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L'ACTUALITÉ DES EXPOSITIONS ET DES FOIRES INTERNATIONALES D'ART CONTEMPORAIN À PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE. EXHIBITION IN PARIS

26 Jun

RENOIR dessinateur

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Expo Artiste du XIX ème Siècle

RENOIR dessinateur

Du 17 Mars 2026 au 5 Juillet 2026

 

 

 

 

Coorganisée avec la Morgan Library & Museum, cette première grande exposition dédiée aux œuvres sur papier de Renoir met en lumière l’importance des techniques graphiques dans l’évolution de son art. Elle dévoile les liens intimes entre ses peintures et ses dessins, particulièrement à partir des années 1880, quand Renoir s’éloigne de l’impressionnisme mais continue de se réinventer.

 

 

 

Si les peintures de Renoir figurent toujours au nombre des icônes de l’impressionnisme, ses œuvres sur papier (dessins, aquarelles, pastels…) n’ont pas fait l’objet, jusqu’à ce jour, de la même attention. L’artiste, reconnu avant tout comme un très grand peintre et coloriste, a longtemps souffert d’une réputation de médiocre dessinateur. « Un peintre qui n’a jamais su dessiner mais qui dessine bien, c’est Renoir », écrivait Gauguin dans une formule ambigüe.

 

 

"Auguste Renoir Village de pêcheurs", date indéterminée Collection Musée d'Orsay - Département des Arts Graphiques du musée du Louvre, Paris Don de la société des Amis du Louvre, 1938

"Auguste Renoir Village de pêcheurs", date indéterminée Collection Musée d'Orsay - Département des Arts Graphiques du musée du Louvre, Paris Don de la société des Amis du Louvre, 1938

Et pourtant, les techniques graphiques ont joué un rôle important dans le développement de l’art de Renoir, de ses premiers exercices d’étudiants dans les années 1850-1860 à ses dernières recherches des années 1910. Au milieu de sa carrière, dans les années 1880, l’artiste met au cœur de son œuvre un travail sur la ligne, inspiré de Raphaël et d’Ingres. Contrairement à une idée reçue, les dessins de Renoir sont nombreux (plus de 800 sont connus aujourd’hui).

 

 

 

 

En janvier 1886, après une visite à l’atelier de Renoir où elle découvre de nombreux dessins, son amie la peintre Berthe Morisot note : « C’est un dessinateur de première force. Toutes ces études préparatoires pour un tableau seraient curieuses à montrer au public qui s’imagine généralement que les impressionnistes travaillent avec la plus grande rapidité. »

 

 

 

 

Si Auguste Renoir (1841-1919) est depuis longtemps célébré comme l’un des grands peintres du XIXe siècle et comme un maître de la couleur, ses dessins et, plus largement, ses œuvres sur papier restent méconnus. Pourtant, de ses années de formation jusqu’à ses derniers jours, il n’a cessé de dessiner. « Il n’a jamais laissé passer un seul jour sans griffonner quelque chose, serait-ce une pomme sur un carnet de notes », raconte son fils Jean.

 

 

"Femme assise dans un intérieur, entourée de personnages", vers 1867-1869 d'Auguste RENOIR - Courtesy du Musée d'Orsay, RF 24226 © photo : RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Michel Urtado

"Femme assise dans un intérieur, entourée de personnages", vers 1867-1869 d'Auguste RENOIR - Courtesy du Musée d'Orsay, RF 24226 © photo : RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Michel Urtado

"Jeune femme penchée sur un balcon, dit aussi La Loge", 1879 d'Auguste RENOIR - Courtesy Toulouse, Fondation Bemberg Photo : 2023 Fondation Bemberg / Mathieu Lombard

"Jeune femme penchée sur un balcon, dit aussi La Loge", 1879 d'Auguste RENOIR - Courtesy Toulouse, Fondation Bemberg Photo : 2023 Fondation Bemberg / Mathieu Lombard

« La Cueillette », date indéterminée d'Auguste RENOIR – Courtesy  Collection Musée d'Orsay - Département des Arts Graphiques du musée du Louvre, Paris Achat, 1949 © photo : RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Daniel Arnaudet

« La Cueillette », date indéterminée d'Auguste RENOIR – Courtesy Collection Musée d'Orsay - Département des Arts Graphiques du musée du Louvre, Paris Achat, 1949 © photo : RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Daniel Arnaudet

Cette exposition – la première depuis 1921 consacrée aux dessins de Renoir –dévoile son processus de travail en réunissant des exemples majeurs, souvent inédits, de tous les médiums employés par l’artiste : plume et encre, crayon noir, graphite, fusain, sanguine et craie, pastels, aquarelle, mais aussi eau-forte et lithographie. Elle offre une immersion dans l’intimité de sa création, au plus près de ses recherches sur la lumière, la forme et la couleur.

 

 

 

Tous les impressionnistes (à l’exception, peut-être, de Cezanne), ont pratiqué de manière plus ou moins assidue le pastel, medium très populaire au XVIIIe siècle qui connaît un grand renouveau à partir du milieu du XIXe siècle. Renoir en produit dès le début des années 1870, mais c’est au tournant des années 1870-1880 que ses contemporains le reconnaissent comme un maître en la matière, au même titre que Manet et Degas.

 

 

 

 

Renoir utilise cette technique pour des figures de fantaisie et des scènes de la vie contemporaine, principalement dans l’art du portrait. Le pastel a plusieurs avantages : facile à transporter hors de l’atelier, il permet de travailler rapidement, particulièrement lorsque les modèles sont des enfants, et représente une alternative plus économique que les portraits à l’huile. Grâce à ces bâtonnets de pigments purs, Renoir peut ainsi expérimenter une forme de dessin en couleurs et de jouer sur des effets de contrastes de tons ou d’irisations nouveaux, qui nourrissent aussi son travail de peintre. Les pastels sont parmi les seules œuvres d’art graphique de Renoir exposées de son vivant.

 

""Les Filles d'ouvriers se promenant sur le boulevard extérieur (illustration pour L'Assommoir d'Émile Zola, édition illustrée", Paris, C. Marpon et E. Flammarion, 1878), 1878, d'Auguste RENOIR – Courtesy Collection Jean Bonna, D 677. Photo : © Genève, collection Jean Bonna/Photographie : Patrick Goetelen, Genève

""Les Filles d'ouvriers se promenant sur le boulevard extérieur (illustration pour L'Assommoir d'Émile Zola, édition illustrée", Paris, C. Marpon et E. Flammarion, 1878), 1878, d'Auguste RENOIR – Courtesy Collection Jean Bonna, D 677. Photo : © Genève, collection Jean Bonna/Photographie : Patrick Goetelen, Genève

"Trois baigneuses au bord de l'eau", vers 1881 - 1882 d'Auguste RENOIR - Courtesy Collection Musée d'Orsay - Département des Arts Graphiques du musée du Louvre, Paris Donation sous réserve d'usufruit Jacques Laroche, 1947 © photo : GrandPalaisRmn (musée d'Orsay) / Michel Urtado

"Trois baigneuses au bord de l'eau", vers 1881 - 1882 d'Auguste RENOIR - Courtesy Collection Musée d'Orsay - Département des Arts Graphiques du musée du Louvre, Paris Donation sous réserve d'usufruit Jacques Laroche, 1947 © photo : GrandPalaisRmn (musée d'Orsay) / Michel Urtado

La sanguine est une pierre argileuse naturelle taillée le plus souvent en bâtonnet et insérée dans un porte-crayons. Selon la concentration en oxyde de fer la teinte peut varier du rouge orangé au brun violacé. Le terme « sanguine », adopté au XIX e siècle, vient de la teinte couleur de sang. Le pigment est assez couvrant et la consistance permet de bien adhérer au support. Plus ou moins compacte ou poudreuse, sa texture et son velouté se prêtent particulièrement au rendu des chairs. L’usage de la sanguine prend de l’ampleur en Italie à la Renaissance.

 

 

 

 

En France, la technique connaît son heure de gloire au XVIIe siècle. Pour signaler les zones éclairées et apporter des touches de lumière, la craie blanche, autre pierre naturelle tendre, y est souvent associée utilisée en rehauts. La sanguine prend ses lettres de noblesse dans la technique dite des « trois crayons » (sanguine, pierre noire et craie blanche), très prisée au siècle des Lumières.

 

 

"Danse à la campagne", 1883 d'Auguste RENOIR - Courtesy Washington, National Gallery of Art, (1995.47.65) Photo : National Gallery of Art, Washington

"Danse à la campagne", 1883 d'Auguste RENOIR - Courtesy Washington, National Gallery of Art, (1995.47.65) Photo : National Gallery of Art, Washington

"Maternité", 1885, d'Auguste RENOIR – Courtesy Colección Pérez Simón © Arturo Piera

"Maternité", 1885, d'Auguste RENOIR – Courtesy Colección Pérez Simón © Arturo Piera

Le fusain naturel est issu de la carbonisation de petits bâtonnets d’arbres ou d’arbustes. Ce matériau, l’un des plus anciens utilisés pour le geste graphique, remporte un vif succès au XIXe siècle car les traits irréguliers et l’aspect poudreux de la technique se prêtent mieux à un geste ample et libre qu’à un dessin précis et minutieux. La fragilité de la technique qui n’adhère que faiblement au support est sa principale faiblesse. Le fusain artificiel est donc créé et commercialisé sous forme de crayon (bâtonnet moulé ou crayon de bois) : le charbon de bois est broyé et additionné d’un liant puis comprimé en une mine qui permet un ,tracé un peu plus régulier et un noir plus profond encore que le fusain naturel.

 

 

Le nu féminin devient le sujet central du travail de Renoir après 1900. L’artiste, à la recherche de la forme parfaite, ronde, pleine et surtout lumineuse, revient constamment au motif de la baigneuse ou de la femme à sa toilette en d’infinies variations selon les gestes, les techniques et les formats. Ces dessins, établissant un véritable dialogue entre les arts, préparent aussi bien désormais des peintures que des sculptures (Le Jugement de Pâris).

 

 

"Nu féminin assis, s'essuyant le pied gauche", 1890 d'Auguste RENOIR - Courtesy Collection Musée d'Orsay - Département des Arts Graphiques du musée du Louvre, Paris Dation, 1978 © photo : RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Gérard Blot

"Nu féminin assis, s'essuyant le pied gauche", 1890 d'Auguste RENOIR - Courtesy Collection Musée d'Orsay - Département des Arts Graphiques du musée du Louvre, Paris Dation, 1978 © photo : RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Gérard Blot

"Étude pour La Coiffure", 1900-1901 d'Auguste RENOIR – Courtesy  Musée national Picasso, donation Picasso, 1978. Donation Picasso, 1978. Collection personnelle Pablo Picasso, inv. MP 2017-54 © photo : GrandPalaisRmn (musée national Picasso-Paris)/ Mathieu Rabeau

"Étude pour La Coiffure", 1900-1901 d'Auguste RENOIR – Courtesy Musée national Picasso, donation Picasso, 1978. Donation Picasso, 1978. Collection personnelle Pablo Picasso, inv. MP 2017-54 © photo : GrandPalaisRmn (musée national Picasso-Paris)/ Mathieu Rabeau

C’est à ce motif du nu que Renoir consacre ses plus grands dessins. Il exécute de monumentales sanguines alors qu’âgé de plus de soixante ans et toujours plus affaibli et handicapé par une polyarthrite rhumatoïde, il fait montre d’une puissance du trait et de couleur inédite dans l’histoire du médium. Amplifiés et monumentalisés, ces nus sont d’authentiques protestations de la vie contre la mort. Exposés pour la première fois par Vollard en 1912, ces dessins tardifs où lumière, couleur et trait ne font plus qu’un, séduisent, par leur ambition et leur classicisme moderne, une nouvelle génération d’artistes, parmi lesquels Bonnard, Matisse et Picasso.

 

 

 

 

Exposition organisée par le musée d’Orsay et La Morgan Library & Museum, New York.

 

 

MUSÉE D’ORSAY

Niveau 0, galerie Amont

 

1, rue de la Légion d’Honneur
75007 Paris

 

 

Site officiel

 

Horaires et jours d'ouverture: Tous les jours sauf le lundi de 9h30 à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h30

 

Plein tarif horodaté

16 €

Tarif réduit horodaté

13 €

Enfant & Cie

13 €

Nocturne

12 €

- de 18 ans, - de 26 ans résidents EEU

 

 

 

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