L'ACTUALITÉ D'ART CONTEMPORAIN DE PARIS ET D’ÎLE-DE-FRANCE

07 Nov

Expo Peinture Contemporaine: Sandrine RONDARD « les heures avant la nuit »

Publié par Eric SIMON  - Catégories :  #Expo Peinture Contemporaine

"La Plage N°1", 2016 de Sandrine RONDARD - Courtesy Under Construction Gallery © Photo Éric Simon

"La Plage N°1", 2016 de Sandrine RONDARD - Courtesy Under Construction Gallery © Photo Éric Simon

Du 15 octobre au 26 novembre 2016

 

Hidden Place

Plus que sur toute autre manifestation vitale, je me suis penchée, toute mon existence, sur les éclosions. C’est là pour moi que réside le drame essentiel, mieux que dans la mort qui n’est qu’une banale défaite.

Colette - Le Blé en Herbe (1923)

 

Les peintures de Sandrine Rondard résultent d’un protocole où l‘observation, la mise en scène et la traduction plastique de l’image sont mises en oeuvre. D’abord, il y a la promenade.

Moment propice à la rencontre, avec un paysage, une matière naturelle, une couleur, une lumière. Tous ces éléments constituent les différents enjeux de son travail pictural. « Je préfère la lumière tombante, entre chien et loup. »

Ce moment hors du temps, moment limite, entre la fin du jour et le début de la nuit. Armée de son téléphone, l’artiste photographie le paysage plongé dans un état flottant où les définitions s’évaporent

"Les Masques assis N°1", 2016 de Sandrine RONDARD - Courtesy Under Construction Gallery © Photo Éric Simon

"Les Masques assis N°1", 2016 de Sandrine RONDARD - Courtesy Under Construction Gallery © Photo Éric Simon

"Les Masques Instant X et Y", 2016 de Sandrine RONDARD - Courtesy Under Construction Gallery © Photo Éric Simon

"Les Masques Instant X et Y", 2016 de Sandrine RONDARD - Courtesy Under Construction Gallery © Photo Éric Simon

"Les Bulles", 2016 de Sandrine RONDARD - Courtesy Under Construction Gallery © Photo Éric Simon

"Les Bulles", 2016 de Sandrine RONDARD - Courtesy Under Construction Gallery © Photo Éric Simon

Des dizaines et des dizaines d’images sont prises d’une manière spontanée, mouvante, pour ne jamais fixer cet espace instable et fragile. La méthode, volontairement sauvage et incontrôlée, engendre l’erreur, l’accident, le flou et l’insaisissable. Des failles que Sandrine Rondard fouille dans la matière, le dialogue des couleurs et les trouées lumineuses. Du rose, du gris, du vert.

 

Avec un sourire malicieux, l’artiste dit concevoir ses images à la manière d’un chef opérateur. Elle met en place un décor, pose un cadre, dirige ses acteurs, choisit une lumière, crée une ambiance, met en mouvement une scène.

Le cinéma et l’histoire de la peinture sont les moteurs de son imaginaire. De Francis Bacon à Michelangelo Antonioni, en passant par Chardin, Ozu, Doig ou encore Lynch, tout est prétexte autravail des mouvements de l’image. Lorsque le décor est saisi, l’artiste fait intervenir des figurants, de jeunes personnages, le plus souvent des enfants.

"La Notte 2 (La Lune)", 2016 de Sandrine RONDARD - Courtesy Under Construction Gallery © Photo Éric Simon

"La Notte 2 (La Lune)", 2016 de Sandrine RONDARD - Courtesy Under Construction Gallery © Photo Éric Simon

"Dyptique Gedaï aux chaises longues", 2016 de Sandrine RONDARD - Courtesy Under Construction Gallery © Photo Éric Simon

"Dyptique Gedaï aux chaises longues", 2016 de Sandrine RONDARD - Courtesy Under Construction Gallery © Photo Éric Simon

Ces derniers, du fait de leurs gestes impulsifs, incontrôlés, voire bestiaux,  injectent davantage de mouvement et davantage de liberté. Les photographies sont ensuite transposées à l’huile sur la toile. Les images sont travaillées plan par plan. L’artiste crée ainsi des espaces où peuvent se dissimuler l’étrange, le mystère et tout ce qui se cache dans la matière de la peinture. Entre chien et loup.

Cet instant entre est peuplé de paradoxes qu’elle explore sans relâche. Alors, le paysage est à la fois un refuge et un lieu angoissant, voire aliénant. Toutes les ambivalences sont permises : la réalité et la fiction, l’abstraction et la figuration, l’innocence et la cruauté, le raffinement et la brutalité, la lumière et l’obscurité, la vie et la mort.

 

Les oeuvres nous plongent dans ce que Sigmund Freud a nommé l’inquiétante étrangeté (Das Unheimliche). Dans cet espace extrêmement  dense, Sandrine Rondard marche le long d’une frontière nourrie d’ambiguïtés.

L’inquiétante étrangeté constitue le fil conducteur de son imaginaire où chaque oeuvre peut être envisagée comme l’extrait d’un scénario, une amorce narrative, un conte cinématographique et pictural à l’intérieur duquel s’entremêlent le ravissement et le malaise.

Julie Crenn

Under Construction Gallery

6 passage des Gravilliers

75003 PARIS

 

http://www.underconstructiongallery.com

 

Horaires d’ouverture : du mardi au samedi de14h à 19h.

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