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L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS ET DES FOIRES INTERNATIONALES D'ART CONTEMPORAIN À PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE. EXHIBITION IN PARIS

16 Apr

Abdelhak BENALLOU « Rouge, Vert, Bleu »

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Expo Peinture Contemporaine

Détail "L'insomnie", 2026 de Abdelhak BENALLOU - Courtesy de l'artiste et de la Galerie DES FILLES DU CALVAIRE © Photo Éric SIMON

Détail "L'insomnie", 2026 de Abdelhak BENALLOU - Courtesy de l'artiste et de la Galerie DES FILLES DU CALVAIRE © Photo Éric SIMON

Du 19 mars au 2 mai 2026

 

 

 

la galerie Les filles du calvaire présente Rouge, Vert, Bleu, une exposition d'Abdelhak Benallou. À travers sa peinture, l'artiste développe une réflexion sensible sur les comportements et les relations sociales, interrogeant les dynamiques intergénérationnelles et les mutations induites par les transformations technologiques.

 

 

Ses toiles, d'un réalisme saisissant, captivent d'abord par leur maîtrise technique. Mais au-delà de la virtuosité, c'est la densité émotionnelle et la précision presque tactile de son regard qui retiennent l'attention. En jouant avec les effets clair- obscur et les artifices de la lumière, Abdelhak Benallou propose une vision singulière, où le réalisme pictural devient vecteur d'étrangeté.

 

"Contrejour", 2025 de Abdelhak BENALLOU - Courtesy de l'artiste et de la Galerie DES FILLES DU CALVAIRE © Photo Éric SIMON

"Contrejour", 2025 de Abdelhak BENALLOU - Courtesy de l'artiste et de la Galerie DES FILLES DU CALVAIRE © Photo Éric SIMON

Faire le choix de la peinture figurative aujourd’hui, c’est s’inscrire dans le temps long d’une histoire qui oscille entre présent et intemporel. Paradoxe inhérent à cette condition du peintre moderne : être l’héritier d’une tradition ancestrale, d’un métier transmis par les grands maitres, tout en faisant face aux enjeux posés par les mutations révolutionnaires de l’image.

 

 

 

Entre la fin du XIXe siècle et le courant du XX siècle, les réalismes en peinture se sont renouvelés au gré de cette tension, revivifiant la tradition à l’aune des défis lancés par la modernité. Riche fut ainsi l’impact des évolutions technologiques qui se sont multipliées entre la révolution industrielle et l’émergence de la société consumériste, tout particulièrement les développements de la photographie et du cinéma mais aussi la perfectibilité de nouveaux modes de reproduction mécanique.

 

"Pause", 2026 de Abdelhak BENALLOU - Courtesy de l'artiste et de la Galerie DES FILLES DU CALVAIRE © Photo Éric SIMON

"Pause", 2026 de Abdelhak BENALLOU - Courtesy de l'artiste et de la Galerie DES FILLES DU CALVAIRE © Photo Éric SIMON

"L'insomnie", 2026 de Abdelhak BENALLOU - Courtesy de l'artiste et de la Galerie DES FILLES DU CALVAIRE © Photo Éric SIMON

"L'insomnie", 2026 de Abdelhak BENALLOU - Courtesy de l'artiste et de la Galerie DES FILLES DU CALVAIRE © Photo Éric SIMON

Ces avancées impactent de manière décisive la circulation des images, influant sur la perception du réel et sur les façons de peindre : ce que révélera sous une forme paroxystique l’arrivée d’internet, des smartphones et des réseaux sociaux avec leurs déferlantes d’images, en flux illimité.

 

 

Abdelhak Benallou, né en 1992, fait partie d’une génération de peintres qui s’est construite sur l’apport de ces dernières mutations de l’image. Ce que l’on retrouve en commun chez lui et d’autres peintres de sa génération c’est une vision du monde présent travaillée par l’apport des pratiques classiques : techniques, codes, postures ou mises en scène. La renaissance, le XVII siècle ou le XIX siècle deviennent ainsi des périodes référentielles de prédilection qui remettent à l’avant, tendues entre idéal et mimésis, la question de la composition et de la profondeur de l’espace.

 

 

 

Tout comme le protocole à l’atelier replace au centre la question de l’outil et de la virtuosité technique : usage de la photographie, report par mise au carreau à l’ancienne ou par projection à l’épiscope, lenteur et précision dans le travail en différentes couches. Un héritage des classiques que chacun revisite et transforme différemment, selon son regard propre et sa manière de le mixer avec la modernité.

 

"Ouverture", 2025 de Abdelhak BENALLOU - Courtesy de l'artiste et de la Galerie DES FILLES DU CALVAIRE © Photo Éric SIMON

"Ouverture", 2025 de Abdelhak BENALLOU - Courtesy de l'artiste et de la Galerie DES FILLES DU CALVAIRE © Photo Éric SIMON

"Crépuscule", 2026 de Abdelhak BENALLOU - Courtesy de l'artiste et de la Galerie DES FILLES DU CALVAIRE © Photo Éric SIMON

"Crépuscule", 2026 de Abdelhak BENALLOU - Courtesy de l'artiste et de la Galerie DES FILLES DU CALVAIRE © Photo Éric SIMON

L’attrait d’Abdelhak Benallou pour les classiques, de Van Eyck à Ingres, en passant par Vélasquez ou Rembrandt, relève entre autres d’une fascination pour le clair-obscur, d’un goût pour la narration et l’art du portrait, avec une forte présence de la figure peinte. Cependant, l’artiste hybride et fait muter ce classicisme vers une modernité qui prend des libertés par rapport à certains de ses codes. Il en est ainsi du point de vue ou du cadrage.

 

 

Certaines figures sont représentées de dos, de profil ou en plan très serré sur grand format, créant une tension entre présence et mise à distance. D’autres sont inscrites sur des fonds unis ou dans des compositions épurées dont les formes géométriques, là une porte ici une fenêtre, semblent devoir à l’abstraction.

 

 

 

Ces compositions tendent ainsi à fragmenter la représentation du corps mais aussi à l’isoler et à le plonger dans un espace incertain qui joue d’un étrange rapport entre intérieur et extérieur. Enfin la lumière bien-sûr relève d’un clair-obscur qui ne procède ni de mystique ni de bougie, mais plutôt d’un savant usage d’écrans dont l’artiste fait jouer les couleurs, comme le bleu, le vert ou le rouge. Lumière artificielle qui rappelle celle de la palette cinématographique et des supports numériques, ordinateurs ou smartphones.

 

"Avant le mouvement", 2026 de Abdelhak BENALLOU - Courtesy de l'artiste et de la Galerie DES FILLES DU CALVAIRE © Photo Éric SIMON

"Avant le mouvement", 2026 de Abdelhak BENALLOU - Courtesy de l'artiste et de la Galerie DES FILLES DU CALVAIRE © Photo Éric SIMON

"Self affection", 2026 de Abdelhak BENALLOU - Courtesy de l'artiste et de la Galerie DES FILLES DU CALVAIRE © Photo Éric SIMON

"Self affection", 2026 de Abdelhak BENALLOU - Courtesy de l'artiste et de la Galerie DES FILLES DU CALVAIRE © Photo Éric SIMON

Par ce langage, Abdelhak Benallou recrée une narration autour de « visions » nourries de son vécu et expérience personnelle. Prenant ses proches pour modèles, qu’il met en scène et photographie avant la traduction en peinture, Abdelhak Benallou interroge à travers ses portraits les relations sociales et l’identité à l’heure du virtuel, des réseaux, des Visio ou autres surconsommations des supports numériques. Entre présence et mise à distance, réalisme et déréalisation, ces figures peintes sont suspendues dans une narration ambiguë.

 

 

Solitude ?

Attente ?

Fatigue ?

Ces figures apparaissent souvent dans des intérieurs, enserrées par la présence d’un mur, d’une porte, d’une fenêtre. Métaphores de la peinture non plus comme fenêtre ouverte mais écran, surface à projection ?

Ces architectures, ces ouvertures, sont-elles échappatoire ou prison ?

 

La peinture d’Abdelhak Benallou oscille entre le constat critique d’une humanité hyperconnectée mais isolée, en retrait par rapport au réel, et la tentative d’y lire une nouvelle façon d’être au monde et de recréer d’autres liens entre soi et les autres.

 

- Amélie Adamo, critique d'art

 

 

Galerie DES FILLES DU CALVAIRE

21 rue Chapon

75003 Paris

 

 

 

www.fillesducalvaire.com

 

 

 

Jours et horaires d’Ouverture : du mardi au samedi de 11h à 18h30

 

 

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