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Biographie : Rina Banerjee, sculpture Americano-Indienne

 

 

Biographie de Rina Banerjee            lead_profile02.jpg

 

L’artiste Rina Banerjee, née en Inde, vit et travaille à New York. Elle a une prédilection pour la richesse des matériaux : textiles et articles vestimentaires indiens traditionnels, objets et ameublement de style colonial, éléments architecturaux du patrimoine indien. Sous leur déguisement, ces matériaux s’intègrent à une oeuvre polymorphe qu’ils animent, sans dissimuler pour autant leur identité. Les sculptures et dessins, les peintures et vidéos de Rina Banerjee sont l’aboutissement d’un syncrétisme culturel servi depuis toujours par une imagination des plus fécondes. Son oeuvre, explique-t-elle, explore diverses périodes coloniales du subcontinent et dresse la carte des étapes complexes d’une diaspora indienne réinventée, identifiée et située géographiquement.

 

Rina Banerjee est née à Calcutta en 1963. Elle émigra très tôt avec sa famille, en Angleterre d’abord, puis aux Etats-Unis. En 1993, elle obtient un diplôme (B.A. en ingénierie des polymères) à l’Université Case Western, puis accepte un poste de consultant chercheur dans le domaine des polymères que lui offre l’Université d’Etat de Pennsylvanie. Elle y travaille successivement pour le compte de Dow Chemical, la Nasa et d’autres institutions, mais peu après, abandonne la recherche scientifique pour se consacrer pleinement à sa vocation créatrice. En 1995, elle est diplômée de l’Université de Yale, section beaux-arts où son Masters of Arts est assorti de distinctions prestigieuses glanées aux universités d’été de Skowhegan et Norfolk, satellites de Yale.

 

Rina Banerjee a grandi dans des sites urbains, au milieu de cultures et de races différentes et l’ampleur de sa vision créatrice est nourrie de cette expérience riche en couleurs. Cet amour des matières, textiles et textures diverses se traduit par la mixité des médiums d’une oeuvre où s’alignent des objets aussi disparates que des crocodiles empaillés, des berceaux en bois, des arêtes de poisson, des oeufs d’autruche, des ampoules électriques, des flacons taillés dans l’ambre. Mais parfois aussi, ces « objets trouvés » (ou retrouvés) se nichent ensemble, à l’intérieur de parapluies, sous un amas de plumes : réminiscences d’une culture populaire et vestiges de hautes civilisations, tels panaches enrubannés et accessoires décoratifs anciens (tapis), et images pieuses de cultes religieux divers.

 

L’intérêt de Rina Banerjee pour le rôle des cultures, des mythologies, des contes populaires, de

l’anthropologie et de l’ethnographie est d’autant plus vif que notre époque est celle de la dispersion

des identités raciales (dilution aussi des identités nationales) conséquence de la mobilité du tourisme,

de l’attractivité de l’exotisme désormais à portée de main et de la mondialisation. Notre accès chaque

jour plus aisé aux technologies de l’information alimente nos désirs impatients de voyages déjà très

fréquents, ouvrant par là des brèches dans nos frontières. Notre conception de l’espace a perdu les tracés de la cartographie d’autrefois au profit d’une vision planétaire indifférenciée, derrière laquelle s’estompe, irréversiblement, l’idiosyncrasie ou riche singularité de cultures jadis dominantes.

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