiles, décors de théâtre, marionnettes et tapisseries, développant un jeu singulier entre la couleur et la forme qui lui vaudra plus tard d’être reconnue comme l’une des fondatrices de l’art constructiviste.

 

 

 

 

L’année 1926 marque un tournant dans sa carrière lorsqu’elle se voit confier la conception de l’intérieur de l’Aubette, un centre culturel à Strasbourg – un projet pour lequel elle invite Hans Arp et Theo van Doesburg à collaborer. La commande de l’Aubette offre à Taeuber-Arp et à son mari une liberté financière qui leur permet de s’installer à Meudon, près de Paris, où elle conçoit et dessine leur maison-atelier, ainsi qu’une partie de leur mobilier.

 

 

 

S’ouvre alors la période la plus féconde de sa vie. Elle rejoint divers collectifs artistiques, du Cercle et Carré à Abstraction-Création et au groupe suisse Allianz, aux côtés d’artistes comme Georges Vantongerloo, Piet Mondrian et Max Bill, et fonde et dirige la revue d’art radical Plastique. La maison d’Arp et de Taeuber-Arp à Meudon devient un lieu de rencontre privilégié pour des figures du monde de l’art, de la littérature et de la pensée. Leur cercle compte notamment les artistes Sonia et Robert Delaunay, Wassily Kandinsky, Joan Miró et Marcel Duchamp.

 

 

 

Entre 1929 et 1943, Taeuber-Arp participe à quelque 40 expositions à travers le monde.

 

Gallery HAUSER & WIRTH

26 bis rue François 1er

75008 Paris

 

 

 

https://www.hauserwirth.com

 

 

 

Jours et horaires d’ouverture : Du mardi au samedi de 9h à 18h.

 

 

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