Michaël BORREMANS "French Painting"
"Killer", 2026 de Michaël BORREMANS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER © Photo Éric SIMON
Du 5 juin au 22 juillet 2026
David Zwirner a le plaisir d’accueillir dans sa galerie parisienne l’exposition French Painting, un ensemble de peintures récentes de Michaël Borremans. French Painting est la neuvième exposition personnelle de l’artiste belge en collaboration avec David Zwirner et la première à se tenir à son adresse parisienne.
Elle marque aussi son retour en France, vingt ans après The Good Ingredients à La maison rouge – Fondation Antoine de Galbert en 2006.
"French painting", 2026 de Michaël BORREMANS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER © Photo Éric SIMON
Les oeuvres de Borremans, composées avec une grande minutie, résistent à toute interprétation immédiate et dénoncent l’illusion de stabilité et de fiabilité de la représentation artistique. Alliant maîtrise technique et imagerie inquiétante, elles redéfinissent le potentiel de la peinture contemporaine.
Le travail de l’artiste, embrassant à la fois la peinture, le dessin, le cinéma et la sculpture, procède de longue date d’une relation paradoxale entre précision et incertitude. Dans son oeuvre, marquée par une tension singulière qui résonne de manière saisissante avec notre époque, Borremans aborde des notions qui préoccupent les humains depuis la nuit des temps, comme le pouvoir, la vulnérabilité, l’ambiguïté, ou encore l’identité, interrogeant l’instabilité de la signification elle-même.
"Nina II", 2026 de Michaël BORREMANS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER © Photo Éric SIMON
"Nina", 2026 de Michaël BORREMANS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER © Photo Éric SIMON
French Painting se présente comme un hommage ironique à la grande peinture française, une tradition et un patrimoine que l’exposition subvertit avec subtilité. Une certaine beauté émerge de l’ensemble des tableaux de l’accrochage, à la fois séduisante et dérangeante, suspendue entre la tendresse et le nihilisme. Bien que le titre de l’exposition suggère une filiation avec les nombreux artistes visuels de l’âge classique, à l’aise dans une variété de genres académiques allant de la nature morte au portrait, ainsi qu’avec de grandes figures telles que Jean-Antoine Watteau (1684-1721), Jean-Siméon Chardin (1699-1779) ou Édouard Manet (1832-1883), les peintures de Borremans ne s’inscrivent pas directement dans cet héritage.
Ses toiles témoignent plutôt d’une retenue, d’une économie de moyens, quoique les références et allusions – connues de tous ou résolument étranges – y soient particulièrement nombreuses. Dialoguant avec le réalisateur Luca Guadagnino, Borremans faisait la remarque suivante : « Comme la plupart des artistes, j’essaie de réfléchir au sens de la vie, à la condition humaine, aux problèmes actuels, mais en utilisant des outils qui me conviennent. J’aime réfléchir aux mondes d’aujourd’hui en adoptant une perspective historique. J’ai un grand intérêt pour l’histoire et l’histoire de l’art, évidemment. Et je m’efforce de créer un rapport entre les images contemporaines et celles du passé, parce qu’elles sont encore présentes.(1) »
"Happiness", 2026 de Michaël BORREMANS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER © Photo Éric SIMON
"Magnolia Flowers II", 2026 de Michaël BORREMANS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER © Photo Éric SIMON
Certains motifs récurrents du langage visuel de Borremans font figure d’objets oscillant entre la menace et le désir, la technologie et le progrès, tels des missiles. Un engin explosif trône ainsi au centre de Happiness (2026), plus ou moins dissimulé dans un sac de couchage d’un rose éclatant.
Dans un autre tableau, qui émule la longue tradition de la nature morte, des rameaux de magnolia en fleur, placés dans un broc en céramique vert, font éclore de délicats souvenirs de pureté et d’innocence, aussitôt absorbés par les systèmes de valeur de la représentation esthétique. L’oeuvre incarne la tension qui se joue entre la nature et les pulsions de domination et de contrôle de l’être humain, comme une fenêtre sur un monde où la beauté et la destruction s’entremêlent.
"Boy with Bloody Arms", 2026 de Michaël BORREMANS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER © Photo Éric SIMON
"Lio", 2026 de Michaël BORREMANS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER © Photo Éric SIMON
Les portraits présentés dans French Painting possèdent une fragile et irrémédiable dualité dans laquelle un sentiment de culpabilité côtoie une certaine ingénuité. Chaque figure semble à la fois le moyen et le résultat d’une perturbation, d’un trouble jeté au coeur d’un univers où la sensibilité et l’aliénation coexistent. Avec de tels sujets, les tableaux de Borremans abolissent les frontières entre les genres : une fois dissoute la notion d’identité, un portrait devient nature morte, et dès que les éléments d’une nature morte se retrouvent chargés d’affects, celle-ci devient portrait.
Comme le note Borremans lui-même : « Je joue avec les conventions de la peinture en tant que médium comme avec celles de l’imagerie de la culture occidentale. Je les questionne en introduisant au sein de l’image des associations inattendues, qui sont parfois d’une infinie subtilité. Cela crée une situation intéressante en termes de perception, de réception […]. Quand je travaille sur une oeuvre, c’est ce que j’essaie de susciter. J’essaie de voir si elle possède l’étincelle nécessaire à provoquer cela. (2)»
"Phantom", 2026 de Michaël BORREMANS - Courtesy de l'artiste et de la Galerie David ZWIRNER © Photo Éric SIMON
Michaël Borremans est né en 1963 à Grammont (Belgique). Il obtient en 1996 un master en arts au Collège d’Art et de Sciences Saint-Luc de Gand, ville où l’artiste vit et travaille encore à ce jour.
David Zwirner représente Borremans et son travail depuis 2001. Parmi ses nombreuses expositions personnelles avec la galerie, on peut évoquer la plus récente, intitulée Michaël Borremans: The Monkey, qui s’est tenue à Londres en juin 2024, mais aussi, au fil des années, The Acrobat (New York, 2022), Fire from the Sun (Hong Kong, 2018), Black Mould (Londres, 2015), The Devil’s Dress (New York, 2011), Taking Turns (New York, 2009), Horse Hunting (New York, 2006) ou encore Trickland (New York, 2003).
Les oeuvres de l’artiste font partie des collections de nombreuses institutions publiques à travers le monde, parmi lesquelles l’Art Institute de Chicago, le Cleveland Museum of Art, le Dallas Museum of Art, le Hammer Museum à Los Angeles, le High Museum of Art à Atlanta, l’Israel Museum à Jérusalem, le Los Angeles County Museum of Art, le Musée d’art moderne de Paris, le Museum of Contemporary Art de Los Angeles, le Museum of Fine Arts de Boston, le MoMA de New York, le Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa, le San Francisco Museum of Modern Art, le S.M.A.K. à Gand ou encore le Walker Art Center à Minneapolis.
(1). Michaël Borremans, entretien avec Luca Guadagnino, « The Badger », Interview Magazine, no 554 (printemps 2024), p. 55.
(2). Ibid., p. 56.
Galerie David ZWIRNER
108, rue Vieille du Temple
75003 Paris
https://images.davidzwirner.com
Jours et horaires d’ouverture : du mardi au samedi de 11h à 19h.
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